LA TENDANCE
Le CAC40 poursuit sa série noire en bourse de Paris ce jeudi, en recul de 0,8% sur les 8.000 points, après déjà 4 séances précédentes de repli. En cause, toujours, le baril de pétrole qui a bondi jusqu'à 122 dollars le Brent pour livraison rapprochée avant de revenir actuellement autour de 117 dollars.
Donald Trump a remis la pression sur les responsables iraniens en estimant que le blocage du détroit d'Ormuz pourrait durer des mois : "L'Iran est incapable de se ressaisir. Ils ne savent pas comment signer un accord non nucléaire. Ils feraient mieux de devenir intelligents rapidement !", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social. Un message accompagné d'une image générée par intelligence artificielle, le représentant armé, avec des explosions au second plan, et la mention "FINI D'ÊTRE GENTIL !".
Dans ce contexte d'instabilité et de retour de l'inflation, la BCE réunit tout à l'heure son comité de politique monétaire mais les économistes pensent que l'institution prendra encore son temps avant une éventuelle hausse des taux directeurs. Du côté de la Réserve fédérale, sans surprise, la banque centrale américaine a laissé ses taux directeurs inchangés mercredi soir dans une fourchette allant de 3,50% à 3,75%, tout en faisant état de préoccupations croissantes à propos de l'inflation dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient. La semaine sera écourtée avec la fermeture de la Bourse de Paris vendredi 1er mai.
VALEURS EN HAUSSE
Capgemini gagne 1,2% à 104 euros. Au 1er trimestre 2026, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 5.943 millions d'euros, soit une croissance de +7% à taux de change courants et +11% à taux de change constants. Les prises de commandes sont de 6.054 millions d'euros, en hausse de +6,2 % à taux de change constants. Le groupe confirme ses objectifs pour l'ensemble de l'année, dont une progression du chiffre d'affaires à changes constants de l'ordre de 6,5% à 8,5%.
Aubay (+5% à 50,7 euros) a réalisé au premier trimestre 2026 un chiffre d'affaires consolidé de 178,2 ME, en hausse de +30,9% par rapport au premier trimestre 2025, dont +10,6% à périmètre constant, un niveau qualifié de supérieur aux attentes. Aubay précise que cette performance traduit une amélioration généralisée de la demande, combinée à une bonne dynamique commerciale, un taux d'activité élevé et des effets prix favorables sur l'ensemble des principales zones géographiques. Aubay constate, sur ses différents marchés, une accélération de la demande confirmant à ce stade la reprise amorcée courant 2025 et le début du second trimestre ne fait pas exception. Dans ce contexte favorable, Aubay fait preuve de confiance et confirme ses objectifs annuels : un chiffre d'affaires compris entre 676 et 690 ME ce qui correspond à une croissance en données publiées de +12% à +15% et une croissance organique calculée de +3% à +5% avec une marge opérationnelle d'activité comprise entre 9% et 9,5% (contre 8 % à 9% en 2025). Ces objectifs annuels feront l'objet d'une réévaluation, si nécessaire, à l'issue du deuxième trimestre.
Plus forte hausse du CAC 40, Engie gagne 2,3% à 27,4 euros après détachement du dividende de 1,35 euro par action qui sera payéle 5 mai. La Belgique, Engie et sa filiale Electrabel ont annoncé la signature d'une lettre d'intention définissant le cadre de négociations exclusives concernant l'acquisition potentielle par l'Etat belge de l'intégralité des activités nucléaires d'Engie et d'Electrabel.
Air France-KLM (+0,7%) a publié une perte opérationnelle moins importante qu'attendu au premier trimestre mais a abaissé son objectif annuel de capacité en raison des incertitudes géopolitiques provoquées par la guerre en Iran, notamment sur les réserves en kérozène. Le groupe estime ainsi que la facture de carburant totale pour l'exercice 2026 sera de 9,3 milliards de dollars, soit une hausse de 2,4 milliards de dollars par rapport à l'exercice 2025. Le transporteur aérien s'attend désormais à une capacité en hausse de 2% à 4% par rapport à 2025, contre une hausse de 3% à 5% précédemment. Pour le premier trimestre, Air France-KLM a fait état d'une perte opérationnelle de 27 millions d'euros, tandis que les analystes attendaient une perte de 389 millions d'euros, selon des données LSEG.
Soitec flambe encore de 12% à 127 euros avec des mouvements amplifiés par des rachats de positions vendeuses.
VALEURS EN BAISSE
Stellantis (-8% à 6,1 euros) a renoué avec un bénéfice net au premier trimestre. Le constructeur automobile a dégagé sur les trois premiers mois de l'année un bénéfice net de 377 millions d'euros, contre une perte de 387 millions un an plus tôt. Le chiffre d'affaires a progressé de 6% à 38,1 milliards d'euros, en ligne avec le consensus des analystes, tandis que la marge opérationnelle a atteint 2,5%, contre 0,9% sur le trimestre identique de 2025. "Alors que nous instaurons un reporting trimestriel de nos résultats financiers, les trois premiers mois de 2026 reflètent les premiers résultats des actions engagées pour ramener Stellantis sur une trajectoire de croissance durable et rentable", a commenté le directeur général du groupe automobile Antonio Filosa. Confronté à plusieurs problèmes de qualité, sur des moteurs notamment, et contraint de revoir à la baisse ses ambitions dans l'électrique au prix de charges massives, le groupe présentera sa stratégie long terme le 21 mai. Le groupe vise toujours cette année une croissance dans le milieu d'une fourchette à un chiffre de son chiffre d'affaires, une marge opérationnelle dans le bas d'une fourchette à un chiffre et une amélioration de ses free cash flows industriels, ressortis à -1,9 milliard d'euros au premier trimestre contre -3 milliards un an plus tôt...
Technip Energies chute de plus de 10% à 36 euros après un avertissement sur ses comptes. Le groupe a publié des résultats inférieurs aux attentes de la place au premier trimestre et a abaissé ses prévisions financières pour 2026, invoquant l'impact des tensions persistantes au Moyen-Orient sur l'exécution des projets. Technip s'attend désormais, dans son segment "Technologies, produits et services", à un chiffre d'affaires annuel compris entre 1,9 et 2,2 milliards d'euros, contre 2,0 à 2,2 milliards précédemment, tout en maintenant une marge d'Ebitda d'environ 14,5%. Le groupe a également révisé à la baisse sa prévision de chiffre d'affaires annuel dans le segment "Livraison de projet" à 5,7 à 6,3 milliards d'euros, contre 6,3 à 6,7 milliards auparavant. La marge d'Ebitda y est désormais attendue entre 6,5% et 7,5%, contre environ 8% auparavant...
Crédit Agricole (-6% à 16,2 euros a) fait part d'un résultat net qui a augmenté de 1,8% sur un an au T1, à 1,68 milliard d'euros. Le produit net bancaire a progressé de 0,9% à 6,99 milliards d'euros, tandis que le consensus était légèrement supérieur à 7 MdsE. Le coût du risque a grimpé de 32,2% à 547 millions d'euros. Sur ce montant, environ 100 millions d'euros sont liés à des provisions de précaution. La banque se prépare ainsi à une possible détérioration des perspectives macroéconomiques, en raison particulièrement du conflit au Moyen-Orient. "C'est un provisionnement prudent et le risque avéré, lui, il est très contenu encore toujours, il est même en baisse par rapport au quatrième trimestre", a commenté la direction. La rentabilité reste solide avec un retour sur fonds propres tangibles de 13,7%. La division de banque d'investissement de Crédit Agricole a vu ses revenus reculer de 4%, avec une baisse de 9% dans la banque de marché (FICC) sur fond de "marché attentiste".
Société Générale recule aussi d'environ 6% à 66,8 euros. La banque a publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes sur le T1, les mesures de réductions de coûts et la reprise dans la banque de détail en France ayant compensé la baisse des revenus dans la banque d'investissement. Le résultat net part du groupe a augmenté de 5,5% sur un an pour s'établir à 1,7 milliard d'euros, nettement au-dessus des attentes de la place qui se situaient à 1,55 MdE. Le bénéfice a été soutenu par la bonne maîtrise des coûts et la baisse des frais de gestion, qui ont diminué deux fois plus que l'objectif annuel 2026 d'une baisse de 3%. Le ROTE, une mesure clef de la profitabilité de Société Générale, ressort à 11,7%, dépassant l'objectif annuel de plus de 10% mais restant inférieure à celui de ses concurrents. Les revenus de la banque de détail en France, dont la reprise est une priorité pour la direction du groupe, ont progressé de 8,9%, soutenus par la baisse du taux du Livret A. Le résultat net part du groupe de la banque en ligne BoursoBank s'élève à 92 millions d'euros, bien en ligne avec un objectif annuel 2026 supérieur à 300 millions d'euros. La banque de grande clientèle et solutions investisseurs a vu pour sa part ses revenus reculer de 4,9% sur un an, avec une baisse de 18,2% des activités taux, crédit et change. "Cette performance reflète les moindres revenus des activités de taux en Europe, pénalisées par une activité commerciale moins dynamique et des conditions de marché moins favorables", a déclaré la direction. Les investisseurs attendent désormais le prochain plan stratégique à moyen terme de la banque, qui doit être dévoilé le 21 septembre...
Michelin (-2% à 30,5 euros) a délivré au premier trimestre une performance solide, la baisse du chiffre d'affaires traduisant un effet de change négatif. Les ventes du groupe s'établissent ainsi à 6,2 milliards E sur le trimestre, en baisse de 5,4% mais stables hors effet de change. L'effet de change représente l'intégralité de la baisse, reflétant la forte appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar US et de la plupart des devises. L'activité Pneu enregistre un effet volume limité (-1,4%), confirmant l'inflexion favorable constatée au 4ème trimestre 2025. Malgré la hausse des coûts d'achat des matières premières liée à la guerre au Moyen-Orient, Michelin maintient à ce stade ses perspectives 2026.
BNP Paribas (-5% à 86 euros) a publié un résultat net meilleur que prévu au premier trimestre grâce au dynamisme de sa banque de détail, tandis que la banque d'investissement n'a pas profité des mouvements engendrées par la guerre en Iran. Le bénéfice net a ainsi progressé de 9% sur un an à 3,22 milliards d'euros, au-delà du consensus qui était situé à 2,95 milliards d'euros. Le produit net bancaire a grimpé de 8,5% à 14,1 milliards d'euros, au-dessus ici aussi des attentes du marché. Contrairement aux grandes banques de Wall Street et au rival suisse UBS, qui ont fait état d'une forte hausse des revenus issus du trading, BNP Paribas a publié une progression de seulement 2,5%, avec une stabilité pour les taux, changes et matières premières (FICC). Les revenus totaux de la banque d'investissement se sont tassés de 0,8%, intégrant en partie l'impact d'un dollar plus faible. Les revenus de la banque de détail ont progressé de 4,9% au premier trimestre, dans un contexte de taux d'intérêt favorable en zone euro. Le coût du risque a été porté sur le premier trimestre à 922 millions d'euros, contre 766 millions à la même période un an plus tôt pour faire face à l'incertitude macroéconomique liée à la guerre en Iran. BNP Paribas a confirmé au passage son objectif d'un ratio des fonds propres CET1 de 13% d'ici 2027. Ce ratio s'est élevé à 12,8% fin mars.
Medincell cède 4% à 23,8 euros. Le partenaire de Medincell, Teva Pharmaceuticals, a communiqué hier pour la période du premier trimestre 2026 des ventes de 63 millions de dollars aux Etats-Unis pour Uzedy, l'injection sous-cutanée de Medincell pour le traitement de la schizophrénie. La croissance des ventes d'Uzedy ressort à +62% sur un an et de +15% par rapport au trimestre précédent. Teva a confirmé viser cette année des ventes comprises entre 250 et 280 M$ pour Uzedy, soit entre 31% et 47% de croissance par rapport à 191 M$ en 2025. Les analystes de Stifel ont confirmé leur recommandation à l'achat sur Medincell avec un objectif de cour de 33 euros. Stifel estime que les prévisions annuelles des ventes d'Uzedy seront dépassées et table sur 304 M$. Medincell perçoit des royalties de 5% à 10% sur les ventes nettes de cette formulation et reste éligible à 105 millions de dollars de milestones commerciaux dont les versements dépendent de l'atteinte de seuils de ventes annuels.