Rheinmetall, la nouvelle star européenne de la défense, bondit de 7,5% à 1.240 euros à Francfort, sur un nouveau sommet. Le fabricant allemand de chars et de véhicules blindés vise une nouvelle accélération de ses ventes et de son bénéfice opérationnel cette année, stimulée par l'augmentation des dépenses de défense en Europe. Le groupe prévoit ainsi une croissance de près de 40% des ventes de sa principale activité de défense. Si les activités civiles devraient reculer, la hausse du chiffre d'affaires total du groupe est attendue de 25 à 30%, avec une marge opérationnelle d'environ 15,5%.
Des perspectives qui ne tiennent pas encore compte des récents développements politiques... Rheinmetall a précisé qu'il ajusterait son objectif une fois que les exigences de clients clés comme l'Allemagne et l'Ukraine seront plus précises. "L'Europe entre dans une ère de réarmement qui exigera beaucoup de nous tous. Cependant, elle offre également à Rheinmetall des perspectives de croissance inédites pour les années à venir", a déclaré le DG, Armin Papperger, dans un communiqué.
L'année dernière, le chiffre d'affaires consolidé a progressé de 3% à 9,75 milliards d'euros, légèrement en deçà de l'objectif fixé par la société à 10 milliards d'euros. La marge opérationnelle, de 15,2%, a dépassé l'estimation moyenne des analystes, qui était de 14,8%.
Rheinmetall fabrique des produits allant des camions blindés et des drones au char Leopard 2. L'entreprise construit de nouvelles usines dans des pays comme la Lituanie, la Hongrie, la Roumanie et l'Ukraine afin de répondre à la demande croissante d'armes et de munitions alors que son carnet de commandes atteint désormais le niveau record de 55 milliards d'euros. L'action de l'entreprise a bondi de plus de 1.000% depuis l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022. Rheinmetall proposera un dividende de 8,10 euros par action au titre de l'exercice 2024, contre 5,70 euros l'année précédente.
JP Morgan estime que si l'affirmation de Rheinmetall selon laquelle elle pourrait capter jusqu'à 20 à 25% des dépenses d'équipement de défense européennes de l'OTAN au cours des cinq prochaines années environ est vraie, alors l'entreprise "pourrait dépasser largement les attentes les plus élevées des investisseurs en termes de ventes et d'Ebita au cours des cinq prochaines années".