Wall Street rebondit après la purge, en attendant Apple et les 'midterms'...

Wall Street rebondit après la purge, en attendant Apple et les 'midterms'

Wall Street s'affiche en vive progression désormais ce lundi, le Nasdaq reprenant 1,24% à 25.751 pts, le S&P 500 s'accordant 0,92% à 7.650 pts et le Dow Jones gagnant 1,15% à 52.368 pts. Les opérateurs tentent donc quelques achats jugés à bon compte, suite à la purge de la fin de semaine dernière qui avait notamment été marquée par une chute historique de 28,6% du titre Intel (sur des prévisions très décevantes) et un plongeon de 2,86% du Nasdaq. Notons qu'Intel reste sans relief en début de séance, en retrait de 3%.

Les cours du brut refluent nettement ce lundi, soulageant les investisseurs. Le baril de brut WTI perd 6,5% à 97,3$. L'once d'or fin gagne 2% à 3.954$. L'indice dollar perd 0,2% face à un panier de devises. Le bitcoin déprime vers les 77.700$. Le rendement du T-Bond à 10 ans se tasse de 3 points de base à 4,9%.

Les espoirs diplomatiques font donc retomber les cours du brut. Donald Trump a déclaré au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, lors d'un entretien téléphonique samedi, qu'il préférait accorder davantage de temps à la diplomatie avant de décider d'actions militaires, a rapporté Axios. Le président iranien, Massoud Pezechkian, a déclaré pour sa part que le gouvernement s'efforçait de résoudre la question par le dialogue et qu'il avait reçu certains pouvoirs à ce sujet de la part du guide suprême.

Un peu plus tôt, un responsable au fait des discussions avait indiqué à Reuters que les négociateurs iraniens avaient quitté le Qatar après des pourparlers à Doha avec des médiateurs qataris et qu'un projet de proposition visant à mettre fin au conflit avec les États-Unis circulait actuellement. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a de son côté déclaré que les pourparlers s'appuyaient sur un plan en sept étapes élaboré par l'Iran en septembre pour rouvrir le détroit d'Ormuz et mettre fin au blocus naval américain contre l'Iran, Téhéran estimant que cette proposition pourrait être mise en oeuvre plus rapidement dans le cadre d'un accord.

L'actualité des entreprises demeure chargée ce lundi, avec surtout les résultats d'Apple (-0,9%) programmés ce soir. Par ailleurs, les électeurs américains désigneront demain les 435 membres de la Chambre des représentants et 35 sénateurs. Les républicains contrôlent actuellement le Sénat par 53 sièges contre 47 et les démocrates doivent donc y gagner quatre sièges pour en reprendre la majorité. Une victoire démocrate dans l'une des deux chambres, ou dans les deux, pourrait ouvrir la voie à des enquêtes parlementaires visant l'administration. Le président américain en est conscient : en janvier, il avait prévenu les élus républicains qu'une défaite dans les urnes lui vaudrait une procédure de destitution.

Les sondages placent les démocrates en tête. Dans un sondage Reuters/Ipsos datant d'octobre, la cote de popularité de Donald Trump n'atteint que 45%. L'histoire joue aussi contre le camp présidentiel : la Chambre a basculé vers le parti opposé à la Maison Blanche sous les cinq dernières présidences. Les modélisations restent prudentes sur l'ensemble du Congrès. Au Sénat, la bataille se jouera dans quelques États clés. En Alaska, le sénateur républicain sortant Dan Sullivan est au coude-à-coude avec la démocrate Mary Peltola. Dans le Kansas, qui n'a plus élu de sénateur démocrate depuis 1932, la course est elle aussi serrée. Pour les investisseurs, l'enjeu dépasse le simple rapport de force politique. Une victoire démocrate pourrait entraîner un durcissement de la réglementation de l'IA, une surveillance accrue des grandes banques de Wall Street et du secteur des cryptomonnaies et une modification des anticipations de dépenses budgétaires.

Apple publiera ses résultats après bourse ce lundi. Les investisseurs surveilleront les annonces du nouveau CEO, John Ternus, et la capacité du groupe à la pomme à maintenir son rythme de croissance dans un contexte de forte hausse du coût des puces mémoire. Ternus a succédé à Tim Cook en septembre. Il s'agira donc de sa première publication trimestrielle en tant que CEO, après avoir supervisé le lancement de plusieurs produits, notamment l'iPhone pliable. Les opérateurs suivront en particulier les prévisions pour le trimestre crucial des fêtes de fin d'année, mais aussi les commentaires relatifs à l'IA et à la nouvelle version de Siri. Enfin, la question la plus pressante concerne l'impact du coût des composants sur les marges.

Loews, Tower Semiconductor, Fox Corporation, Public Service Enterprise, Estée Lauder, IDEXX Laboratories, Entergy et Marriott International annoncent avant bourse aujourd'hui, mais ce sont surtout Apple et Palantir qui retiendront l'attention dans la soirée, après la clôture. Vertex Pharmaceuticals, Williams Companies, Diamondback Energy, ON Semiconductor, Roku, Persking Square et Lattice, publient aussi après bourse ce lundi.

Demain, Shopify, Pfizer, Eaton, Marathon Petroleum, Ferrari, Apollo Global Management, Thomson Reuters, Teva Pharmaceutical, Keurig Dr Pepper, Waters, Yum! Brands, Sysco, Archer-Daniels-Midland, Fiserv, BioNtech ou DuPont annoncent avant bourse, tandis qu'AMD, Amgen, Arista, Booking Holdings, Suncor, Block Inc, Astera Labs, AIG, Coupang ou Prudential Financial dévoilent leurs chiffres après la clôture.

Arm Holdings (post-séance), Qualcomm (après clôture), McDonald's (avant bourse), Uber Technologies (pré-séance), CVS Health, McKesson, Datadog, Emerson Electric, Applovin, Motorola Solutions, Allstate, Metlife, Coherent ou Edwards Lifesciences, annonceront leurs résultats mercredi.

Dans l'actualité économique, l'indice PMI manufacturier américain final du mois d'octobre 2026 s'est établi à 54,9, contre 56 de consensus et 56 également pour sa lecture flash. L'indice se situait à 55,9 un mois avant. Il reste nettement au-dessus de la barre des 50 et signale donc toujours une nette expansion de l'activité manufacturière nationale... L'ISM manufacturier d'octobre, qui vient lui aussi d'être dévoilé, est ressorti à 55,5, contre 54,6 de consensus et 54,5 pour sa lecture antérieure.

Enfin, la 3e statistique du jour, les dépenses de construction du mois de septembre 2026, se sont affichées en retrait de 1,9% d'un mois sur l'autre et de 2,7% sur un an.

Demain, les investisseurs suivront les commandes industrielles américaines et le rapport JOLTS sur les ouvertures de postes. Mercredi, le rapport d'ADP sur l'emploi privé d'octobre, la balance du commerce international des biens et services de septembre et l'ISM des services d'octobre, seront d'actualité. Jeudi, les marchés surveilleront la dernière étude Challenger, Gray & Christmas sur les annonces de licenciements, les inscriptions hebdomadaires au chômage, les chiffres de la productivité du 3e trimestre, ainsi qu'une intervention de Thomas Barkin de la Fed.

Enfin et surtout, le rapport mensuel gouvernemental sur la situation de l'emploi pour le mois d'octobre 2026 sera publié vendredi, tout comme l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan pour le mois de novembre.

Sur le segment de l'IA, Anthropic a dévoilé au titre de son 3e trimestre 2026 des revenus en croissance... de 1.127% en glissement annuel à 17 milliards de dollars. La croissance séquentielle atteint 47%. La perte opérationnelle a représenté 567 millions de dollars, contre un bénéfice de 974 millions sur le précédent trimestre, selon les nouveaux éléments du prospectus amendé d'IPO. Le bénéfice opérationnel ajusté est ressorti positif de 2,5 milliards de dollars, représentant 15% de marge contre 19% sur le trimestre antérieur. Néanmoins, la perte nette s'est creusée à 23,3 milliards de dollars, contre 12,1 milliards sur la période correspondante de l'an dernier.

Anthropic a attribué son retour à une perte opérationnelle à des dépenses de 5 milliards de dollars liées à des ressources de calcul à court terme plus coûteuses, ainsi qu'à une charge de 2 milliards de dollars sans décaissement correspondant à un programme de dons équivalents. La perte nette sur neuf mois a atteint 104 milliards de dollars, reflétant en grande partie 94,3 milliards de dollars de charges comptables (sans décaissement) liées à la valorisation croissante des obligations convertibles. Anthropic a par ailleurs fait état d'engagements cumulés d'achat et de location s'élevant à plus de 895 milliards de dollars au 30 septembre, principalement liés à des infrastructures de calcul pour l'IA.

Les valeurs

Marvell (-5,3%) et Lumentum (-10,2%) vont fusionner, créant ainsi un leader dans le domaine de la connectivité pour l'intelligence artificielle (IA). Ce rapprochement unit deux des acteurs dont la croissance est la plus rapide dans l'écosystème de l'IA, en combinant des technologies électriques et optiques complémentaires pour répondre aux exigences de connectivité, de plus en plus complexes, des infrastructures d'IA de nouvelle génération, commentent les deux groupes.

L'opération devrait permettre de constituer un portefeuille complet de solutions de connectivité, favorisant une co-conception intégrée de bout en bout, la production à grande échelle de solutions optiques pré-validées et optimisées, ainsi qu'une mise sur le marché plus rapide pour les clients. Elle devrait également élargir le marché adressable total de l'entité combinée pour atteindre 550 milliards de dollars. La transaction devrait renforcer la croissance du chiffre d'affaires à long terme, ainsi que les marges brute et opérationnelle (sur une base non-GAAP) de l'entité issue du rapprochement. Elle devrait aussi générer plus d'un milliard de dollars de synergies annuelles sur les coûts et avoir un effet relutif sur le bénéfice ajusté par action de Marvell dès la première année suivant la finalisation de l'opération.

Marvell Technology et Lumentum ont donc annoncé un accord définitif prévoyant l'acquisition de Lumentum par Marvell, dans le cadre d'une opération entièrement réglée en actions. Selon les termes de cet accord, les actionnaires de Lumentum recevront, sur la base d'un ratio d'échange fixe, 4,5 actions ordinaires de Marvell pour chaque action ordinaire de Lumentum qu'ils détiennent. L'opération valorise Lumentum sur une valeur d'entreprise implicite de 115 milliards de dollars, soit environ 1.132 dollars par action ordinaire de Lumentum, ce qui représente une prime d'environ 23,9% par rapport au cours de clôture des actions de chaque société au 28 octobre, date précédant les spéculations du marché concernant une éventuelle opération.

À l'issue de la transaction, les actionnaires actuels de Marvell détiendront environ 67% de la société combinée (sur une base entièrement diluée), tandis que les actionnaires de Lumentum en détiendront environ 33%. À l'issue de l'opération, Matt Murphy conservera ses fonctions de président-directeur général de l'entité issue du regroupement. Dans le cadre de cette transaction, trois membres du conseil d'administration de Lumentum, dont son DG Michael Hurlston, rejoindront le conseil d'administration de Marvell, qui compte actuellement sept administrateurs. La finalisation de l'opération est prévue pour le premier semestre de l'année civile 2028, sous réserve de l'approbation des actionnaires de Marvell et de Lumentum, de l'obtention des autorisations réglementaires nécessaires et du respect des autres conditions de clôture habituelles.

Marriott (+3,4%), le groupe hôtelier américain, a annoncé au titre de son 3e trimestre fiscal un bénéfice de 794 millions de dollars et un bpa ajusté de 3,02$, largement supérieur au consensus des analystes, pour des revenus de plus de 7 milliards de dollars, légèrement inférieurs quant à eux aux anticipations de brokers. Au troisième trimestre 2026, le RevPAR a progressé de 6,5% à l'échelle mondiale, avec une croissance de 7,4% aux États-Unis et au Canada, et de 4,4% sur les marchés internationaux. L'EBITDA ajusté a représenté 1,51 milliard de dollars. Sur le trimestre entamé, Marriott anticipe un bpa ajusté allant de 3,14 à 3,21$. Sur l'exercice, ce bpa est attendu entre 12,07 et 12,14$.

Entergy (-0,8%), le producteur américain d'électricité, a annoncé pour son 3e trimestre 2026 un bénéfice ajusté par action en vive hausse de 29% à 1,98$. Le bénéfice net consolidé a progressé de 35% à 940 millions de dollars. Sur le segment utility, le bénéfice a grimpé de 33% à 1,08 milliard de dollars. La guidance pour l'exercice 2026 est resserrée entre 4,35 et 4,45$ de bpa ajusté, les autres perspectives annuelles étant confirmées.

IDEXX Laboratories (+16,7% !) a battu le consensus au 3e trimestre et relevé ses prévisions. Le groupe a affiché une croissance du chiffre d'affaires de 10% au troisième trimestre en données publiées ou organiques, à 1,21 milliard de dollars. La croissance des revenus récurrents de l'activité CAG Diagnostics (diagnostic pour animaux de compagnie) atteint 11%. Le bénéfice ajusté par action ressort à 3,98$ contre 3,7$ de consensus. L'objectif de chiffre d'affaires pour 2026 est relevé dans une fourchette de 4,741 à 4,767 milliards. Le bpa de l'exercice est maintenant attendu entre 14,96 et 15,16$, en hausse de 25 cents en milieu de fourchette par rapport à la guidance antérieure.

Estée Lauder (-1,5%), le groupe new-yorkais de cosmétiques, de soins de la peau et produits capillaires, hésite à Wall Street. Les bénéfices du premier trimestre fiscal ont pourtant dépassé les attentes, alors que les prévisions sur l'exercice 2027 sont relevées. Sur le premier trimestre fiscal clos fin septembre 2026, les revenus se sont améliorés de 7% à 3,71 milliards de dollars, alors que la croissance organique a été de 6%. Le bénéfice opérationnel ajusté a augmenté de 76% à 449 millions. Le bpa ajusté a plus que doublé à 72 cents. Estée vise une croissance organique 2027 comprise entre 4 et 5,5%. La marge opérationnelle ajustée est attendue entre 12,9 et 13,7% (12,7 à 13,5% précédemment). Le bpa ajusté est anticipé entre 3,20 et 3,45$ (3,10 à 3,35$ auparavant).

Loews (-1,4%) a publié pour son 3e trimestre un bénéfice de 306 millions de dollars et un bpa de 1,50$, pour des revenus de 4,76 milliards de dollars (+2% en glissement annuel). Le conglomérat présent dans les secteurs de l'assurance, des pipelines et de l'hôtellerie, a vu ses bénéfices amputés par des charges liées à son activité d'assurance, tandis que ses divisions énergie et hôtellerie ont enregistré une croissance. Le bénéfice net du groupe a reculé de 39%, après que sa filiale CNA Financial a dû comptabiliser une charge de 125 millions de dollars (après impôts) liée à d'anciens contrats d'assurance santé.

SpaceX (+4,8%) ne dissimule plus, depuis des mois, son intention de lancer sa propre activité de service mobile. Dans cette optique, le groupe serait en discussions, d'après le Washington Post, avec l'opérateur de télécoms par satellite EchoStar, pour lui racheter directement Boost Mobile, son service de téléphonie mobile, ou tout du moins avoir accès à son réseau. D'après les mêmes sources, les discussions en ce sens auraient en fait débuté il y a quelques mois. Musk en aurait même parlé personnellement le mois dernier avec le président d'EchoStar, Charlie Engen.

Société(s) citée(s) :
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