Arc France: il faudra "redimensionner le site" d'Arques, prévient le candidat repreneur

Il faudra "redimensionner le site" français d'Arc, pour pérenniser l'activité de ce verrier pour les arts de la table désormais en redressement judiciaire, a déclaré jeudi le candidat à la reprise, Ti...

Il faudra "redimensionner le site" français d'Arc, pour pérenniser l'activité de ce verrier pour les arts de la table désormais en redressement judiciaire, a déclaré jeudi le candidat à la reprise, Timothée Durand, restant encore flou sur l'ampleur potentielle des suppressions d'emplois.

Arc France, qui emploie 5.700 personnes dans le monde dont 3.500 à Arques (Pas-de-Calais), a été placé mercredi en redressement judiciaire, faisant redouter plusieurs centaines de suppressions d'emplois.

Jeudi à Arques, les salariés de l'entreprise étaient toujours sonnés par l'annonce du redressement judiciaire et inquiets pour l'avenir.

"Tout le monde est dans l'incertitude et a peur pour son travail" résumait ainsi Bernard Fossier, un salarié interrogé par l'AFP.

Le redressement judiciaire était une procédure "nécessaire pour baisser la dette qui est beaucoup trop importante, nécessaire aussi pour redimensionner le site (...), pour repartir sur une base saine", a déclaré M. Durand jeudi matin à l'issue d'une réunion à Bercy avec le ministre délégué à l'Industrie Sébastien Martin et des élus du territoire.

Concernant le nombre d'emplois qui pourraient être supprimés avec son plan, M. Durand n'a pas donné de chiffres, prenant rendez-vous "d'ici trois semaines", à la fin de la période de dépôt des offres de reprise.

Les candidats ont jusqu'au 28 janvier pour déposer leurs offres au tribunal de commerce de Lille Métropole, a indiqué jeudi soir le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch, à l'issue d'une réunion en préfecture à Arras avec des représentants syndicaux d'Arc et plusieurs élus locaux, dont le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand.

Le tribunal rendra sa décision début mars, a ajouté M. Bertrand, ce qu'a confirmé également à l'AFP une source proche de l'entreprise.

- Un marché sinistré -

L'usine d'Arques compte notamment deux fours de verre sodocalcique, qui produisent des gobelets de verre transparents pour le marché grand public. "Dans mon projet, on concentrera la production sur un des deux fours", a précisé M. Durand, 49 ans, membre de la famille anciennement propriétaire d'Arc, où il a aussi passé l'essentiel de sa carrière jusqu'en 2024.

En revanche, le four cristallin, le four d'opale, qui produit du verre opaque blanc et le four qui produit du verre noir, ne seront "pas touchés par ce plan", selon M. Durand.

Il faudra aussi "plus de flexibilité" au sein de l'entreprise, a ajouté celui qui est pour l'instant le seul candidat connu à la reprise, souhaitant "un nouveau pacte social" avec le personnel.

"On sait ce qu'on doit faire pour redresser ce site français, composé des meilleurs verriers du monde, c'est le projet que je porte, qui va passer certes par des décisions un peu difficiles", a-t-il encore prévenu.

Outre la concurrence chinoise, régulièrement avancée pour expliquer les difficultés d'Arc, "le marché a baissé de 15 à 20% selon les secteurs" dans les arts de la table, a souligné M. Durand, citant notamment le marché de l'hôtellerie et de la restauration, "très touché en ce moment en France", ce qui "impacte les volumes de vente du site d'Arques".

Le projet de reprise "est sérieux" et c'est un "signe d'espoir" pour Arc, a estimé pour sa part Sébastien Martin. L'État sera "extrêmement présent", tant aux côtés des salariés que des porteurs du projet, a insisté le ministre.

Le groupe a bénéficié par le passé de multiples plans de refinancement soutenus par l'État et les collectivités locales, le dernier il y a un an à peine.

Le nouveau plan "aura des conséquences pour l'emploi", a aussi reconnu Xavier Bertrand, qui s'est engagé, avec les élus, à "trouver une nouvelle solution" pour les salariés qui ne seraient pas conservés.

A Arques, Francis Bultel, 57 ans dont 38 chez Arc, se raccroche à l'espoir d'avoir un "bon repreneur" avec Timothée Durand, dont le père et le grand-père ont été des dirigeants emblématiques de l'entreprise: "On y croit (...). On espère qu'ils pourront nous sauver".

© 2026 AFP

Chaîne de production à Arques, dans le Pas-de-Calais, le 13 septembre 2022.