La Bourse de New York a terminé orientée à la baisse jeudi, lestée par la chute de Microsoft, poids lourd technologique dont les résultats trimestriels ont reçu un accueil glacial.
Le Dow Jones est parvenu à grappiller 0,11% mais l'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a perdu 0,72% et l'indice élargi S&P 500 a cédé 0,13%, des chiffres toutefois éloignés des plus bas auxquels évoluaient les indices en milieu de séance.
"La séance d'aujourd'hui a été quelque peu volatile, sous l'effet de la faiblesse du secteur technologique", commente auprès de l'AFP Angelo Kourkafas, d'Edward Jones.
Les investisseurs ont examiné une série de résultats trimestriels publiés mercredi après la clôture. Ceux de Microsoft ont particulièrement retenu leur attention.
En dépit de performances financières en hausse, et supérieurs aux attentes, le groupe de Redmond (Etat de Washington) a vu son titre décrocher de 9,99% à 433,50 dollars.
Cela représente environ 400 milliards de dollars de valorisation partis en fumée.
"Les investisseurs craignent que les dépenses d'investissement substantielles allouées à l'intelligence artificielle (IA) ne parviennent pas à répondre aux attentes exorbitantes", juge Jose Torres, d'Interactive Brokers.
Pour la première fois, le chiffre d'affaires de l'activité cloud (informatique à distance) de Microsoft a dépassé les 50 milliards de dollard, mais sa marge a reculé à cause des investissements massifs dans les centres de données pour l'IA.
Après un enthousiasme général de plusieurs années concernant le développement de cette technologie, "le marché fait désormais la part des choses et récompense les entreprises qui parviennent à transformer ces investissements en bénéfices, tandis que les autres font l'objet d'une surveillance accrue", observe Angelo Kourkafas.
L'action de Meta s'est ainsi envolée jeudi de plus de 10%, à 738,31 dollars, grâce à ses résultats pour le dernier trimestre de 2025 et ses prévisions jugées élevées pour les trois premiers mois de 2026.
Côté indicateurs, le déficit commercial des Etats-Unis s'est établi à 56,8 milliards de dollars au mois de novembre, près de deux fois plus élevé qu'un mois plus tôt, sous l'effet combiné d'une baisse des exportations et d'une hausse des importations.
C'est pire que ce qu'avaient anticipé les analystes, qui tablaient sur un creusement à 42,9 milliards de dollars, selon le consensus publié par MarketWatch.
Les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage sont elles ressorties légèrement au-dessus des attentes jeudi, à 209.000 demandes.
Sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l'Etat américain se détendait légèrement par rapport à la veille, évoluant à 4,23% vers 21H20 GMT, contre 4,24% à la clôture mercredi.
D'autres résultats trimestriels sont aussi venus animer le marché.
Ceux du constructeur automobile américain Tesla (-3,23% à 416,56 dollars), dirigé par le milliardaire Elon Musk, ont été accueillis avec une pointe de scepticisme par les investisseurs.
Le bénéfice net a chuté de 61% à 840 millions de dollars, bien loin des attentes. Mais celui rapporté par action a fait mieux qu'anticipé, à 50 cents.
La société de logiciels ServiceNow (-9,94% à 116,73 dollars) a dévissé malgré des performances financières supérieures aux attentes pour le quatrième trimestre de 2025. Les investisseurs craignent que la montée en puissance de l'IA vienne priver l'entreprise de certains clients.
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