Wall Street : lourde correction menée par les valeurs de la 'tech'...

Wall Street : lourde correction menée par les valeurs de la 'tech'

Wall Street souffre ce vendredi suite aux bons chiffres de l'emploi américain pour le mois de mai, qui font remonter les anticipations de durcissement monétaire. Le Nasdaq trébuche désormais de 1,88% à 26.327 pts, alors que le S&P 500 cède 1,02% à 7.507 pts et que le Dow Jones régresse de 0,24% à 51.436 pts. Les cours du pétrole cèdent du terrain ce jour, le baril de brut WTI abandonnant 2% à 91,2$.

Les opérateurs sont plus prudents désormais concernant le segment technologique, qui avait notablement surperformé avec en particulier une série haussière historique du compartiment des semi-conducteurs... Broadcom a dévissé hier de 12,6% sur des comptes pourtant solides - une baisse historique pour une grande capitalisation puisque le dossier a effacé un record de 280 milliards de dollars de valorisation. Le titre poursuit sa baisse aujourd'hui, accompagné par AMD, Nvidia ou Micron qui cèdent 3 à 6%...

Les commentaires des géants de l'IA interpellent. Sam Altman, patron d'OpenAI, a précisé cette semaine que les entreprises se préoccupaient de plus en plus des budgets d'IA. Dario Amodei, leader d'Anthropic, en a appelé pour sa part à un ralentissement du rythme des développements dans l'IA, alors que les systèmes s'amélioreraient si rapidement qu'ils pourraient bientôt le faire sans intervention humaine.

Le rapport sur l'emploi américain du mois de mai 2026 a positivement surpris ce vendredi d'un strict point de vue économique, mais il ravive les craintes de remontée des taux outre-Atlantique... Les créations d'emplois non agricoles pour le mois sont ressorties au nombre de 172.000, contre 85.000 de consensus FactSet. Le taux de chômage s'est établi conforme aux attentes à 4,3%. Des créations d'emplois ont été observées dans les secteurs des loisirs et de l'hôtellerie, des collectivités locales et de la santé. L'emploi dans les activités financières a diminué. Les créations d'emplois dans le privé se sont affichées à 120.000 en mai, au-dessus des attentes mais de manière moins prononcée que les créations globales. Le taux de participation à la force de travail a été de 61,8%. Le salaire horaire moyen a augmenté de 0,3% d'un mois sur l'autre et de 3,4% sur un an.

La variation de l'emploi total non agricole pour le mois de mars a été révisée à la hausse de 29.000, passant de +185.000 à +214.000, et celle d'avril de 64.000, passant de +115.000 à +179.000. Suite à ces révisions, l'emploi cumulé en mars et avril est supérieur de 93.000 aux chiffres précédemment publiés.

Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité dominante d'ici la fin de l'année (43% environ) est celle d'une hausse des taux de la Fed d'un quart de point qui porterait le taux des 'fed funds' entre 3,75% et 4%. La 'proba' d'un durcissement d'un demi-point d'ici décembre se situe à près de 21%, tandis que la probabilité de statu quo d'ici la fin de l'année ressort à 31%... Kevin Hassett, le dirigeant du Conseil économique national américain, assure pourtant ce jour que la Fed ne devrait pas relever ses taux mais au contraire assouplir sa politique... Beth Hammack, patronne de la Fed de Cleveland, n'est pas vraiment de cet avis ce vendredi, jugeant que les taux devraient être maintenus pour l'instant et qu'il pourrait ensuite être approprié d'agir contre l'inflation si les tendances récentes se prolongent.

Le contexte géopolitique demeure quant à lui tendu. Les États-Unis ont démenti les informations selon lesquelles l'Iran aurait attaqué ou tiré sur des navires de guerre américains... La Chambre des représentants a voté la fin des hostilités entre USA et Iran. "Lors d'un vote dénué de sens, la Chambre, avec quatre Républicains et tous les Démocrates, a voté pour limiter mes pouvoirs de guerre, en plein milieu de mes négociations finales pour mettre fin à la guerre avec la République islamique d'Iran. Qui peut commettre un acte aussi antipatriotique ? Ils savent où en sont les négociations. Les Démocrates sont atteints du syndrome de Trump. Ils préféreraient voir notre pays échouer plutôt que de me laisser remporter une nouvelle victoire, parmi tant d'autres. Quant aux quatre Républicains, c'est une autre histoire : ce sont des opportunistes !", a lancé Trump ce jour sur Truth Social.

La situation reste incertaine et le cessez-le-feu fragile, les négociations ne semblant pas pour l'heure porter leurs fruits. Donald Trump affirme pourtant que ces discussions en seraient à leur stade final... L'Iran a affirmé qu'aucun progrès n'avait été réalisé dans les pourparlers avec les États-Unis concernant un accord de paix intérimaire, tandis que les combats se poursuivaient au Liban malgré la déclaration de cessez-le-feu par Washington entre Israël et le pays. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré ainsi avant-hier qu'aucun progrès tangible n'avait été constaté dans le processus de négociation.

Les États-Unis et l'Iran peinent à finaliser les détails d'un accord qui devrait permettre aux deux parties de prolonger leur trêve de deux mois et à l'Iran de rouvrir le détroit d'Ormuz à la navigation commerciale. Le rejet par le Hezbollah d'un cessez-le-feu entre Israël et le Liban a encore assombri le tableau. Téhéran, allié au Hezbollah, a fait de la cessation des combats au Liban une condition essentielle des négociations de paix avec Washington. Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, a qualifié d'absurde, humiliant et insultant l'accord négocié par les États-Unis entre Israël et le Liban...

Les marchés surveillent par ailleurs les derniers développements autour de l'introduction en bourse attendue record de SpaceX, qui doit débarquer sur le Nasdaq le 12 juin. L'opération doit se traduire par une levée de fonds de 75 milliards de dollars sur une valorisation de 1.800 milliards de dollars. Bank of America, JP Morgan ou Morgan Stanley organisent des événements exclusifs pour faire la promotion de cette IPO historique. Goldman Sachs et Morgan Stanley viennent en outre de livrer des estimations de revenus et résultats très optimistes sur le dossier pour le moyen terme. Ombre au tableau, S&P Global a indiqué qu'il n'entendait pas modifier ses règles d'admission dans ses principaux indices, ce qui exclurait une entrée rapide de SpaceX au S&P 500.

Morgan Stanley prévoit que les revenus de SpaceX pourraient s'envoler à 3.400 milliards de dollars (!) d'ici 2040... pour un Ebitda ajusté de plus de 2.700 milliards. Cette prévision est largement motivée par une croissance explosive dans le secteur de l'IA. SpaceX a généré 18,7 milliards de dollars de revenus en 2025. Goldman Sachs prévoit pour sa part que les revenus de SpaceX issus de l'IA seront multipliés par 100 d'ici 2030.

Les valeurs

Lululemon (-7,3%), groupe canadien coté à Wall Street spécialisé dans la création et la commercialisation de vêtements de sport techniques pour hommes et femmes, a revu à la baisse ses prévisions financières, invoquant des difficultés conjoncturelles. Pour le deuxième trimestre 2026, Lululemon anticipe un chiffre d'affaires compris entre 2,45 et 2,48 milliards de dollars, alors que Wall Street tablait sur 2,6 milliards. Le bénéfice ajusté devrait se situer entre 1,76 et 1,81$, contre 2,7$ de consensus. Pour l'exercice, Lululemon a revu à la baisse ses prévisions de chiffre d'affaires, les ramenant de 11 à 11,15 milliards de dollars. Le bpa ajusté est attendu entre 10,95 et 11,15$.

Samsara (+3,5%), acteur californien de l'IA coté à Wall Street, a publié au titre de son premier trimestre fiscal 2027 des revenus de 479 millions de dollars, en croissance de 31% en glissement annuel et de 29% à devises constantes, pour un bénéfice GAAP par action de 8 cents. Le groupe envisage des revenus de 482 à 484 millions sur son deuxième trimestre fiscal, ainsi que des revenus annuels logés entre 2,005 et 2,013 milliards de dollars (+24%). Le bénéfice ajusté par action est attendu entre 70 et 72 cents sur l'exercice.

Docusign (-4,8%). Le géant californien de la signature électronique a publié des comptes supérieurs aux attentes mais une guidance jugée trop légère. Pour son premier trimestre fiscal, le groupe a affiché un bénéfice ajusté par action de 1,09$, contre 0,9$ un an avant, tandis que ses revenus ont totalisé 830 millions de dollars contre 764 millions un an plus tôt. Pour l'exercice clos fin janvier 2027, les revenus sont attendus entre 3,49 et 3,502 milliards de dollars, en croissance de 9% en milieu de fourchette. La marge opérationnelle ajustée est anticipée entre 30,5 et 31%. Les revenus sur le trimestre entamé sont attendus entre 865 et 869 millions de dollars.

Rubrik (-4,9%), le spécialiste californien de la gestion et de la sécurité des données cloud, a annoncé au titre de son premier trimestre fiscal 2027 une croissance de 39% des revenus à 387 millions et une augmentation de 41% des seuls revenus d'abonnements. Le bénéfice ajusté par action a été de 16 cents, contre 15 cents de perte ajustée par action un an avant. Sur l'exercice, le groupe envisage désormais un ARR d'abonnements allant de 1,854 à 1,862 milliard de dollars, des revenus de 1,638 à 1,648 milliard de dollars, ainsi qu'un bénéfice ajusté par action allant de 25 à 35 cents. Le free cash flow de cet exercice 2027 est anticipé entre 293 et 303 millions.

Planet Labs PBC (-21%), le fabricant américain de nano-satellites, a publié pour son premier trimestre une perte ajustée par action de 3 cents, conforme aux attentes, pour des revenus de 94 millions de dollars à comparer aux 66 millions de l'an dernier. Le groupe relève ses estimations de ventes annuelles entre 425 et 441 millions de dollars, évoquant une demande particulièrement forte des clients de la défense et de l'intelligence. Le backlog a atteint 906 millions de dollars, en croissance de 72% en glissement annuel.

Guidewire (-7,8%), éditeur américain de logiciels et solutions cloud pour l'assurance IARD, a publié pour son 3e trimestre fiscal des revenus de 372,5 millions, en augmentation de 27%, pour un bénéfice ajusté par action de 82 cents à comparer aux 55 cents de l'an dernier. Pour son 4e trimestre, le groupe envisage des revenus d'abonnements et de support allant de 259 à 265 millions, ainsi que des revenus totaux de 396 à 406 millions de dollars. Le bénéfice opérationnel ajusté est anticipé entre 86 et 96 millions sur la période. Sur l'exercice, les revenus sont attendus entre 1,46 et 1,47 milliard de dollars, pour un bénéfice opérationnel ajusté de 314 à 324 millions. Le cash flow opérationnel est anticipé entre 365 et 380 millions...

CooperCompanies (+7,6%) prend de la hauteur à Wall Street. Le groupe, leader des dispositifs médicaux, a annoncé ses résultats financiers pour le deuxième trimestre fiscal clos fin avril 2026. Le chiffre d'affaires du deuxième trimestre 2026 s'élève à 1,082 milliard de dollars, en hausse de 8%. Le bénéfice par action dilué GAAP s'est établi à -0,40$ en raison d'une charge liée à un litige visant à régler les réclamations en cours suite au rappel volontaire de produits effectué en décembre 2023 par CooperSurgical. Le bpa ajusté est ressorti à 1,21$, en croissance de 26%.

Tesla (-2,5%) reste surveillé avant l'IPO de SpaceX. JP Morgan a relevé sa recommandation de 'sous-pondérer' à 'neutre', indiquant, de source de marché, que la valeur serait de plus en plus liée à la conduite autonome, à la robotique, à l'IA et aux logiciels plutôt qu'aux résultats à court terme des VE. La banque a relevé son objectif de cours à 475$, citant l'excellente intégration matériel-logiciel de Tesla et son potentiel de croissance à long terme. Cependant, la firme a averti des risques réglementaires, de sécurité et d'exécution...

Société(s) citée(s) :
https://bourse.fortuneo.fr/actualites/wall-street-lourde-correction-menee-par-les-valeurs-de-la-tech-4076977
Fortuneo