Wall Street : Nvidia et la Fed dans tous les esprits...

Wall Street : Nvidia et la Fed dans tous les esprits

Wall Street se montre hésitant au lendemain d'une séance finalement terminée dans le vert. Les opérateurs attendent la publication des résultats de Nvidia ce soir après la clôture. Le géant des puces électroniques devrait fournir des indices sur la durabilité des dépenses massives en IA et sur la manière dont la rivalité sino-américaine pèse sur sa croissance. Les attentes sont très élevées, l'action de l'entreprise ayant progressé de près de 35% depuis le début de l'année. En juillet, Nvidia est devenue la première entreprise à voir sa capitalisation boursière dépasser les 4.000 milliards de dollars. Sur le trimestre clos fin juin, le marché table sur un bénéfice par action ajusté de 1,01 dollar pour un chiffre d'affaires de 46,2 milliards de dollars.

"Aujourd'hui, l'accent sera mis sur les résultats de Nvidia, qui devraient donner le ton pour les actifs risqués au cours des prochains jours", explique à 'Bloomberg' Mohit Kumar, stratège en chef européen chez Jefferies International. "Globalement, nous restons optimistes quant au secteur technologique, car nous pensons que nous n'en sommes qu'aux prémices du cycle de l'IA. Notre inquiétude pour les actions réside toujours dans le positionnement. Nous attendrions un peu que la situation se clarifie". "Les résultats de Nvidia transcendent l'entreprise, devenant un baromètre de l'activité macroéconomique, un talisman pour le commerce de l'intelligence artificielle et un point de pression critique pour la géopolitique mondiale", ajoute Kyle Rodda, analyste de marché senior chez Capital.com à Melbourne.

Du côté géopolitique, les droits de douane américains sur les importations en provenance d'Inde ont été portés jusqu'à 50% ce mercredi. Cette mesure, qui double les taxes existantes, accentue les tensions commerciales entre les deux plus grandes démocraties mondiales, pourtant considérées comme des partenaires stratégiques. Donald Trump a par ailleurs dit être prêt à imposer des sanctions économiques à la Russie si son président, Vladimir Poutine, ne donnait pas son accord à un cessez-le-feu. "Ce que j'envisage est très, très sérieux, s'il faut que je le fasse, mais je veux voir cela se terminer", a déclaré Donald Trump à un journaliste. "Il ne s'agira pas d'une guerre mondiale mais d'une guerre économique", a dit le locataire de la Maison blanche lors d'une réunion de son cabinet. "Une guerre économique sera dure, et ce sera dur pour la Russie, et ce n'est pas quelque chose que je souhaite".

Les opérateurs continuent par ailleurs à digérer la dernière attaque de Donald Trump contre la Réserve fédérale. Lisa Cook, gouverneure de la Fed, va intenter une action en justice pour empêcher le président américain de la démettre de son poste, a affirmé mardi son avocat, déclenchant ainsi ce qui pourrait être une longue bataille juridique autour de la tentative de la Maison blanche d'influencer la politique monétaire américaine. Ces tentatives répétées de Trump contre la Fed commencent sérieusement à influencer le marché obligataire américain à long terme, les investisseurs s'inquiétant de la crédibilité et de l'autonomie de la banque centrale dans la lutte contre l'inflation. "Les États-Unis doivent émettre une dette colossale pour financer leur déficit", explique Michael Arone, stratège chez State Street Investment Management. Ce surendettement alimente les inquiétudes concernant la croissance et l'inflation. "Par conséquent, je m'attends à ce que les taux longs restent plus élevés et plus volatils que prévu par le marché". Les taux US à 30 ans flirtent à nouveau avec la barre des 5%.

Sur le Nymex, le baril de brut WTI cède encore 0,3% à 63$. L'once d'or fin recule aussi de 0,3% à 3.384$. L'indice dollar grimpe de 0,5% face à un panier de devises à 98,5 points. Le bitcoin reprend 1% vers les 111.000$.

Les valeurs

* Lockheed Martin. Après les puces, la Défense ? A la suite de l'accord peu orthodoxe qui a vu les États-Unis acquérir 10% d'Intel, Washington pourrait entrer au tour de table de grands acteurs de la Défense avec lesquels elle entretient des relations commerciales. Howard Lutnick, le secrétaire américain au Commerce, a ainsi affirmé mardi sur 'CNBC' : "ils y réfléchissent", citant des dirigeants du Pentagone, lorsqu'on lui a demandé si l'administration américaine envisageait de prendre des parts dans des entreprises telles que Lockheed Martin, Boeing ou Palantir Technologie. "il y a beaucoup de discussions à mener sur la manière dont nous finançons nos acquisitions de munitions... Il y a une discussion énorme sur la défense. Lockheed Martin tire 97% de son chiffre d'affaires du gouvernement américain. Il s'agit en fait d'un bras armé du gouvernement américain". Le locataire de la Maison blanche a indiqué lundi qu'il souhaitait que le gouvernement américain investisse davantage dans les entreprises américaines saines, mais les détracteurs de cette approche mettent en garde contre les risques que cela comporte pour la stratégie commerciale et la flexibilité du marché, et s'interrogent sur l'impact que cela aurait sur les consommateurs. Le porte-parole de la Maison Blanche, Kush Desai, a déclaré que l'administration "continuera d'explorer d'autres accords permettant aux contribuables de bénéficier des investissements réalisés par le gouvernement fédéral avec leur argent".

* Okta, l'éditeur américain de logiciels de gestion des identités et accès, flambe en pré-séance à Wall Street. Le groupe a réalisé un solide trimestre et a rehaussé sa guidance annuelle en raison de l'augmentation de la demande d'outils de cybersécurité. La société table désormais sur un chiffre d'affaires 2026 entre 2,88 et 2,89 milliards de dollars, contre 2,85 à 2,86 Mds$ prévus précédemment avec un bpa ajusté attendu entre 3,33$ et 3,38$, contre une prévision antérieure de 3,23$ à 3,28$. Sur le deuxième trimestre de son exercice financier, la firme a enregistré un bpa de 91 cents contre 72 cents un an plus tôt et 84 cents attendus. Les revenus ont grimpé de 13% à 728 M$ (697 M$ de consensus) alors que le bénéfice opérationnel ajusté a bondi de 36% à 202 M$.

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