L'Assemblée nationale a adopté jeudi, en première lecture, la proposition de loi portée par La France insoumise visant à nationaliser ArcelorMittal France. Le vote, remporté par 127 voix contre 41, a bénéficié de l'abstention des députés Rassemblement National et n'aura pas fait le plein de "contre" au sein du camp "macroniste". Jean-Luc Mélenchon a évoqué "une page d'histoire à l'Assemblée nationale", pour ce qui constitue la première nationalisation d'une entreprise française depuis 1982.
Le texte doit désormais affronter l'examen du Sénat, où la droite et le centre sont majoritaires et devraient retoquer ce vote.
La proposition, chiffrée à trois milliards d'euros, prévoit de transférer ArcelorMittal France sous contrôle public. Pour LFI, il s'agit de l'unique voie pour contrer le plan social annoncé en avril et relancer la décarbonation des hauts-fourneaux. Le gouvernement, lui, rejette fermement la solution. Le ministre de l'Industrie Sébastien Martin estime que la nationalisation "fragiliserait l'emploi au lieu de le protéger".