Wall Street repart en vive hausse ce lundi, alors que Donald Trump vient d'évoquer des discussions "très fructueuses" avec l'Iran ! Le S&P 500 se reprend de 1,94% à 6.633 pts, le Nasdaq de 2,13% à 22.109 pts et le Dow Jones de 1,97% à 46.477 pts... Notons cependant que les médias iraniens ne semblent pas partager cet enthousiasme, démentant ces contacts directs ou indirects avec Trump. Le ministère iranien des Affaires étrangères affirme qu'il n'y aurait pas de pourparlers et accuse le président américain de gagner du temps pendant que les efforts de désescalade se poursuivent.
Quoi qu'il en soit, qu'il s'agisse ou pas d'un phénomène de type "TACO" (acronyme de "Trump se déballonne toujours"), la nouvelle offre un certain soulagement aux opérateurs sur la place américaine et justifie un "rebond de soulagement" à défaut d'une reprise boursière durable.
"J'ai le plaisir de vous annoncer que les États-Unis d'Amérique et l'Iran ont eu, ces deux derniers jours, des échanges très constructifs et fructueux en vue d'un règlement complet et définitif de nos hostilités au Moyen-Orient. Compte tenu de la teneur et du ton de ces discussions approfondies, détaillées et constructives, qui se poursuivront tout au long de la semaine, j'ai donné instruction au Département de la Guerre de reporter toute frappe militaire contre les centrales électriques et les infrastructures énergétiques iraniennes pour une période de cinq jours, sous réserve du succès des réunions et discussions en cours", a expliqué Trump sur son réseau Truth Social !
"Nous avons eu des discussions très, très franches... Nous verrons où elles nous mèneront. Nous avons des points d'accord, des points d'accord majeurs, je dirais même que nous sommes d'accord sur presque tous les points... Peut-être que cela n'a pas été communiqué", a ajouté Trump aujourd'hui, indiquant que Mojtaba Khamenei serait injoignable et qu'il "ne le considère par comme le chef".
MM. Witkoff et Kushner auraient mené ces discussions, qui se seraient "parfaitement déroulées". Interrogé sur l'identité de l'interlocuteur du diplomate américain Steve Witkoff, Trump a expliqué aux journalistes qu'il ne pouvait la divulguer... pour ne pas le mettre en danger, mais qu'il s'agissait d'"une personne de premier plan" en Iran... "Nous avons affaire à l'homme qui, je crois, est le plus respecté et le 'chef'. C'est un peu difficile - nous avons éliminé tout le monde", a résumé Trump, selon lequel l'interlocuteur en question n'est pas le Guide suprême. Il a tout de même précisé qu'il "ne pouvait pas garantir un deal".
La cote américaine était précédemment attendue en forte baisse ce lundi, le S&P 500 et le Nasdaq perdant jusqu'à 1%, alors que Donald Trump avait auparavant adressé un ultimatum de 48 heures à l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz.
Les cours du brut retombent désormais ce lundi, le baril de brut WTI reperdant 8,2% à 90,1$ alors qu'il avait franchi auparavant la barre des 100$. Le baril de Brent de la mer du Nord corrige de 7,7% à 98,2$.
Alors que le conflit en Iran entre dans sa quatrième semaine, la volatilité est donc toujours aussi forte au gré des humeurs de Trump. Les tensions s'étaient apparemment accentuées durant le week-end. Le président américain avait déclaré qu'il ne voulait pas de cessez-le-feu et la rhétorique belliqueuse entre États-Unis et Iran s'était intensifiée. Trump avait ainsi lancé un ultimatum de 48 heures, affirmant que si le détroit d'Ormuz restait fermé, il ordonnerait des attaques contre les infrastructures énergétiques iraniennes, Téhéran promettant pour sa part des représailles ciblées sur les infrastructures énergétiques et de désalinisation des pays du Golfe.
"La paix par la force, pour le dire avec modération !", avait lancé Trump hier soir sur Truth Social. "Si l'Iran n'ouvre pas complètement, sans menace, le détroit d'Ormuz dans les 48 heures qui suivent, les États-Unis d'Amérique frapperont et détruiront ses différentes centrales électriques, en commençant par la plus importante", avait précédemment affirmé le président américain.
En ce qui concerne l'actualité économique cette semaine à Wall Street, les opérateurs suivent aujourd'hui l'indice d'activité nationale de la Fed de Chicago pour le mois de février (-0,11 contre +0,20 pour la lecture révisée de janvier - une lecture négative signalant une croissance inférieure à la normale), ainsi que les dépenses de construction de janvier (en repli de 0,3% d'un mois sur l'autre, contre +0,3% de consensus FactSet et +0,8% pour la lecture révisée du mois antérieur).
Demain, les marchés surveilleront les chiffres révisés de la productivité du quatrième trimestre, l'indice PMI composite flash, les ventes de logements neufs et l'indice manufacturier de la Fed de Richmond. Mercredi, les opérateurs suivront les commandes de biens durables, les prix à l'import et à l'export, la balance des comptes courants, ou encore le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains. Les inscriptions hebdomadaires au chômage et l'indice manufacturier de la Fed de Kansas City sont attendus jeudi. Enfin, vendredi, les marchés prendront connaissance de la balance du commerce international de biens, ainsi que de l'indice du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan.
Concernant la Fed, les marchés anticipent désormais un statu quo monétaire jusqu'à la fin de l'année (probabilité de 73,7% selon l'outil CME FedWatch).
Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, GameStop, KB Home, Core & Main et Smithfield Foods publient leurs résultats financiers trimestriels demain. Jefferies Financial, Chewy, Paychex, Cintas et PDD annoncent mercredi. Carnival est attendu vendredi.
Parmi les avis de spécialistes, le patron de BlackRock, Larry Fink, a exhorté ses clients à maintenir leurs investissements malgré la volatilité persistante des marchés. Dans sa lettre annuelle aux actionnaires, il vante le potentiel de l'intelligence artificielle et indique : "Sur le long terme, la priorité a été de conserver ses investissements, bien plus importante que de choisir le bon moment. Au cours des vingt dernières années, chaque dollar investi dans le S&P 500 a été multiplié par plus de huit".
Les valeurs
AMD (+2,5%) pourrait profiter d'une commande conséquente en Corée. La startup coréenne Upstage, spécialisée dans l'IA, serait selon Bloomberg en pourparlers avec Advanced Micro Devices pour l'acquisition de 10.000 de ses accélérateurs d'IA de dernière génération. Cette initiative s'inscrit dans une stratégie visant à développer la puissance de calcul à grande échelle en Corée du Sud. Le DG d'Upstage, Sung Kim, aurait selon Bloomberg abordé la question de l'achat des accélérateurs MI355 d'AMD lors de sa rencontre avec la dirigeante du fabricant américain, Lisa Su, à Séoul la semaine dernière.
Tesla (+4,1%). Elon Musk a annoncé son projet "Terafab" d'usine de puces avancées au Texas, qui serait porté par Tesla et SpaceX. Musk, qui dirige les deux groupes, a indiqué que les puces seraient utilisées à la fois dans les véhicules de Tesla et dans les satellites de SpaceX. "L'objectif est de produire plus d'un térawatt de puissance de calcul par an (logique, mémoire et conditionnement), dont environ 80% pour l'espace et environ 20% pour le sol", détaille le multimilliardaire. Il s'agit donc d'atteindre mille milliards de watts de puissance de calcul par an d'après Musk, qui ajoute que la majeure partie ira dans l'espace, car la puissance électrique américaine n'est que de 0,5 térawatt.
Terafab est une coentreprise entre Tesla, SpaceX et xAI, startup d'IA récemment acquise par SpaceX dans le cadre d'une transaction en actions. L'usine a pour objectif de regrouper toutes les étapes de la production de semi-conducteurs sous un même toit. L'alliance vise la technologie de gravure à 2 nanomètres, la plus avancée. Terafab est conçue pour une production initiale de 100.000 plaquettes par mois, avec l'ambition d'atteindre 1 million de plaquettes par mois à pleine capacité. Musk a déclaré que l'usine produirait entre 100 et 200 milliards de puces d'IA et de mémoire personnalisées par an, alimentant le logiciel de conduite entièrement autonome de Tesla, le programme de robotaxis Cybercab et la gamme de robots Optimus.
Musk a également précisé que des millions de robots Optimus contribueraient à la construction et à l'exploitation de l'usine. Interrogé sur la nécessité pour Tesla d'internaliser cette production, Musk a reconnu l'importance de ses fournisseurs actuels : "Nous sommes très reconnaissants envers notre chaîne d'approvisionnement actuelle, notamment Samsung, TSMC, Micron et les autres", mais a ajouté qu'il existait une limite à leur capacité d'expansion. "Cette limite est bien inférieure à ce que nous souhaiterions. Et nous avons besoin de ces puces, c'est pourquoi nous allons construire Terafab".
Parmi les autres valeurs en vue ce jour, Nvidia reprend près de 3%, Apple 1,7%, Palantir 5,5% et Amazon 3%. ExxonMobil grappille 0,7%. Northrop Grumman et Lockheed Martin perdent du terrain sans excès toutefois avec le secteur de la défense.