Wall Street : le DJ freiné par les chiffres de l'inflation, mais pas le Nasdaq !...

Wall Street : le DJ freiné par les chiffres de l'inflation, mais pas le Nasdaq !

Wall Street s'est affiché en ordre dispersé en clôture, avec un DJ plombé par un indice des prix à la production ressorti au plus haut depuis mars 2022, tandis que le Nasdaq a encore été soutenu par le compartiment de l'IA, dans l'attente aussi des développements autour de la visite de Donald Trump à Pékin... Le Dow Jones a fléchi de 0,14% à 49.693 pts, alors que le S&P 500 a progressé de 0,58% à 7.444 pts. Le Nasdaq a grimpé de 1,20% à 26.402 pts.

Les cours du pétrole sont restés haut perchés, avec un baril de brut WTI à 101,70$, alors que la situation reste au point mort en Iran. Donald Trump a déploré la dernière proposition de Téhéran visant à mettre un terme au conflit, réagissant sur son réseau Truth Social et qualifiant la réponse iranienne de "totalement inacceptable". Téhéran a rejeté les demandes américaines de démantèlement de ses installations nucléaires et a refusé de suspendre l'enrichissement d'uranium pendant 20 ans... Dans sa contre-proposition de plusieurs pages, l'Iran propose la fin de la guerre et la réouverture progressive du détroit d'Ormuz, ainsi que la levée du blocus américain des navires iraniens. S'adressant aux journalistes avant-hier dans le Bureau ovale, Donald Trump a qualifié la réponse iranienne à sa proposition de "foutaise". L'Iran a répondu à la proposition américaine de la semaine dernière en exigeant la levée du blocus naval imposé par Washington et un allègement des sanctions, tout en conservant un certain contrôle sur le trafic dans le détroit d'Ormuz, selon une source de Bloomberg proche du dossier. Téhéran a également insisté pour que tout accord entraîne la fin immédiate des combats, y compris au Liban, où Israël mène une guerre parallèle contre le groupe militant Hezbollah...

La semaine est donc aussi marquée par la visite de Donald Trump en Chine du 13 au 15 mai, durant laquelle le président américain va tenter de faire pression sur son homologue chinois Xi Jinping concernant le dossier iranien. Trump et Xi doivent s'entretenir jeudi et vendredi à Pékin, alors qu'ils tentent de surmonter de profonds désaccords sur le commerce et la guerre israélo-américaine contre l'Iran, dont la Chine est le principal acheteur de pétrole et un allié diplomatique clé. Les revenus que la Chine verse à l'Iran, ainsi que les exportations potentielles d'armes, figureront parmi les sujets abordés lors du sommet, a déclaré selon Bloomberg l'un des responsables américains, sous couvert d'anonymat pour évoquer les préparatifs sensibles de ce sommet...

La question de Taïwan devrait également être abordée, mais aucun changement de la politique américaine à l'égard de l'île autonome n'est attendu, a déclaré un responsable américain repris par Bloomberg. Pékin a mis en garde les États-Unis contre les ventes d'armes à Taïwan, qu'elle considère comme faisant partie intégrante de son territoire, et a demandé à l'administration Trump de déclarer officiellement qu'elle s'opposait à l'indépendance de Taïwan... Les préoccupations américaines concernant l'IA et la possibilité d'ouvrir un nouveau canal de communication avec la Chine sur ce sujet seront également abordées.

Sur le front économique hier, l'indice américain des prix à la consommation du mois d'avril 2026 s'est affiché en hausse de 0,6% d'un mois sur l'autre et de 3,8% sur un an, en ligne avec les anticipations des économistes de la place. Hors alimentaire et énergie, l'IPC d'avril a progressé de 0,4% par rapport à mars et de 2,8% sur un an, ce qui ressort légèrement plus élevé que prévu, le consensus se situant à 0,3% et 2,7%, d'un mois sur l'autre et sur un an.

Ce mercredi, l'indice américain des prix à la production du mois d'avril 2026 s'est affiché en très forte progression de 1,4% d'un mois sur l'autre et de 6% sur un an ! Le consensus FactSet a été largement dépassé, puisqu'il se situait à +0,7% par rapport à mars et +5% sur un an. Hors alimentaire et énergie, les chiffres sont également éloquents, avec une inflation des prix à la production de 1% d'un mois sur l'autre et de 5,2% sur un an (respectivement +0,3% et +4,3% de consensus FactSet). Un mois plus tôt, en données révisées, l'indice des prix à la production affichait une hausse de 0,7% d'un mois sur l'autre ou de 0,2% hors alimentaire et énergie.

Les réserves de brut aux Etats-Unis ont nettement reculé la semaine passée. D'après le Département américain à l'Energie, les stocks domestiques de brut, hors réserve stratégique, ont diminué de 4,3 millions de barils sur la semaine close le 8 mai, à 452,9 millions de barils. Les stocks d'essence ont chuté de 4,1 millions de barils, tandis que les stocks de produits distillés ont progressé légèrement de 0,2 mb.

Jeudi, inscriptions hebdomadaires au chômage, ventes de détail, prix à l'import et stocks des entreprises seront au programme. Enfin, vendredi, les marchés observeront l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York ainsi que la production industrielle.

Les responsables de la Fed seront nombreux à s'exprimer durant la semaine, alors que les anticipations de hausse de taux montent en puissance ces derniers jours. Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité de statu quo monétaire le 17 juin à l'issue de la prochaine réunion FOMC se situe à 98,5%, et la probabilité que les taux demeurent inchangés jusqu'à la fin de l'année atteint 62,5%. Le même outil montre une 'proba' de 31,5% désormais que la Fed relève ses taux d'un quart de point d'ici la fin de l'année, face au risque d'inflation...

La présidente de la Fed de Boston, Susan Collins, a déclaré ce mercredi que la banque centrale américaine pourrait devoir relever ses taux d'intérêt si les pressions inflationnistes ne se modèrent pas. "Bien que cela ne fasse pas partie de mes perspectives les plus probables, j'envisage un scénario où un resserrement de la politique monétaire serait nécessaire pour garantir un retour durable de l'inflation à 2% dans les meilleurs délais", a-t-elle indiqué devant le Boston Economic Club.

Kevin Warsh a obtenu quant à lui la confirmation du Sénat pour son poste au Conseil des gouverneurs de la Fed, ce qui le rapproche un peu plus de la direction de la banque centrale américaine. Il doit prendre la succession de Jerome Powell à la présidence de la Fed d'ici quelques jours. Le Sénat américain a donc approuvé hier, par 51 voix contre 45, la nomination de Warsh au Conseil des gouverneurs. Il s'agit de la première étape d'un processus en deux temps qui doit faire du candidat désigné de Trump le prochain président de la banque centrale. Le vote de confirmation crucial est attendu ce mercredi, deux jours seulement avant l'expiration du mandat de Powell.

Du côté des grands stratèges de la place, les révisions en hausse d'objectifs sur le S&P 500 se poursuivent à mesure que l'indice historique bat ses records. Morgan Stanley vient de porter sa cible à 8.000 pts pour la fin de l'année, contre 7.800 pts auparavant...

Les valeurs

Nvidia (+2,2%). Jensen Huang prendra part à la visite de Donald Trump en Chine, ce qui constitue une relative surprise puisque le dirigeant n'était pas dans la liste initiale dévoilée. Huang a été aperçu montant à bord d'Air Force One lors d'une escale de ravitaillement en Alaska. Trump est attendu à Pékin pour des rencontres avec Xi. Outre le commerce, les discussions porteront sur de nombreux sujets épineux, de la guerre en Iran aux armes nucléaires en passant par les ventes d'armes américaines à Taïwan. La question des restrictions sur les puces d'IA avancée demeure quant à elle essentielle pour le groupe de Huang.

Anthropic, la startup d'IA dirigée par Dario Amodei, aurait, selon le Wall Street Journal, reçu des offres d'investissements valorisant le groupe plus de 900 milliards de dollars. Ainsi, la jeune pousse serait devenue le nouveau leader du secteur, dépassant OpenAI et ChatGPT - du moins dans la course à la valorisation. Les deux startups sont des clients majeurs de Nvidia.

Alibaba (+8,1%), le géant chinois du commerce en ligne vient de publier pour son 4e trimestre fiscal 2026 clos en mars des revenus de 243,4 milliards de yuans (environ 35,3 milliards de dollars), en augmentation de 3% en glissement annuel. Hors chiffre d'affaires des activités cédées de Sun Art et d'Intime, le chiffre d'affaires à périmètre comparable aurait progressé de 11%. La perte d'exploitation s'est élevée à 848 millions de yuans (123 M$), contre un bénéfice d'exploitation de 28,5 milliards sur le même trimestre de 2025. L'EBITA ajusté a en effet chuté de 84% à 5,1 milliards de yuans (740 M$), principalement du fait des investissements dans les activités technologiques, le commerce rapide et l'expérience utilisateur. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires ordinaires a été de 25,5 milliards de yuans, dopé par les investissements equity, mais le bénéfice net ajusté, plus représentatif, s'est totalement effondré à 86 millions de yuans (12 M$), soit 0,62 yuan (0,09$) par ADS. Les résultats ressortent donc inférieurs aux attentes.

Nebius (+15,7%), le groupe néocloud néerlandais coté au Nasdaq a publié pour son premier trimestre 2026 des revenus de 399 millions de dollars, multipliés par près de huit en comparaison de l'an dernier. L'Ebitda ajusté est passé dans le vert à 129,5 M$ contre -53,7 M$ un an avant, mais la perte nette ajustée s'est creusée à 100,3 M$ contre 83,6 M$ un an plus tôt. La guidance de capacités à fin 2026 est relevée à plus de 4 GW. Nebius se dit en bonne voie pour réaliser des revenus 2026 de 3 à 3,4 milliards de dollars et un ARR de 7-9 milliards de dollars. La marge d'Ebitda ajusté 2026 est attendue voisine des 40%. La position de cash en fin de premier trimestre atteint 9,3 milliards de dollars.

Société(s) citée(s) :
https://bourse.fortuneo.fr/actualites/wall-street-le-dj-freine-par-les-chiffres-de-l-inflation-mais-pas-le-nasdaq-4463916
Fortuneo