Wall Street dans le rouge, alors que le conflit se poursuit au Moyen-Orient...

Wall Street dans le rouge, alors que le conflit se poursuit au Moyen-Orient

Wall Street consolide ce mardi, le Dow Jones régressant de 0,10% à 46.164 pts, le S&P 500 de 0,24% à 6.565 pts et le Nasdaq de 0,64% à 21.807 pts. Il faut dire que malgré la tentative d'apaisement de Trump hier, les combats entre l'Iran et l'alliance israélo-américaine se poursuivent. Le président américain avait pourtant fait état hier de pourparlers supposés pour mettre fin au conflit.

L'Iran a lancé encore des attaques de missiles et de drones dans la nuit contre les villes israéliennes d'Eilat, de Dimona et de Tel-Aviv, ainsi que contre des bases américaines au Moyen-Orient, relate Bloomberg. L'Arabie saoudite a déclaré avoir intercepté un drone dans sa région orientale, et le Koweït a signalé des coupures de courant sur certaines lignes électriques après une attaque iranienne. Des sirènes ont retenti à Bahreïn, détaille encore l'agence. En Iran, l'agence de presse Fars a rapporté des attaques américano-israéliennes ayant endommagé une usine de régulation de pression de gaz et un bâtiment administratif à Ispahan. Une frappe aurait également visé un gazoduc alimentant la centrale à cycle combiné de Khorramshahr, dans le sud-ouest de l'Iran, toujours selon Fars, repris par Bloomberg.

L'Iran se montre de plus en plus méfiant face aux efforts visant à obtenir un cessez-le-feu, craignant selon le Wall Street Journal que les négociations n'exposent ses hauts dirigeants à des risques accrus. Le WSJ indique que les autorités de Téhéran s'inquiètent de ce que des pourparlers directs puissent servir de prétexte à une tentative d'assassinat contre le président du Parlement, Mohammad-Bagher Ghalibaf, l'une des rares personnalités de haut rang à avoir échappé jusqu'à présent aux frappes israéliennes. L'article ajoute que l'Iran est également sceptique quant à la décision de Trump de reporter les frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes, y voyant potentiellement une manoeuvre pour faire baisser les prix du pétrole avant la reprise des hostilités...

Hier, Wall Street avait tenté un rebond, Trump évoquant des discussions "très fructueuses" avec l'Iran. Mais les médias iraniens ont démenti et le ministère iranien des Affaires étrangères a affirmé qu'il n'y avait pas de pourparlers, accusant Trump de gagner du temps pendant que les efforts de désescalade se poursuivent.

"J'ai le plaisir de vous annoncer que les États-Unis d'Amérique et l'Iran ont eu, ces deux derniers jours, des échanges très constructifs et fructueux en vue d'un règlement complet et définitif de nos hostilités au Moyen-Orient. Compte tenu de la teneur et du ton de ces discussions approfondies, détaillées et constructives, qui se poursuivront tout au long de la semaine, j'ai donné instruction au Département de la Guerre de reporter toute frappe militaire contre les centrales électriques et les infrastructures énergétiques iraniennes pour une période de cinq jours, sous réserve du succès des réunions et discussions en cours", avait pourtant expliqué Trump sur son réseau Truth Social.

"Nous avons eu des discussions très, très franches... Nous verrons où elles nous mèneront. Nous avons des points d'accord, des points d'accord majeurs, je dirais même que nous sommes d'accord sur presque tous les points...", avait ensuite insisté Trump devant les journalistes, indiquant que Mojtaba Khamenei serait injoignable et qu'il "ne le considère par comme le chef". MM. Witkoff et Kushner auraient mené ces discussions, qui se seraient "parfaitement déroulées". Interrogé sur l'identité de l'interlocuteur du diplomate américain Steve Witkoff, Trump a expliqué aux journalistes qu'il ne pouvait la divulguer... pour ne pas le mettre en danger, mais qu'il s'agissait d'"une personne de premier plan" en Iran... "Nous avons affaire à l'homme qui, je crois, est le plus respecté et le 'chef'. C'est un peu difficile - nous avons éliminé tout le monde", a résumé Trump, selon lequel l'interlocuteur en question n'est pas le Guide suprême. Il a tout de même précisé qu'il "ne pouvait pas garantir un deal".

Les cours du brut remontent donc aujourd'hui, le baril WTI reprenant 4,6% à 92,2$. Le baril de Brent de la mer du Nord se redresse de 3,7% à 99,5$.

Alors que le conflit en Iran entre dans sa quatrième semaine, la volatilité est donc toujours aussi forte au gré des humeurs de Trump et des réponses de l'Iran. Les tensions s'étaient apparemment accentuées durant le week-end. Le président américain avait déclaré qu'il ne voulait pas de cessez-le-feu et la rhétorique belliqueuse entre États-Unis et Iran s'était intensifiée. Trump avait ainsi lancé un ultimatum de 48 heures, affirmant que si le détroit d'Ormuz restait fermé, il ordonnerait des attaques contre les infrastructures énergétiques iraniennes, Téhéran promettant pour sa part des représailles ciblées sur les infrastructures énergétiques et de désalinisation des pays du Golfe.

Ce mardi, les marchés surveillent les chiffres finaux de la productivité du quatrième trimestre (+1,8% pour la productivité non-agricole et +4,4% pour les coûts unitaires du travail, contre des consensus FactSet de +2% et +2,2%, respectivement), l'indice PMI composite flash de mars (ressorti à 51,4 contre un consensus FactSet de 51,7, avec un indice manufacturier de 52,4 et un indice des services de 51,1), ainsi que l'indice manufacturier de la Fed de Richmond pour le mois de mars (qui ressort quasiment nul contre -5 de consensus).

Demain, les opérateurs suivront les commandes de biens durables, les prix à l'import et à l'export, la balance des comptes courants, ou encore le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains. Les inscriptions hebdomadaires au chômage et l'indice manufacturier de la Fed de Kansas City sont attendus jeudi. Enfin, vendredi, les marchés prendront connaissance de la balance du commerce international de biens, ainsi que de l'indice du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan.

Concernant la Fed, les marchés anticipent désormais un statu quo monétaire jusqu'à la fin de l'année (probabilité de 72,2% selon l'outil CME FedWatch) voire même une possible hausse de taux d'un quart de point (probabilité de 18,4%).

Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, GameStop, KB Home, Core & Main et Smithfield Foods publient leurs résultats financiers trimestriels aujourd'hui. Jefferies Financial, Chewy, Paychex, Cintas et PDD annoncent mercredi. Carnival est attendu vendredi.

Les valeurs

Broadcom (-2%), le fabricant américain de puces, dit selon Reuters constater des contraintes au niveau de sa chaîne d'approvisionnement, notamment des limites de capacité chez son partenaire majeur de fabrication, le groupe taïwanais TSMC, illustrant les répercussions de la forte demande en puces d'IA. "Nous constatons que TSMC atteint ses limites de capacité de production", a déclaré ce mardi Natarajan Ramachandran, directeur du marketing produit de la division Produits de couche physique de Broadcom, aux journalistes, selon des commentaires rapportés par Reuters.

Oracle (-3,8%), le géant américain des logiciels d'entreprise, repense selon Reuters son logiciel financier cloud utilisé par les grandes entreprises afin de l'intégrer à des agents d'IA et de permettre aux utilisateurs de poser des questions métier au système, tandis que l'IA se chargera de trouver les données. Ces changements s'inscrivent selon l'agence dans une tendance plus large voulant que les fournisseurs de logiciels d'entreprise hautement spécialisés les adaptent pour qu'ils soient utilisés par des agents d'IA capables d'effectuer des tâches pour le compte des utilisateurs.

Alibaba (-1,5%) lance une nouvelle puce dédiée à l'IA agentique et au calcul inférentiel. Le centre de recherche de l'entreprise basée à Hangzhou, Damo Academy, a dévoilé ainsi aujourd'hui le XuanTie C950, processeur central basé sur l'architecture RISC-V et optimisé pour le cloud computing. Ce processeur permet aux clients de personnaliser la puce en fonction de leurs besoins spécifiques en matière d'inférence, a indiqué le groupe, cité par Bloomberg. L'agence rappelle qu'Alibaba est l'un des leaders chinois de l'IA, et que sa filiale de semi-conducteurs T-Head ambitionne de concurrencer Nvidia ou Huawei sur le marché chinois.

Amazon (-1,1%) a annoncé que sa région Amazon Web Services (AWS) au Bahreïn était perturbée en raison du conflit actuel au Moyen-Orient. Selon un porte-parole d'Amazon interrogé par Reuters, cette perturbation est due à des survols de drones dans la zone. Amazon a indiqué aider ses clients à migrer vers d'autres régions AWS pendant la phase de rétablissement du service, sans toutefois fournir de précisions sur l'étendue des dégâts ni sur la durée prévue de la perturbation, indique Reuters.

Core & Main (+1,9%) a publié au titre de son 4e trimestre fiscal un bénéfice net de 73 millions de dollars (+9%) et un bénéfice ajusté par action de 52 cents (+2%), pour des revenus de 1,58 milliard de dollars (-7%). Le distributeur de produits et services liés à l'eau, aux eaux usées, au drainage pluvial et à la protection contre l'incendie, a affiché sur l'exercice un bénéfice net de 462 millions de dollars (+6%) et des revenus de 7,65 milliards de dollars (+3%). Le groupe envisage pour 2026 des revenus allant de 7,8 à 7,9 milliards de dollars.

Smithfield Foods (+5,4%), plus grand producteur de porc des États-Unis, a publié des résultats historiques pour son exercice 2025, affichant des revenus de 15,5 milliards de dollars en croissance de 9,8%, pour un bénéfice opérationnel de 1,29 milliard de dollars en augmentation de 16% et un bénéfice opérationnel ajusté de 1,34 milliard en progression de plus de 30%. Le bénéfice ajusté dilué par action a été de 2,55$. Sur le 4e trimestre, les revenus ont progressé de 7% à 4,2 milliards, pour un bpa ajusté de 83 cents.

Tesla (+1,7%). Pour Wedbush, l'usine de puces 'Terafab' d'Elon Musk à Austin est essentielle à la stratégie d'IA de Tesla, alimentant voitures, robots, mais aussi centres de données de SpaceX. Ces installations visent une capacité d'un térawatt, soit le double de la production américaine actuelle, afin de pallier les limitations des fournisseurs actuels. Selon Wedbush, ce projet accélère les ambitions de Tesla en matière d'IA et pourrait jeter les bases d'une fusion Tesla-SpaceX vers 2027.

Société(s) citée(s) :
https://bourse.fortuneo.fr/actualites/wall-street-dans-le-rouge-alors-que-le-conflit-se-poursuit-au-moyen-orient-2121963
Fortuneo