Wall Street : retour du rouge, l'Iran inquiète à nouveau...

Wall Street : retour du rouge, l'Iran inquiète à nouveau

Sans grande évolution dans la matinée, les 'futures' sur les trois grands indices américains ont piqué du nez sur une information en provenance d'Iran. Selon 'Reuters', le Guide suprême, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, aurait ordonné que l'uranium de qualité quasi militaire du pays ne soit pas exporté, tempérant ainsi l'optimisme quant à un rapprochement entre les belligérants. Parallèlement, Téhéran serait en train de répondre à un texte soumis par les États-Unis, qui "a permis de réduire quelque peu les divergences", a rapporté l'agence de presse semi-officielle iranienne 'ISNA', sans préciser ses sources. "Pour aller plus loin, Washington doit renoncer à toute tentation de guerre".

Face aux craintes croissantes qu'une interruption prolongée des approvisionnements pétroliers ne contraigne les décideurs politiques à relever les taux d'intérêt, les marchés sont à nouveau tributaires des perspectives d'un accord durable au Moyen-Orient. "Les investisseurs sont ballottés comme des balles dans un flipper", indique à 'Bloomberg' Joachim Klement, directeur de la stratégie chez Panmure Liberum. "L'actualité en constante évolution concernant l'Iran empêche les marchés actions de trouver une direction claire, mais garantit que les obligations intègrent une inflation toujours plus élevée".

Sur le marché obligataire justement, les taux américains repartent à la hausse alors que les cours de l'or noir rebondissent ce jeudi. Le rendement de référence des bons du Trésor américain à 10 ans a atteint cette semaine son plus haut niveau depuis 16 mois, à 4,687%, tandis que celui des bons à 30 ans a grimpé à 5,198%, des niveaux inédits depuis 2007. Le patron de JPMorgan Chase & Co, Jamie Dimon, a averti que les taux d'intérêt pourraient augmenter considérablement par rapport à leurs niveaux actuels.

Les "minutes" de la Fed, publiées mercredi soir, ont montré qu'un nombre croissant de responsables de l'institution sont favorables à une hausse des taux, signe que le nouveau président Kevin Warsh héritera d'une équipe de banquiers centraux de plus en plus "hawkish".

Du côté des entreprises, Nvidia a encore une fois impressionné. La star de l'IA a dépassé toutes les attentes mais les investisseurs continuent à s'interroger sur la soutenabilité de la croissance exponentielle du groupe compte tenu de l'intensification de la concurrence.

"Nvidia a encore une fois dépassé les attentes, mais à ce stade, cela est pour l'essentiel déjà pris en compte dans le cours de l'action, car l'entreprise continue de surpasser les prévisions trimestre après trimestre", a déclaré à 'Bloomberg' Jacob Bourne, analyste chez eMarketer. "La question qui reste en suspens est de savoir si elle parviendra à convaincre les investisseurs que le développement de l'IA se maintiendra jusqu'en 2027 et 2028, d'autant plus que le discours s'oriente vers les charges de travail d'inférence et les puces concurrentes de Google, Amazon, AMD et Intel".

Walmart a de son côté dévoilé des résultats meilleurs que prévu au premier trimestre mais les prévisions du plus grand distributeur mondial pour le deuxième trimestre ont déçu, dans un contexte économique américain de plus en plus tendu.

Très attendu, SpaceX a déposé son document d'informations en vue de sa prochaine introduction en bourse qui s'annonce comme la plus importante de l'histoire. Le fichier a révélé des pertes de plusieurs milliards de dollars et un plan d'actions à droit de vote multiple permettant à Elon Musk de conserver le contrôle de l'entreprise. De son côté, OpenAI se préparerait à déposer sa demande d'introduction en bourse dans les prochaines semaines et viserait une IPO à l'automne, selon une source de 'Bloomberg'.

Du côté des indicateurs économiques du jour, les opérateurs ont pris connaissance d'un léger recul des inscriptions hebdomadaires au chômage, alors que l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie a chuté en territoire négatif en mai. L'indice du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan et l'indice des indicateurs avancés du Conference Board seront connus vendredi.

Les cours du WTI (contrat juillet) remontent de près de 3% à 101$, tandis que le baril de Brent reprend 2,4% à 107,4$. L'indice dollar avance de 0,1% face à un panier de devises de référence et le bitcoin recule désormais de 0,5% à 77.230$.

Les valeurs

* Nvidia a présenté hier soir des résultats et des prévisions supérieurs aux anticipations des analystes mais son titre reculait légèrement en post-séance. Sur son premier trimestre fiscal, la firme de Jensen Huang a dégagé un bpa ajusté de 1,87 dollar, contre 1,76$ de consensus, pour un chiffre d'affaires en hausse de 85% à 81,62 milliards de dollars, contre 78,86 Mds$ attendus. Le chiffre d'affaires des centres de données s'est élevé à 75,2 Mds$ (+92%), contre une estimation moyenne de 72,8 Mds$. Et la marge brute ajustée a atteint 75% avec un free cash-flow de 48,55 Mds$ ! Le chiffre d'affaires du trimestre clos en juillet devrait atteindre environ 91 milliards de dollars, a indiqué l'entreprise. Ce chiffre est supérieur à l'estimation moyenne de 87 Mds$, même si les projections des analystes allaient jusqu'à 96 Mds$, selon les données compilées par 'Bloomberg'. La marge brute est anticipée entre 74,5 et 75,5%.

"La réaction du marché a été relativement modérée au regard de ses propres standards élevés," a déclaré Tony Sycamore, analyste de marché chez IG à Sydney. "L'absence de ventes en Chine dans les perspectives et des prévisions qui n'ont que modestement dépassé les attentes ont laissé certains investisseurs sur leur faim". Les résultats de Nvidia sont largement considérés comme un baromètre de la santé du marché de l'IA, car ses puces sont utilisées dans pratiquement tous les grands centres de données du monde, alimentant les modèles les plus grands et les plus avancés.

La société basée à Santa Clara, en Californie, a précisé avoir plus de commandes qu'elle ne peut en honorer et investit pour augmenter sa production afin de répondre à la demande. Signe de la confiance de la direction, le groupe a annoncé une hausse de son dividende trimestriel en numéraire de 1 cent à 25 cents par action ainsi qu'un programme de rachat d'actions de 80 milliards de dollars.

* SpaceX a déposé son document d'informations en vue de sa prochaine introduction en bourse qui s'annonce comme la plus importante de l'histoire. Le géant des fusées, des satellites et de l'intelligence artificielle pourrait voir sa valorisation atteindre 2.000 milliards de dollars après une levée de fonds record allant jusqu'à 75 milliards de dollars. Si aucun montant officiel n'a été dévoilé, on sait désormais que le titre sera coté sur le Nasdaq sous le ticker 'SPCX'. Selon des sources de 'Reuters', SpaceX devrait fixer le prix de son action le 11 juin et faire son entrée au Nasdaq le lendemain. En attendant, selon les données rendues publiques hier soir, l'entreprise d'Elon Musk a essuyé une perte nette de 4,28 milliards de dollars pour un chiffre d'affaires de 4,69 milliards de dollars au premier trimestre, contre un déficit net de 528 M$ pour des revenus d'environ 4 Mds$ un an plus tôt. Quant à sa dette nette, elle atteignait 29 Mds$ à fin mars.

* Walmart maintient ses objectifs annuels, misant sur la demande de produits alimentaires moins chers de la part de consommateurs à la recherche de bonnes affaires, ainsi que sur la croissance de son activité de commerce électronique dans un contexte économique tendu aux États-Unis. Le plus grand détaillant au monde a fait état d'une hausse de 4,1% de ses ventes à périmètre comparable dans ses magasins américains, hors carburant, au dernier trimestre, un résultat légèrement supérieur aux attentes des analystes. Les ventes en ligne aux États-Unis ont progressé de 26% durant le trimestre, alimentant la croissance sur le principal marché de l'entreprise. Le bpa ajusté s'est établi à 0,66$, conforme aux anticipations. Les ventes totales ont progressé de 7,3% à 177,75 Mds$.

Walmart est considéré comme un indicateur économique de référence en raison de sa taille et de sa présence aux États-Unis et sur d'autres marchés. Ce rapport positif devrait atténuer les inquiétudes quant à un éventuel ralentissement de la consommation dans un contexte d'inflation croissante et de marché de l'emploi atone. "Le consommateur lambda reste relativement en bonne santé", a déclaré le directeur financier John David Rainey dans une interview accordée à 'Bloomberg News'. "Les consommateurs à hauts revenus dépensent avec confiance dans de nombreuses catégories, tandis que les consommateurs à faibles revenus, nous le constatons, sont plus attentifs à leur budget et tentent de surmonter certaines difficultés financières".

Le groupe se montre néanmoins prudent pour les prochains mois compte tenu de la flambée des prix de l'énergie. La société prévoit un bpa ajusté entre 72 et 74 cents sur le trimestre en cours, contre 75 cents de consensus, pour une hausse de son chiffre d'affaires net de 4% à 5%, contre une progression de 5,09% attendue par les analystes.

Le carburant a pesé sur la marge bénéficiaire de Walmart au cours du trimestre clos, l'entreprise ayant absorbé la quasi-totalité des augmentations durant cette période, a indiqué le dirigeant. L'entreprise s'efforce de maintenir des prix bas, et le nombre de promotions a augmenté de 20% par rapport à l'année dernière. "Il est difficile de faire face à une telle pression sur les coûts dans un délai aussi court", a-t-il conclu. Bien que Walmart soit en mesure de surmonter cette situation, il s'attend à un défi d'une ampleur égale, voire supérieure, lié au prix du carburant au cours du trimestre actuel. Sur l'ensemble de l'année, Walmart a maintenu ses prévisions publiées en février, à savoir un bénéfice par action compris entre 2,75 et 2,85$ et une augmentation des ventes comprise entre 3,5% et 4,5%, soit entre 731,1 et 738,2 Mds$.

* Ralph Lauren a dépassé les attentes du marché sur son quatrième trimestre grâce à la demande soutenue des clients aisés pour ses polos haut de gamme et ses pulls en coton à mailles torsadées. La société a enregistré un bpa ajusté de 2,80$ contre 2,54$ attendus par les analystes, pour un chiffre d'affaires de 1,98 milliard de dollars, contre un consensus de 1,85 Md$. Les revenus à change constant ont bondi de 12,1%. La marge opérationnelle ajustée s'est établie à 11% contre 10,8% attendus. Le management anticipe une marge opérationnelle en hausse de 80 à 120 points de base sur le premier trimestre et de 40 à 60 pb sur l'ensemble de l'exercice (à change constant). Le conseil d'administration a approuvé une augmentation de 10% du dividende trimestriel ordinaire en espèces, à 1$ par action.

* Advanced Micro Devices a annoncé son intention d'investir plus de 10 milliards de dollars dans le secteur taïwanais de l'IA afin de renforcer ses partenariats stratégiques et d'accroître sa capacité à concevoir et à assembler des puces IA de pointe.

* Johnson & Johnson a obtenu une autorisation de mise sur le marché en Chine pour le nipocalimab, destiné à traiter un type de trouble entraînant une faiblesse musculaire. Ce médicament a été acquis par J&J lors du rachat de Momenta pour 6,5 milliards de dollars.

Société(s) citée(s) :
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Fortuneo