Wall Street décroche avec Tesla et Alphabet...

Wall Street décroche avec Tesla et Alphabet

Wall Street corrige lourdement ce jeudi avec Alphabet et Tesla, le Nasdaq décrochant de 2,26% à 25.109 pts, contre un recul de 1,16% à 7.412 pts sur le S&P 500 et une baisse de 0,91% à 51.743 pts sur le DJIA. La nervosité est palpable, alors que Tesla a largement manqué le consensus de profits et qu'Alphabet a relevé de 15 milliards de dollars ses plans de capex. L'escalade des tensions au Moyen-Orient pèse également toujours. Le baril de brut WTI prend 5,6% à 91,7$. L'once d'or fin cède 1,7% à 4.059$. L'indice dollar gagne 0,3% face à un panier de devises.

Dans l'actualité géopolitique, la prudence domine face à l'évolution de la situation au Moyen-Orient, où l'escalade des hostilités entre les États-Unis et l'Iran ne montre guère de signes d'apaisement. Les opérateurs craignent que le conflit ne s'étende à d'autres zones du Golfe, perturbant davantage l'approvisionnement mondial en pétrole en provenance de la région. Les Houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont revendiqué des attaques contre deux pétroliers saoudiens en mer Rouge...

Washington semble pour sa part plutôt intensifier sa campagne, alors même que des médiateurs tentent pourtant de relancer une solution diplomatique. Avant-hier, Trump a indiqué que les États-Unis n'avaient aucun intérêt à rencontrer l'Iran... Il avait précédemment promis que l'Iran paierait pour la mort de trois soldats américains survenue ces derniers jours, alors même que des médiateurs proposaient une nouvelle trêve dans un contexte d'élargissement du conflit au Moyen-Orient. Le conflit semble donc toujours loin d'être résolu, malgré les annonces à répétition d''accord imminent'.

Sur le front économique à Wall Street ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 18 juillet se sont établies à 187.000 seulement, contre 215.000 de consensus FactSet et 209.000 une semaine avant. L'indice d'activité nationale de la Fed de Chicago pour le mois de juin, qui vient aussi d'être publié, est ressorti négatif à -0,02 contre -0,19 un mois avant.

Enfin, l'indice flash PMI composite américain de juillet et les ventes de logements neufs du mois de juin seront annoncés demain.

Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, les publications financières trimestrielles s'accélèrent cette semaine. Alphabet, Tesla, Texas Instruments, IBM, ServiceNow, CSX ou Kinder Morgan publiaient hier soir. Intel (après bourse), RTX, T-Mobile US, Thermo Fisher Scientific, SAP, Union Pacific, Lockheed Martin, Newmont, Blackstone, Comcast, Freeport-McMoran, Norfolk Southern, Honeywell, Digital Realty Trust, Roper, PG&E, Edwards Lifesciences et Nasdaq Inc., annoncent ce jeudi. American Express, NextEra, Verizon, Tenet Healthcare, Charter Communications, SLB et HCA Healthcare, publieront enfin vendredi.

Les valeurs

Tesla (-13,2%), le constructeur texan de véhicules électriques, ne fait pas vraiment rêver les investisseurs. Le groupe d'Elon Musk a publié pour son 2e trimestre fiscal des revenus de 28,24 milliards de dollars, en croissance de 26% en glissement annuel, mais un bénéfice ajusté par action inférieur aux attentes à 33 cents. Les lourds investissements consentis en R&D ont affecté la rentabilité.

Le bénéfice net consolidé est retombé à 1,11 milliard de dollars contre 1,17 milliard un an avant, malgré la vive progression de l'activité. Le bpa ajusté se compare désavantageusement au consensus, qui était de 54 cents. Pourtant, les revenus battent quant à eux ce consensus, logé à 26,5 milliards de dollars. Les dépenses R&D ont grimpé pour leur part de 49% à près de 2,4 milliards de dollars. Le bénéfice net ajusté a décliné à 1,15 milliard de dollars (-17%) contre 1,39 milliard sur la période comparable de l'an dernier.

Parmi les autres mesures clés, la marge brute a déçu à 16,8%, tandis que la marge automobile a corrigé à 16,3% hors crédits. La marge opérationnelle a chuté à 1,4% contre 4,1% un an avant. Le free cash flow est négatif de 1,09 milliard de dollars, mais les investisseurs attendaient pire encore de ce point de vue. Un an plus tôt, à la même époque, Tesla avait généré 146 millions de dollars de FCF.

La production du Cybercab a débuté sur la Gigafactory texane. Le Robotaxi opère quant à lui à travers sept zones métropolitaines américaines majeures. Les lignes de production de première génération d'Optimus, robot humanoïde du groupe, sont en cours d'installation, la production devant débuter cette année.

En termes de rentabilité, Tesla indique que tout en poursuivant ses innovations visant à réduire les coûts de fabrication et d'exploitation, le groupe prévoit qu'à terme, les bénéfices liés au matériel s'accompagneront d'une accélération des profits générés par l'IA, les logiciels et les services liés à la flotte.

Alphabet (-6,6%), la maison mère de Google et YouTube, a publié pour son 2e trimestre fiscal 2026 des revenus consolidés en progression de 24% (soit 23% à taux de change constants) à 119,8 milliards de dollars, reflétant une solide performance de l'ensemble des activités et un douzième trimestre consécutif de croissance du chiffre d'affaires à deux chiffres.

Le résultat net attribuable aux actionnaires ordinaires a augmenté de 298% à 112,1 milliards de dollars (!) et le bénéfice par action a progressé de 294% pour atteindre 9,11$, mais il reflète ici encore des éléments non récurrents massifs liés aux gains non réalisés sur titres de participation. En dehors de ces éléments, le bénéfice ajusté par action serait assez proche du consensus de place, qui se situait à environ 2,9$ pour 117 milliards de dollars de revenus.

Le bénéfice opérationnel trimestriel, plus représentatif de la réalité des marges, a atteint 40,8 milliards de dollars sur le trimestre clos contre 31,3 milliards de dollars un an auparavant. La marge opérationnelle atteint donc 34% contre 32% un an plus tôt, à la même période.

Le niveau de capex, à 44,9 milliards de dollars sur le trimestre, est pour sa part plus élevé qu'attendu, et Alphabet table désormais sur un capex de 195 à 205 milliards de dollars pour l'exercice, contre 180 à 190 milliards auparavant. Des plans de dépenses de capitaux révisés en hausse de 15 milliards de dollars, ce qui pèse sur le cours ce jour, d'autant que le bénéfice trimestriel hors éléments est à peine en ligne avec les anticipations.

IBM (+0,3%), qui a raté hier soir le consensus de revenus sur le trimestre clos et abaissé ses prévisions annuelles de ce point de vue, semble enfin encaisser les mauvaises nouvelles en bourse. Il faut dire que le groupe avait préparé les opérateurs en livrant un avertissement plus tôt ce mois. Pour son 2e trimestre fiscal, le groupe a publié des revenus de 17,2 milliards de dollars en croissance de 1,1% seulement, pour un bénéfice ajusté par action de 2,93$ tout juste en ligne avec le consensus. Le free cash flow a représenté 2,5 milliards de dollars.

IBM prévoit désormais une croissance du chiffre d'affaires annuel à taux de change constants comprise entre 4 et 5%. Aux taux de change actuels, l'impact des devises devrait être neutre sur la croissance pour l'année. L'entreprise continue de prévoir une augmentation du flux de trésorerie disponible annuel d'environ 1 milliard de dollars d'une année sur l'autre. La guidance de croissance des revenus software 2026 est revue en baisse à 6-8%.

Texas Instruments (-3,7%) a publié hier soir un chiffre d'affaires de 5,46 milliards de dollars sur le deuxième trimestre, en hausse de 23% sur un an, et légèrement supérieur aux attentes qui se situaient à 5,25 milliards. Le groupe y voit notamment la confirmation du dynamisme des investissements, de la part des acteurs technologiques, nécessaire au développement de l'intelligence artificielle. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 2,14$, également meilleur qu'attendu.

Concernant le troisième trimestre en cours, la prévision émise par Texas Instruments se situe, là encore, au-dessus des attentes de Wall Street. Le groupe le situe entre 5,65 et 6,15 milliards d'euros, dépassent le consensus. Le bénéfice par action sur la période est anticipé entre 2,23 et 2,57$.

ServiceNow (-0,7%), plateforme cloud permettant aux entreprises d'améliorer leur efficience opérationnelle, a publié un 2e trimestre robuste, affichant en particulier des revenus d'abonnements de 3,88 milliards de dollars en croissance de 23% en glissement annuel et à devises constantes. Le groupedépasse la borne supérieure de ses prévisions pour l'ensemble des indicateurs de croissance du chiffre d'affaires et de rentabilité du deuxième trimestre 2026, et relève ses perspectives de revenus d'abonnement pour l'exercice complet.

Le chiffre d'affaires total atteint 3,99 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, soit une croissance de 24% sur un an (22,5% à taux de change constants). Les obligations de performance restantes totales sont de 29 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, soit une croissance de 21% sur un an. La valeur contractuelle annuelle des solutions d'IA de ServiceNow a franchi le cap du milliard de dollars au deuxième trimestre 2026.

RTX (+7%), le contractant américain de défense, a publié pour son 2e trimestre des revenus de 24,7 milliards de dollars en croissance de 14% en données consolidées et 16% en organique. Le bénéfice ajusté par action a progressé de 21% à 1,89$. Le cash flow opérationnel a été de 3,5 milliards et le free cash flow de 2,9 milliards. Le backlog du groupe atteint désormais 289 milliards de dollars. RTX relève par ailleurs ses estimations financières annuelles, tablant désormais sur des revenus ajustés de 95 à 96 milliards, une croissance organique de 8-9%, un bpa ajusté 7,10 à 7,25$ et un FCF de 8,5 à 8,75 milliards de dollars.

Lockheed Martin (+10,3%), le contractant de défense du Maryland, a publié des comptes supérieurs aux attentes pour son 2e trimestre, affichant des revenus de 20,1 milliards de dollars (+11%) et un bénéfice net de 1,8 milliard de dollars, 7,94$ par titre. Le cash flow des opérations a été de 3,2 milliards de dollars et le free cash flow de 2,9 milliards. Le backlog atteint un record de 230 milliards de dollars. Les prévisions financières annuelles sont révisées en hausse, le groupe envisageant désormais des revenus allant de 79,75 à 81,75 milliards de dollars, un bénéfice opérationnel de 8,5 à 8,7 milliards, ainsi qu'un bpa dilué allant de 29,95 à 30,65$. Le free cash flow annuel est anticipé entre 7 et 7,2 milliards de dollars.

T-Mobile US (-5,4%) a publié au titre de son 2e trimestre un bénéfice net de 3,2 milliards de dollars en légère hausse de 1%, pour un bénéfice ajusté par action de 2,99$ en hausse de 5% et incluant l'impact des coûts de fusion UScellular. Les revenus se sont établis à 22,8 milliards (+9%), avec une progression de 9% dans les services à 19 milliards de dollars. L'Ebitda ajusté a été de 9,5 milliards de dollars, en croissance de 12%. Le free cash flow ajusté a augmenté de 4% à 4,8 milliards. T-Mobile table désormais sur un FCF ajusté allant de 18,4 à 18,8 milliards de dollars sur l'exercice, soit une révision en hausse.

Blackstone (-1,1%), la firme américaine d'investissement, a publié au titre de son 2e trimestre des revenus de 5,04 milliards de dollars, ainsi qu'un bpa ajusté de 1,52$ nettement supérieur au consensus. Le bénéfice distribuable a atteint 1,97 milliard de dollars. Les actifs totaux sous gestion ont progressé de 11% à environ 1.350 milliards de dollars.

Honeywell (+6,7%), le groupe industriel américain diversifié actif notamment dans l'aérospatiale, a dépassé les attentes de marché au 2e trimestre et relevé ses prévisions financières. Les revenus se sont appréciés de 4% à 9,72 milliards de dollars, pour un bénéfice opérationnel en repli de 6% à 1,74 milliard de dollars. Le bénéfice par action des opérations poursuivies a quadruplé à 17,83$, mais le bénéfice ajusté par action a régressé de 4% à 4,52$. Le cash flow des opérations a grimpé de 20% à 1,28 milliard de dollars. Le free cash flow s'est amélioré de 43% à 1,25 milliard. Les commandes ont augmenté de 4%, portant le backlog à 38 milliards.

Honeywell révise ses prévisions pour l'exercice complet à la suite de ce solide deuxième trimestre et "d'une amélioration des fondamentaux de la croissance organique dans les secteurs des procédés et de l'industrie pour le second semestre".

American Airlines (-7,8%). La compagnie aérienne a de nouveau abaissé ses prévisions de bénéfices pour 2026 et a fait état d'une hausse de 83% de ses coûts de carburant. Le groupe prévoit désormais un bpa ajusté allant de -65 à +65 cents pour l'année, ainsi qu'un bpa ajusté T3 allant de -70 cents à -10 cents. Au deuxième trimestre, American a enregistré un chiffre d'affaires record de 16,7 milliards de dollars, en hausse de 16%, pour un bpa ajusté de 15 cents.

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