Wall Street : tous les voyants au vert...

Wall Street : tous les voyants au vert

Wall Street achève la semaine en hausse, ce vendredi. Donald Trump a tenté de rassurer sur l'Iran. Les débats se poursuivent concernant les perspectives de revenus d'OpenAI alors que les publications financières trimestrielles vont débuter, la semaine prochaine outre-Atlantique. Le compartiment bancaire et financier au sens large engagera le bal des publications.
Ce vendredi, le S&P 500 gagne +0,59% à 7.811 pts. Sur la semaine glissante, l'indice reprend +0,48% après +0,51% la semaine précédente. Le Dow Jones est ferme avec un gain de +0,83% à 51.654 pts. Sur la semaine, l'indice américain des valeurs industrielles gagne +0,75% (+0,49% la semaine passée). Le Nasdaq, gagne encore +0,64% à 27.366 pts. L'indice redonne toutefois -0,40% sur la semaine glissante (+1,19% la semaine précédente).

Donald Trump a indiqué que le blocus des ports iraniens serait maintenu, tout en assurant que le pétrole continuait de circuler dans le détroit d'Ormuz. Or, selon des sources spécialisées dans la sécurité maritime, les attaques visant des pétroliers dans cette zone ont atteint la semaine dernière leur plus haut niveau hebdomadaire depuis le début du conflit, déclenché en février par les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran. Téhéran a de facto bloqué le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour l'approvisionnement énergétique mondial. De leur côté, les Houthis yéménites, alliés de l'Iran, ont récemment resserré leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, en mer Rouge, autre route majeure pour les exportations de pétrole.

L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan pour le mois d'octobre 2026, annoncé ce vendredi, s'est établi à 46,3, contre 48 de consensus et 48,1 pour la lecture finale de septembre. La mesure des anticipations d'inflation à un an rattaché à cet indicateur s'affiche à 4,7% contre 4,6% auparavant.

Sur le segment de l'IA, OpenAI à l'origine de ChatGPT, a entraîné une chute des valeurs de la tech, jeudi, alors que la start up qui prépare son introduction à la bourse New York n'enregistrerait actuellement qu'un chiffre d'affaires annualisé de 50 Mds$, bien inférieur aux projections récentes de quelque 70 Mds$, d'après une présentation à des investisseurs révélée par le Financial Times. Cet écart repose sur des méthodes de comparaison d'analystes avec sa concurrente Anthropic. Selon le FT, cette dernière compte dans ses revenus les ventes de ses partenaires Amazon Web Services et Google Cloud. La reprise d'un périmètre comparable pour la firme de Sam Altman aurait abouti à une première estimation de 40 Mds$ de revenus annualisés en août pour OpenAI, sur le fondement de laquelle un deuxième chiffre de 70 Mds$ aurait été calculé en septembre sur la base d'une communication d'une croissance de 70%... Ce revers a plombé les valeurs technologiques, jeudi à Wall Street.
Bloomberg a nuancé le propos, indiquant qu'OpenAI s'attendrait à atteindre ou dépasser les 70 Mds$ de chiffre d'affaires annualisé d'ici la fin de l'année. La progression serait largement portée par la croissance de son activité auprès des entreprises. Le chiffre d'affaires annualisé du créateur de ChatGPT s'élevait à environ 50 Mds$ fin septembre, ont précisé les sources de Bloomberg. Ce niveau correspond à une projection des ventes annuelles d'OpenAI basée sur une période plus courte. L'entreprise a communiqué ces données aux investisseurs dans le cadre des discussions relatives à sa dernière levée de fonds, ont indiqué ces personnes ayant requis l'anonymat pour évoquer des informations confidentielles.
OpenAI chercherait selon Bloomberg à lever 30 Mds$, notamment auprès des Émirats arabes unis et de BlackRock. Selon l'agence, des fonds des Émirats arabes unis pourraient contribuer à hauteur de 10 Mds$ à la dernière levée de fonds du créateur de ChatGPT, qui serait en pourparlers avec des fonds d'investissement des Émirats, dont MGX (basé à Abou Dabi), pour jouer un rôle clé dans un nouveau tour de table. Les fonds émiratis auraient discuté d'un investissement collectif pouvant atteindre 10 Mds$, envisageant de former un syndicat pour ce tour de table, Bloomberg citant à ce sujet des sources proches du dossier. BlackRock serait également en pourparlers pour participer, tandis que les investisseurs actuels, Thrive Capital et Andreessen Horowitz, auraient envisagé d'investir. Le processus de levée de fonds est en cours et les conditions pourraient évoluer, indique Bloomberg. OpenAI chercherait à lever ces fonds sur la base d'une valorisation d'environ 1.400 Mds$ avant l'apport de nouveaux capitaux.

SpaceX voudrait aussi lever la bagatelle de 40 Mds$ afin de passer une commande massive en puces d'IA Nvidia... Broadcom, qui vient de lancer un financement par emprunt de 60 Mds$ destiné à soutenir le développement des capacités d'intelligence artificielle d'Anthropic PBC, élaborerait déjà selon Bloomberg les plans de sa prochaine opération majeure. L'entreprise aurait entamé des discussions préliminaires pour organiser un financement visant à aider OpenAI à acquérir la puce d'intelligence artificielle sur mesure que les deux sociétés développent conjointement, selon des sources de Bloomberg proches du dossier. Les premières discussions suggèrent que les deux parties pourraient chercher à lever environ 30 Mds$ de dette pour cette nouvelle étape, a indiqué l'une des sources de l'agence. Le Wall Street Journal estime même que Broadcom chercherait à amasser plus de 50 Mds$ de financement pour la puce co-développée. Ce même WSJ précise qu'Oracle serait en pourparlers avec Apollo et Goldman Sachs à propos d'une importante acquisition de puces.

Enfin, selon Axios, les hauts dirigeants d'Anthropic, d'OpenAI et d'autres entreprises d'IA envisageraient en privé des scénarios de révolte populaire et politique à la suite d'un événement catastrophique lié à l'IA... Belle époque.

Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'un statu quo monétaire de la Fed le 28 octobre, à l'issue de la prochaine réunion FOMC, se situe à 80,6% (19,4% de probabilité d'une hausse de taux d'un quart de point). Christopher Waller, Neel Kashkari et Alberto Musalem de la Fed prenaient la parole hier. Le gouverneur Waller a jugé que les prochaines hausses de taux ne devraient pas forcément avoir lieu lors de réunions consécutives. Il indique que d'autres hausses sont bien nécessaires face à une inflation élevée depuis cinq ans et demi, mais que leur rythme pourra être flexible. Musalem, patron de la Fed de St. Louis, voit aussi des hausses de taux dans les six à neuf prochains mois.

Les pétoles se stabilisent suite aux derniers commentaires de Trump. Le baril de brut WTI prend +0,15% à 91,64$. En revanche sur la semaine, il refait le retard concédé la semaine précédente. Le WTI s'apprécie de +2,74% après un reflux de -2,34% la semaine passée. Trump a indiqué jeudi que les Etats-Unis n'attaqueraient pas l'Iran avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. Washington mènerait des discussions "productives" avec Téhéran. "Nous n'attaquerons pas l'Iran à un quelconque moment avant les élections de mi-mandat", a-t-il écrit sur Truth Social, évoquant des échanges avec la République islamique.
Le Brent de mer du Nord reste toujours haut perché, bien accroché au-dessus des 100$. Le baril est à 104,42$, en hausse de +0,28%. Le baril de référence européen bondit de +4,23% cette semaine.

Le billet vert remonte encore de +0,19% cette semaine face à la monnaie européenne (+1,05% la semaine passée après déjà +0,65% une semaine avant). Il s'échange 0,8928$ contre 1 euro.
L'once d'or est assez stable cette semaine (+0,31%) après un tassement de -5% la semaine passée. Le métal jaune achève la semaine à 4.195$ (3.745 euros). Après un décrochage de -10% sur 5 jours la semaine passée, l'once d'argent trouve un certain équilibre autour des 60$ et termine à 60,86$ (-1,04% sur la semaine).
Le Bitcoin gagne +1,04% à 82.468$, ce vendredi.

Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans s'affiche à 5,27% contre 5,64% sur le '30 ans', deux mesures toujours proches de sommets de deux décennies.

JPMorgan Chase, UnitedHealth, Goldman Sachs, Citigroup et Wells Fargo, publieront mardi. Bank of America, Morgan Stanley, State Street et BlackRock prendront le relais, mercredi. Les 'stars' technologiques ASML et TSMC sont respectivement attendues mercredi et jeudi.

Les valeurs

* Tesla (+2,05% à 382,7$). Le constructeur texan de véhicules électriques a enregistré une hausse de +5% sur un an de ses ventes de véhicules électriques fabriqués en Chine en septembre, après une hausse de 3,6% observée en août, et ce alors que la demande sur les marchés européens se redresse. Les livraisons de Model 3 et Y fabriqués dans l'usine Tesla de Shanghai ont atteint 95.366 unités au cours du mois de septembre selon les données publiées ce vendredi par la China Passenger Car Association (CPCA).
Septembre a été le 11e mois consécutif de croissance annuelle des ventes de véhicules Tesla produits à Shanghai, malgré la rude concurrence sur le segment VE. La performance de Tesla en septembre a coïncidé avec une reprise sur plusieurs marchés européens. Au 3e trimestre, les ventes de véhicules électriques Tesla fabriqués à Shanghai ont progressé de 13,7% en glissement annuel, selon des calculs de l'agence Reuters basés sur les données CPCA. Cette croissance contraste avec la performance globale des livraisons de Tesla, qui a enregistré un recul de 2,1% sur un an au cours du trimestre. Par ailleurs, Tesla continue de recourir à des mesures incitatives en Chine.

* Delta Air Lines (+0,04% à 82,17$). La compagnie aérienne américaine a affiché au 3e trimestre un bénéfice inférieur aux attentes, abaissant par ailleurs ses prévisions sur fond de flambée des prix du carburant. Pour le 3e trimestre fiscal, le groupe a affiché des revenus ajustés de 17,6 Mds$, légèrement inférieurs au consensus et en croissance de 16% en glissement annuel. Le bénéfice ajusté par action a été de 1,72$ (1,82$ de consensus). Le bénéfice net ajusté a représenté pour sa part 1,13 Md$ (1,23 Md$ de consensus). Le 3e trimestre a été plombé par des coûts accrus de carburant à hauteur de 500 M$ environ en comparaison de la guidance de juillet. La facture totale atteint 4,1 Mds$ sur le trimestre, en croissance de 62%. Le cash-flow opérationnel a atteint 1,7 Md$.
En termes de perspectives, le groupe vise désormais un bénéfice ajusté annuel par action allant de 5,10 à 5,60$ (6,50 à 7,50$ précédemment). Le free cash-flow est attendu maintenant à 2,5 Mds$ (3 à 4 Mds$ précédemment). Le groupe prévoit de rembourser plus de 2 Mds$ de dette en 2026. "Pour l'ensemble de l'exercice, nous prévoyons de dégager un bénéfice avant impôts d'environ 4,5 Mds$, tout en absorbant une hausse de 6 Mds$ des coûts du carburant", a déclaré le DG Ed Bastian. "Pour la suite, nous restons concentrés sur une croissance rentable et sur le respect de notre cadre financier à long terme, qui prévoit notamment des marges et des niveaux de rentabilité situés dans la fourchette moyenne voisine des 15%, un flux de trésorerie disponible pérenne ainsi qu'un levier financier brut d'environ une fois l'EBITDA".

* AT&T (-9,81% à 22,18$). Le titre plonge à Wall Street, alors que Verizon décroche de -8,75% à 41,65$ et T-Mobile US s'enfonce de -13,27% à 148,58$. SpaceX (+1,25% à 162,57$) a annoncé hier soir, l'acquisition d'un portefeuille national de fréquences basses. Cette opération positionne Starlink, l'entreprise de satellites d'Elon Musk, en concurrence directe avec les géants historiques des télécommunications sans fil aux États-Unis, ce qui explique le mouvement sectoriel du jour en bourse. Wall Street s'inquiétait déjà de voir Starlink perturber les opérateurs sans fil historiques en devenant un concurrent direct sur le marché de la téléphonie mobile.
Grâce à l'acquisition de fréquences terrestres et au déploiement de satellites de pointe, SpaceX a préparé le terrain pour éventuellement lancer son propre réseau cellulaire autonome, en complément de ses capacités de connectivité directe. Un mouvement stratégique qui menace donc les opérateurs traditionnels sur plusieurs segments, comme les services aux entreprises, abonnements ruraux et revenus d'itinérance internationale.

* Apple (-1,11% à 336,64$). Le groupe californien à la pomme aurait demandé à certains fournisseurs de réduire la production de composants pour ses modèles iPhone 18 Pro et Pro Max récemment lancés. C'est ce que rapporte 'Nikkei Asia', citant des sources proches du dossier. Ainsi, le groupe de Cupertino aurait adopté une approche plus prudente concernant les livraisons depuis le début du mois de septembre, les commandes de composants pour octobre ayant été réduites de 15 à 20% par rapport aux prévisions initiales d'après le Nikkei.
Ces réductions interviendraient dans un contexte de demande inférieure aux attentes pour la nouvelle gamme d'iPhone, alors que la flambée des prix des puces mémoire et composants a entraîné des hausses de tarifs. Toutefois, le Nikkei précise que ce recul de la demande de composants pourrait également s'expliquer par la modification du calendrier de lancement de la série 18. Apple a lancé en premier ses appareils haut de gamme (18 Pro, Pro Max et iPhone Duo) en septembre, et lancera son iPhone 18 standard ainsi qu'un iPhone Air amélioré au début de l'année prochaine. Le modèle d'iPhone standard avait gagné en popularité l'an dernier au sein de la gamme iPhone 17 et pourrait générer davantage de ventes.

Société(s) citée(s) :
https://bourse.fortuneo.fr/actualites/wall-street-tous-les-voyants-au-vert-748854
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