Wall Street a débuté la semaine prudemment lundi, toujours à l'écoute de la situation dans le Golfe persique. La place américaine, qui a affiché une impressionnante séquence de rebond ces dernières séances, de retour sur ses sommets historiques, a consolidé sa progression récente sans prendre de risque : le S&P 500 a reculé de 0,24% à 7.109 pts, tandis que le Dow Jones a terminé stable à 49.442 pts. Le Nasdaq s'est replié de 0,26% à 24.404 pts.
L'Iran s'est pour le moment abstenu de se prononcer sur sa participation à de nouvelles négociations de paix, même après l'annonce par Donald Trump de l'envoi d'une délégation au Pakistan, semant l'incertitude quant à la possibilité de trouver une issue au conflit en cours... L'agence de presse officielle iranienne a malgré tout rapporté que le président Massoud Pezeshkian avait déclaré que la guerre "n'était dans l'intérêt de personne et que la voie diplomatique devait être privilégiée pour apaiser les tensions". De quoi laisser espérer une participation de dernière minutes aux pourparlers de paix.. En attendant, le trafic dans le détroit d'Ormuz reste quasiment paralysé après une brève réouverture ce week-end, qui s'est terminée par la première saisie d'un navire iranien par les États-Unis - soulignant la difficulté de rétablir l'activité dans ce détroit stratégique pour le commerce mondial. De quoi alimenter la remontée des cours du pétrole qui pointent à 95$ le brent...
Le président américain a de son côté déclaré à l'agence 'Bloomberg' qu'il était "hautement improbable" qu'il prolonge le cessez-le-feu de deux semaines avec l'Iran si aucun accord n'est conclu avant son expiration cette semaine, et a affirmé que le détroit d'Ormuz resterait bloqué jusqu'à la finalisation d'un accord... Dans une interview téléphonique, Donald Trump a ajouté : "je ne me précipiterai pas pour conclure un mauvais accord. Nous avons tout notre temps". Interrogé sur la trêve, qu'il avait annoncée le 7 avril, le président américain a poursuivi : il est "fort peu probable que je la prolonge". Il a précisé que le cessez-le-feu expirerait mercredi, heure de Washington. Enfin, concernant le blocus du détroit, le locataire de la Maison Blanche a affirmé : "ils veulent que je le lève. Les Iraniens le veulent absolument. Je ne le lèverai pas tant qu'un accord n'aura pas été signé".
Sur le front économique et monétaire, les investisseurs suivront de près l'audition de confirmation de Kevin Warsh au Sénat cette semaine, candidat à la direction de la Réserve fédérale. Si l'agenda macro sera très léger dans les prochains jours, les opérateurs analyseront une nouvelle série de publications de résultats, avec des entreprises majeures comme Tesla, Intel et United Airlines au programme... L'indice dollar se stabilise en ce début de semaine face à un panier de devises, alors que le Bitcoin pointe à 75.960$.
Les valeurs
Marvell Technology bondit de 5,8% à la suite d'un article de presse indiquant que Google (Alphabet) serait en pourparlers avec le concepteur de puces pour développer deux nouveaux processeurs destinés à exécuter plus efficacement des modèles d'IA. Selon un article publié dimanche par 'The Information', citant deux sources proches du dossier, cet accord potentiel pourrait porter sur deux puces distinctes : une unité de traitement de la mémoire (MPU) venant compléter l'unité de traitement tensoriel (TPU) de Google, et une nouvelle TPU conçue pour l'exécution de modèles d'IA. Les géants de la tech, tels que Google et Meta (maison mère de Facebook), accélèrent leurs efforts pour réduire leur dépendance aux fournisseurs de puces externes en développant leurs propres puces. Google utilise des TPU pour l'entraînement des modèles d'IA et pour répondre aux requêtes des utilisateurs (un processus appelé inférence), et collabore avec Broadcom (-1,7%) pour la conception de ses puces. Cet article suggère que Google pourrait chercher à diversifier ses fournisseurs face à la forte demande pour les puces de Broadcom, les entreprises étant à la recherche d'alternatives aux puces onéreuses de Nvidia. Marvell et son principal concurrent, Broadcom, accompagnent leurs clients dans la conception de puces.
* QXO (-3,1%). Le distributeur américain de matériaux de construction a conclu dimanche un accord de 17 milliards de dollars en vue d'acquérir le distributeur et installateur de produits de construction TOPBUILD, s'inscrivant ainsi dans la vague d'acquisitions menées par le groupe sous la houlette du milliardaire Brad Jacobs, spécialiste des fusions-acquisitions.
* American Airlines (-4,2%). La compagnie aérienne a déclaré vendredi ne pas être intéressée par une fusion avec United Airlines et n'avoir mené aucune discussion en ce sens. De quoi réduire les chances d'un accord susceptible de bouleverser le secteur et qui se heurterait à un examen rigoureux de l'autorité américaine de la concurrence.
* Eli Lilly (-0,7%). Le laboratoire pharmaceutique serait en négociations avancées en vue d'acquérir la société de biotechnologie Kelonia Therapeutics pour plus de deux milliards de dollars, a rapporté dimanche le 'Wall Street Journal'.