Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'Industrie, a réaffirmé l'opposition du gouvernement à la nationalisation des activités françaises du sidérurgiste ArcelorMittal, qualifiant le projet de 'folie'. La France devrait débourser entre 6 et 7 milliards d'euros pour racheter les activités françaises, a-t-il déclaré lors d'une interview accordée à 'RMC'. "Nous serions alors responsables de ses pertes" et l'entité française serait "déconnectée" du reste d'ArcelorMittal, ce qui signifie "que nous n'aurions plus l'approvisionnement en amont pour alimenter nos hauts fourneaux", avec des problèmes à prévoir également en aval pour la vente de l'acier produit, a expliqué le ministre.
De son côté, Marine Le Pen se dit favorable à un système d'actions de préférence permettant à l'Etat d'avoir son mot à dire sur la stratégie. Elle précise qu'elle ne s'est pas opposée au vote sur la nationalisation car l'acier est essentiel à la souveraineté. "Si nous n'avons plus d'acier, tous les grands discours que nous entendons de nos dirigeants sur le réarmement de la France et le sauvetage de l'industrie automobile n'auront aucun sens", a déclaré la présidente du groupe Rassemblement national à l'Assemblée sur la même antenne. "Nous devons contrôler notre acier".
L 'Assemblée nationale a adopté jeudi dernier, en première lecture, la proposition de loi portée par La France insoumise visant à nationaliser ArcelorMittal France. Mais le texte doit désormais affronter l'examen du Sénat, où la droite et le centre sont majoritaires et devraient retoquer ce vote.