Wall Street dans le rouge, c'est possible !...

Wall Street dans le rouge, c'est possible !

Wall Street s'affiche dans le rouge avant bourse ce mardi, une couleur que la place américaine ne semblait plus pouvoir connaître, suite au rallye historique des valeurs des semi-conducteurs et de l'IA ces derniers jours. Le Nasdaq 100 est attendu en recul de 0,6%, tandis que le S&P 500 perd 0,3% et le Dow Jones 0,1%. Les espoirs d'une solution rapide au conflit en Iran s'amenuisent en effet, tandis que le niveau élevé des valorisations technologiques incite à une certaine prudence ou du moins à quelques prises de bénéfices. Les cours du pétrole sont orientés en légère hausse, avec un baril de brut WTI en progression de 1,5% à 99,5$.

Les espoirs d'un accord permettant la navigation dans le détroit d'Ormuz sont donc minces. Parallèlement, la forte hausse des valeurs technologiques s'est essoufflée un peu et les investisseurs attendent désormais les chiffres de l'inflation américaine. Le président américain Donald Trump a déclaré que le cessez-le-feu en vigueur depuis un mois avec l'Iran était "sous assistance respiratoire", la réponse de Téhéran à un plan américain de fin de guerre ayant montré le désaccord entre les deux parties sur certains points clés. Trump a déploré avant-hier la dernière proposition de Téhéran visant à mettre un terme au conflit, réagissant sur son réseau Truth Social et qualifiant la réponse iranienne de "totalement inacceptable".

Téhéran a rejeté les demandes américaines de démantèlement de ses installations nucléaires et a refusé de suspendre l'enrichissement d'uranium pendant 20 ans, selon le Wall Street Journal. Trump a donc rapidement dénoncé la réponse iranienne "inacceptable". Dans sa contre-proposition de plusieurs pages, l'Iran proposerait la fin de la guerre et la réouverture progressive du détroit d'Ormuz, ainsi que la levée du blocus américain des navires iraniens.

Le président iranien Massoud Pezeshkian ne compte pas lâcher non plus. "Nous ne nous inclinerons jamais devant l'ennemi, et si l'on parle de dialogue ou de négociation, cela ne signifie ni capitulation ni retraite", a-t-il déclaré sur le réseau X en persan... De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a été clair dimanche : la guerre n'est pas terminée. Il a insisté sur la nécessité de priver l'Iran de son stock d'uranium enrichi et de démanteler les capacités militaires des milices alliées de Téhéran.

Sur le front économique cette semaine aux États-Unis, les opérateurs suivent ce mardi les chiffres de l'inflation des prix à la consommation du mois d'avril (14h30, consensus +0,6% d'un mois sur l'autre et +3,7% sur un an selon FactSet, ou +0,3% et +2,7% hors alimentation et énergie) et la balance budgétaire du même mois (20 heures, consensus FactSet +226 milliards de dollars).

Demain, les investisseurs surveilleront également l'indice des prix à la production (14h30) et le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques (16h30). Jeudi, inscriptions hebdomadaires au chômage, ventes de détail, prix à l'import et stocks des entreprises seront au programme. Enfin, vendredi, les marchés observeront l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York ainsi que la production industrielle.

Les responsables de la Fed seront nombreux à s'exprimer durant la semaine, avec John Williams et Austan Goolsbee ce mardi, Susan Collins, Neel Kashkari ou Lorie Logan demain, mais aussi Beth Hammack, John Williams et Michael Barr jeudi. Notons que Goldman Sachs a repoussé ses prévisions de baisse des taux de la Fed à décembre 2026 et mars 2027, contre des baisses initialement prévues en septembre et décembre de cette année, expliquant que les prix élevés de l'énergie maintiendraient probablement l'inflation à un niveau élevé. Bank of America, pour sa part, prévoit désormais que la Fed maintiendra le statu quo jusqu'à la fin de l'année et vise ensuite deux baisses de 25 points de base en juillet et septembre 2027... Notons que les stratèges de la place sont aussi nombreux ce jour à revoir en hausse leurs objectifs sur le S&P 500 d'ici la fin de l'année. HSBC, par exemple, vise désormais 7.650 pts.

La semaine sera aussi marquée par la visite de Trump en Chine du 13 au 15 mai, visite durant laquelle le président américain entendrait faire pression sur son homologue chinois Xi Jinping concernant l'Iran. Trump devrait interroger Xi sur sa politique à l'égard de l'Iran et finaliser les détails d'un nouveau conseil de commerce lors de leur rencontre cette semaine à Pékin, ont indiqué à Bloomberg de hauts responsables américains, quelques heures avant que la Chine ne confirme la visite d'État.

Trump et Xi doivent s'entretenir jeudi et vendredi à Pékin, alors qu'ils tentent de surmonter de profonds désaccords sur le commerce et la guerre israélo-américaine contre l'Iran, dont la Chine est le principal acheteur de pétrole et un allié diplomatique clé, résume l'agence. Dans le cadre des derniers préparatifs du premier voyage présidentiel américain en Chine depuis près de dix ans, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, rencontrera son homologue chinois, He Lifeng, mercredi à Séoul pour des discussions de dernière minute, précise Bloomberg, citant les deux parties.

Les revenus que la Chine verse à l'Iran, ainsi que les exportations potentielles d'armes, figureront parmi les sujets abordés lors du sommet, a déclaré selon Bloomberg l'un des responsables américains, sous couvert d'anonymat pour évoquer les préparatifs sensibles du sommet.

La guerre contre l'Iran, qui dure depuis trois mois, a exacerbé les tensions entre les deux plus grandes économies mondiales, alors même qu'elles s'efforcent de stabiliser leurs relations et de maintenir une trêve commerciale fragile, analyse l'agence. Les États-Unis ont sanctionné plusieurs entreprises chinoises pour avoir acheté du pétrole iranien ou fourni des images satellites à la République islamique, tandis que l'administration Trump subit une pression croissante pour mettre fin à un conflit qui a déclenché une crise énergétique historique.

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères cité par Bloomberg a déclaré que les deux dirigeants échangeraient leurs points de vue sur les questions majeures concernant les relations sino-américaines, ainsi que la paix et le développement dans le monde. Signe de coopération, la Chine a annoncé avoir démantelé un réseau transfrontalier de trafic de drogue lors d'une opération conjointe avec les États-Unis.

La question de Taïwan devrait également être abordée, mais aucun changement de la politique américaine à l'égard de l'île autonome n'est attendu, a déclaré un responsable américain repris par Bloomberg. Pékin a mis en garde les États-Unis contre les ventes d'armes à Taïwan, qu'elle considère comme faisant partie intégrante de son territoire, et a demandé à l'administration Trump de déclarer officiellement qu'elle s'opposait à l'indépendance de Taïwan... Les préoccupations américaines concernant l'IA et la possibilité d'ouvrir un nouveau canal de communication avec la Chine sur ce sujet seront également abordées.

En ce qui concerne les entreprises cotées à Wall Street, JD.com publie aujourd'hui ses derniers résultats financiers. Cisco tiendra la vedette mercredi soir après bourse avec ses derniers comptes. Alibaba, Nebius et Tower Semiconductor annonceront également mercredi. Applied Materials dévoilera ses derniers chiffres après bourse jeudi.

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