Wall Street poursuit sa correction avec la \"tech\"...

Wall Street poursuit sa correction avec la "tech"

Wall Street est orienté en forte baisse ce mardi, après une pause de trois jours. La place américaine était fermée hier pour la journée des présidents ('Presidents' Day' ou 'Washington's Birthday'), jour férié aux États-Unis célébrant les différents présidents des USA. Les marchés américains restent donc très incertains, le Dow Jones cédant 0,55% à 49.230 pts, le S&P 500 abandonnant 0,76% à 6.784 pts et le Nasdaq corrigeant de 1,02% à 22.317 pts.

La thématique actuelle est celle du "côté sombre de l'IA", qui pourrait disrupter certains secteurs au point d'avoir un impact économique adverse. Sur le front économique, pourtant, les derniers chiffres de l'inflation ont plutôt rassuré, tandis que le rapport gouvernemental sur l'emploi s'est montré moins inquiétant que des études parallèles d'ADP ou de Challenger, Gray & Christmas. Parmi les grands rendez-vous de la semaine, on retrouvera la Fed mercredi avec ses 'Minutes', mais aussi le PIB du 4e trimestre et un indicateur d'inflation supplémentaire vendredi. Dans l'actualité des entreprises, le géant de la grande distribution Walmart sera en vedette jeudi avec son PER digne d'une valeur d'IA...

L'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York pour le mois de février 2026 s'est établi à 7,1, contre un consensus FactSet de 10,1 et un niveau de 7,7 un mois auparavant. L'indice affiche donc peu d'évolution d'un mois sur l'autre et signale toujours une croissance modeste... L'indice du marché immobilier américain de la National Association of Home Builders pour le mois de février 2026 s'est affiché à 36, contre un consensus de 38 et une lecture de 37 un mois avant. Le sentiment des constructeurs de logements demeure donc assez déprimé selon ces données de la NAHB. Pour comparaison, l'indice s'affichait à 47 en janvier 2025.

Selon l'outil CME FedWatch, il y a désormais près de 30% de probabilité que les taux des 'fed funds' terminent l'année entre 2,75 et 3%, contre 3,50 à 3,75% actuellement. Il s'agit maintenant d'une hypothèse tout aussi probable que celle d'un ajustement de 50 points de base (31,4% de 'proba'). En ce qui concerne la prochaine réunion monétaire, celle des 17 et 18 mars, la probabilité d'un statu quo monétaire domine néanmoins toujours à plus de 92%.

Quoi qu'il en soit, les anticipations de baisse des taux cette année ressortent en progression ces dernières semaines, suite notamment à la nomination de Kevin Warsh par Donald Trump à la tête de la Fed, et alors que le marché américain de l'emploi montre des signes de faiblesse accrue, avec sans doute un début d'impact du développement de l'intelligence artificielle.

Les commandes de biens durables, les mises en chantier de logements et permis de construire, les chiffres de la production industrielle ainsi que les Minutes du FOMC (dernière réunion monétaire de la Fed), sont attendus demain.

La balance du commerce international des biens et services, les inscriptions hebdomadaires au chômage, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie, ainsi que les promesses de ventes de logements ou que l'indice des indicateurs avancés, sont programmés jeudi. Enfin, le PIB du 4e trimestre, les revenus et dépenses des ménages, l'indice flash PMI composite, les ventes de logements neufs et l'indice du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan, seront surveillés vendredi.

Sur le front géopolitique, USA et Iran échangeaient ce jour à Genève concernant la question du programme nucléaire iranien, alors même que Washington a déployé des navires de guerre et que Téhéran a procédé à un exercice militaire dans le détroit d'Ormuz. Téhéran et Washington se seraient entendus sur les grands principes de leurs négociations autour du programme nucléaire iranien, a affirmé le ministre iranien des Affaires étrangères, sans toutefois laisser espérer un accord imminent. Abbas Araqchi a précisé toutefois aux médias iraniens qu'une voie de dialogue était tracée. Iran et États-Unis devraient maintenant travailler à la rédaction d'un accord potentiel et arrêteront une date pour une troisième séance de négociations une fois leurs propositions rédigées, selon des commentaires du ministre cité par Reuters.

Des délégations ukrainienne et russe vont par ailleurs s'entretenir ce jour à Genève dans le cadre d'un nouveau cycle de deux jours de discussions chapeautées par les USA. La principale pierre d'achoppement concerne bien sûr la question des territoires.

En ce qui concerne les publications financières trimestrielles, Medtronic (avant bourse), Palo Alto Networks (après la clôture), ainsi que Constellation Energy, Cadence Design Systems, Republic Services ou Kenvue, annoncent aujourd'hui.

Analog Devices (pré-séance), Booking Holdings (après bourse), Carvana, Moody's, DoorDash, Occidental Petroleum, Garmin et Edison International, publient mercredi. Walmart (pré-séance) dominera les débats jeudi. Alibaba, Deere, Newmont, Southern Company, Copart et Live Nation, publieront le même jour.

Sur le Nymex, le baril de brut WTI perd 1,3% à 61,9$. L'once d'or fin recule de 2,5% à 4.868$. L'indice dollar s'adjuge 0,6% face à un panier de devises.

Les valeurs

Danaher (-3,7%), le conglomérat américain actif dans les équipements de diagnostic, des sciences de la vie ou de biotechnologie, a confirmé un accord d'acquisition du fabricant d'appareils médicaux Masimo pour près de 10 milliards de dollars - 9,9 milliards de dollars dette comprise pour être précis. Masimo Corporation (+34%), coté au Nasdaq, pesait 7 milliards de dollars avant les annonces. L'opération renforcerait Danaher dans le diagnostic médical. Masimo est connu pour ses oxymètres de pouls ou ses outils de monitoring. Danaher s'offrirait donc Masimo - qui a longtemps mené une bataille juridique contre Apple sur des brevets - pour 180$ par action, soit une prime de 38% sur les cours de clôture de vendredi.

Medtronic (-2,6%), l'un des leaders mondiaux de la conception, de la fabrication et de la commercialisation de dispositifs et d'équipements médicaux, corrige à Wall Street. Pour son 3e trimestre fiscal 2026 clos fin janvier, le groupe a dévoilé des revenus de 9 milliards de dollars en augmentation de 9% en données publiées et de 6% en organique. Le bénéfice dilué ajusté s'est élevé à 1,36$, au-dessus de la guidance. Le consensus était de 1,34$ de bénéfice ajusté par action pour 8,9 milliards de chiffre d'affaires. Medtronic maintient ses estimations 2026 de croissance organique (5,5% environ) et de bénéfice par action (5,62 à 5,66$ sur une base ajustée). L'impact potentiel des tarifs douaniers est évalué à 185 millions de dollars. Hors impact potentiel des tarifs, la guidance implique une croissance de 4,5% du bénéfice ajusté par action.

General Mills (-7,2%), le groupe alimentaire américain aux marques Géant Vert, Häagen-Dazs, Nature Valley, Yoplait, Cheerios ou Old El Paso, décroche à Wall Street. Le groupe a revu en effet à la baisse ses prévisions de ventes pour l'exercice 2026, invoquant un contexte de consommation plus difficile. General Mills prévoit désormais une baisse de ses ventes nettes de 1,5 à 2% en organique, contre une guidance antérieure allant de -1 à +1%. Le résultat d'exploitation ajusté et le bénéfice par action dilué ajusté devraient désormais chuter jusqu'à 20% à taux de change constants, contre une prévision précédente de baisse maximale de 15%.

Warner Bros. Discovery (+2,2%) a rejeté la dernière offre de rachat hostile de Paramount Skydance (+5,7%), mais donne au studio hollywoodien sept jours pour voir s'il peut proposer une meilleure offre. Paramount, qui a officiellement proposé 30$ par titre Warner, aurait évoqué de manière informelle un prix de rachat encore plus élevé, à 31$ par action. L'acquéreur concurrent a désormais jusqu'au 23 février pour soumettre sa meilleure et dernière offre, que Netflix est autorisé à égaler en vertu des termes de l'accord de fusion. "Soyons clairs : notre conseil d'administration n'a pas déterminé que votre proposition est susceptible d'aboutir à une transaction plus avantageuse que la fusion avec Netflix", ont écrit Samuel DiPiazza Jr., président du conseil d'administration, et David Zaslav, directeur général de Warner Bros, dans une lettre adressée ce jour au conseil d'administration de Paramount. "Nous continuons de recommander notre transaction avec Netflix et restons pleinement engagés dans celle-ci", indiquent pour l'heure les dirigeants.

Hyatt Hotels (-0,5%). Le milliardaire Tom Pritzker a annoncé hier sa démission de son poste de président exécutif de Hyatt Hotels, indique CNN, qui précise que le départ fait suite à la révélation de ses liens avec le délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein dans les derniers documents publiés par le département de la Justice américain. Pritzker, président exécutif depuis 2004, a également indiqué qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat au conseil d'administration. "Une bonne gestion implique aussi de protéger Hyatt, notamment compte tenu de mes liens avec Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell, que je regrette profondément", a déclaré Pritzker, l'un des héritiers de la fortune Hyatt, qui dit "avoir fait preuve d'un très mauvais jugement en maintenant le contact avec eux".

Tripadvisor (+5,7%). Le fonds activiste Starboard Value, fidèle à ses habitudes, envisage de faire pression pour une refonte majeure du conseil d'administration de Tripadvisor et s'apprête à présenter une liste majoritaire de candidats pour les huit membres du conseil, a rapporté le Wall Street Journal hier. Starboard détient actuellement selon Reuters plus de 9% du capital de l'exploitant du site de voyages. Le fonds compte adresser une lettre au conseil d'administration ce jour pour exposer ses intentions, a indiqué le WSJ, citant des sources proches de la question. Starboard avait précédemment demandé à Tripadvisor d'étudier une cession de son activité TheFork de réservation de restaurants.

Société(s) citée(s) :
https://bourse.fortuneo.fr/actualites/wall-street-poursuit-sa-correction-avec-la-tech-3480219
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