Wall Street corrige, en attendant Alphabet et Tesla...

Wall Street corrige, en attendant Alphabet et Tesla

Wall Street perd du terrain avant bourse ce mercredi, effaçant une bonne partie des gains de la veille. Le Dow Jones cède 0,1%, le S&P 500 0,3% et le Nasdaq 100 environ 0,9%. Hier soir, le DJIA s'accordait 0,74%, le S&P 0,89% et le Nasdaq 1,29%, avec quelques beaux rebonds dans le compartiment de l'IA, notamment dans les puces mémoire (Micron et SK Hynix). Les opérateurs suivront après bourse ce jour les comptes d'Alphabet, de Tesla, d'IBM ou encore de Texas Instruments.

Les cours du pétrole repartent en vive hausse ce mercredi avec l'incertitude géopolitique persistante, le baril de brut WTI s'accordant 2,7% à 86,6$ et le Brent de la mer du Nord gagnant 2,9% à 93,7$. L'once d'or fin gagne 1,2% à 4.128$. L'indice dollar cède 0,1% face à un panier de devises.

Sur le front commercial, Trump a signé avant-hier des décrets imposant des droits de douane de 50% au Canada. Ces taxes entreraient en vigueur dans 30 jours et s'appliqueraient à une large gamme de produits d'exportation canadiens, tels que le papier, le contreplaqué et les crosses de hockey. Alors qu'expire vendredi prochain le droit de douane général de 10% qu'avait mis en place Trump fin février, l'administration américaine prépare par ailleurs déjà de nouvelles surtaxes concernant une soixantaine de pays. Fin février, la Cour suprême des États-Unis avait annulé une bonne part des droits de douane décrétés par le président américain.

Dans l'actualité géopolitique, les forces américaines ont mené, pour la onzième nuit consécutive, des frappes contre des cibles militaires iraniennes, visant des sites de lancement de missiles et drones, des centres de commandement et contrôle, des systèmes de défense aérienne ainsi que d'autres infrastructures.

Washington semble donc plutôt intensifier sa campagne, alors même que des médiateurs tentent pourtant de relancer une solution diplomatique. Hier, Trump a indiqué que les États-Unis n'avaient aucun intérêt à rencontrer l'Iran... Il avait précédemment promis que l'Iran paierait pour la mort de trois soldats américains survenue ces derniers jours, alors même que des médiateurs proposaient une nouvelle trêve dans un contexte d'élargissement du conflit au Moyen-Orient. Le conflit semble donc toujours loin d'être résolu, malgré les annonces à répétition d''accord imminent'.

"Chaque fois que l'Iran tue un soldat américain, il paiera le prix fort pour cet acte !", a écrit Trump sur Truth Social. "Cette directive a été transmise au secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, au chef d'état-major interarmées, Daniel Caine, ainsi qu'à tous les responsables militaires"... Plus tôt, l'Iran avait indiqué que des médiateurs avaient pris contact pour proposer des moyens d'apaiser les hostilités avec les États-Unis après des jours d'affrontements.

Les tensions restent vives et le risque d'escalade indéniable, suite à la menace du groupe houthi du Yémen soutenu par Téhéran. Les Houthis du Yémen ont annoncé leur intention d'imposer un blocus aux navires saoudiens, suscitant la crainte d'une extension du conflit. L'initiative survient alors que les États-Unis et l'Iran continuent de s'échanger des frappes. L'espoir d'une trêve négociée persiste, mais les efforts diplomatiques n'ont pas permis pour l'heure d'empêcher la poursuite de ces représailles pour une onzième nuit consécutive. Les marchés pétroliers mondiaux pourraient rester volatils si les Houthis mettaient à exécution leur menace d'interrompre le passage des navires saoudiens par le détroit de Bab el-Mandeb.

Le Qatar et le Pakistan, principaux intermédiaires dans ce conflit, considèrent qu'un retour aux positions américaines et iraniennes antérieures au 9 juillet constituerait une première étape, selon l'agence de presse semi-officielle iranienne ISNA. Il s'agit du jour du début des combats pour le contrôle d'Ormuz, réduisant à néant l'accord de paix provisoire signé auparavant.

Sur le front économique à Wall Street, les opérateurs surveilleront ce jour l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta du mois de juillet (16 heures) et le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques pour la semaine close le 17 juillet (16h30).

Les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 18 juillet, l'indice d'activité nationale de la Fed de Chicago pour le mois de juin et l'indice manufacturier de la Fed de Kansas City pour juillet seront connus jeudi. Enfin, l'indice flash PMI composite américain de juillet et les ventes de logements neufs du mois de juin seront annoncés vendredi.

Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, les publications financières trimestrielles s'accélèrent cette semaine. Interactive Brokers, Chubb et Capital One Financial ont publié hier soir.

Alphabet et Tesla publieront leurs résultats financiers après bourse aujourd'hui, tout comme Texas Instruments, IBM, ServiceNow, CSX, United Rentals ou Kinder Morgan. Philip Morris, GE Vernova, AT&T, Moody's, CME Group, Equinor et Northern Trust, seront aussi de la partie avant bourse ce jour.

Intel (après bourse), RTX, T-Mobile US, Thermo Fisher Scientific, SAP, Union Pacific, Lockheed Martin, Newmont, Blackstone, Comcast, Freeport-McMoran, Norfolk Southern, Honeywell, Digital Realty Trust, Roper, PG&E, Edwards Lifesciences et Nasdaq Inc., annonceront jeudi. American Express, NextEra, Verizon, Tenet Healthcare, Charter Communications, SLB et HCA Healthcare, publieront enfin vendredi.

Les valeurs

Super Micro Computer grimpe avant bourse à Wall Street. Le fabricant de serveurs d'IA a publié des résultats trimestriels préliminaires et annoncé par ailleurs que son carnet de commandes avait atteint un niveau record avec des commandes nouvelles dépassant les 60 milliards de dollars enregistrées durant le 4e trimestre ! Le chiffre d'affaires du quatrième trimestre de l'exercice se situera en revanche dans le bas de la fourchette des prévisions initiales comprises entre 11 et 12,5 milliards de dollars.

Les ventes de serveurs Super Micro équipés de puces Nvidia, destinés aux charges de travail liées à l'IA, ont connu une forte progression. En dehors des commandes, l'autre bonne surprise provient du contrôle des coûts, suite aux investissements massifs. Le groupe a annoncé ainsi une marge brute prévisionnelle comprise entre 15 et 17% en GAAP et non-GAAP sur le trimestre clos fin juin, près de deux fois plus élevée que la guidance antérieure avec les ventes de produits plus rentables.

Interactive Brokers a annoncé mardi soir aux Etats-Unis une hausse de 35% de son bénéfice au deuxième trimestre sur un an, activité soutenue par une forte remontée des marchés boursiers américains au cours de cette période, qui a porté les activités de trading, ainsi qu'à l'expansion rapide du crédit sur marge. Les revenus nets ajustés ressortent, eux, à 1,88 milliard d'euros (+27% sur un an), supérieur au consensus qui s'établissait à 1,8 milliard. Le bénéfice net par action ajusté progresse lui de 35% à 69 cents, contre 0,64 attendu.

Chubb, l'assureur américain, a annoncé pour le deuxième trimestre fiscal des revenus de 15,8 milliards de dollars ratant le consensus, mais le bénéfice ajusté par action, de 7,26$, a dépassé nettement les anticipations de marché. Un an plus tôt, les revenus s'établissaient à 14,8 milliards de dollars pour un bpa ajusté de 6,14$. Le bénéfice net a été de 2,85 milliards de dollars contre 2,97 milliards un an avant. Le bénéfice opérationnel ajusté a augmenté de 15% à 2,84 milliards de dollars.

Capital One Financial, l'établissement bancaire américain, a annoncé hier soir pour son 2e trimestre des revenus de 15,9 milliards de dollars, en croissance de 27% en glissement annuel, par rapport au trimestre comparable de l'an dernier, pour un bénéfice ajusté par action de 5,81$ à comparer aux 5,48$ de l'année antérieure. Le consensus est dépassé, puisque les revenus étaient attendus à 15,7 milliards et le bénéfice hors éléments à 4,85$ par titre. Le bénéfice net a représenté 3 milliards de dollars sur le trimestre clos.

AT&T, l'opérateur télécom américain, a publié au titre de son 2e trimestre fiscal des bénéfices supérieurs aux attentes. Le groupe a également dépassé les anticipations en termes de nouveaux abonnés wireless. Les revenus ressortent néanmoins un peu moins élevés que prévu à 31,6 milliards de dollars (+2,3%), pour un bénéfice ajusté par action de 65 cents. Le bénéfice opérationnel ajusté a été de 7,5 milliards de dollars. L'Ebitda ajusté a grimpé de 5,2% à 12,3 milliards. Le free cash flow a été de 4,7 milliards. AT&T confirme l'ensemble de ses objectifs financiers consolidés pour l'exercice 2026 et à moyen terme, ainsi que ses plans pluriannuels de retour de capital, avec une accélération du rythme des rachats d'actions en 2026.

Moody's a publié au titre de son 2e trimestre fiscal des revenus de 2,19 milliards de dollars en croissance de 15%, au-dessus des anticipations de marché, pour un bénéfice ajusté par action de 4,68$ en progression quant à lui de 31%, également largement plus élevé que prévu. La marge opérationnelle ajustée a grimpé de 440 points de base à 55,3%. Les perspectives sont un peu plus mitigées, après ce trimestre qualifié d'"exceptionnel". Le groupe envisage pour l'exercice 2026 un bénéfice ajusté par action allant de 16,50 à 17$, légèrement inférieur au consensus en milieu de fourchette.

GE Vernova a dévoilé ses comptes trimestriels. Les commandes ont atteint 24,2 milliards de dollars sur une base organique, en hausse de 88% sur un an, portées par une la croissance des segments énergie et électrification. Le carnet de commandes global s'élève désormais à 176 milliards de dollars, a précisé le CEO Scott Strazik. Le chiffre d'affaires s'établit à 11,1 milliards de dollars, en hausse de 22%, ou +12% sur une base organique, supérieur au consensus. GE Vernova indique relever certaines de ses prévisions financières pour l'année 2026. Le groupe dit désormais anticiper un chiffre d'affaires compris entre 45,5 et 46,5 milliards (contre 44,5 à 45,5 milliards précédemment), et un free cash flow compris entre 11,5 et 12,5 milliards de dollars (contre 6,5 à 7,5 initialement).

CME Group, la place de marché leader des produits dérivés et du marché à terme, a affiché ce mercredi au titre de son 2e trimestre des revenus de 1,7 milliard de dollars, légèrement au-dessus des attentes, pour un bénéfice ajusté par action de 2,99$ en hausse de 1% (consensus 2,9$). Le bénéfice net a représenté 1 milliard de dollars. Le bénéfice opérationnel a été de 1,1 milliard de dollars - ou 1,2 milliard sur une base ajustée.

Philip Morris International a annoncé un chiffre d'affaires supérieur aux attentes au deuxième trimestre, à 11,19 milliards de dollars (+14% sur un an), alors que les analystes tablaient sur 10,6 milliards. La croissance des ventes a été essentiellement portée par l'activité sans fumée. Le bpa dilué ajusté de 2,20$ a progressé de 15%, dépassant le consensus. Le groupe déçoit en revanche sur sa prévision de bpa ajusté pour le troisième trimestre, entre 2,2 et 2,25 dollars, contre environ 2,4$ de consensus.

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