La tendance
En plein coeur de la saison de résultats, le CAC 40 s'essouffle ce midi, en baisse de 0,12% et 7.877 points, sur fond d'un ensemble de publications d'entreprise et d'arbitrages. Stellantis, Worldline ou encore Danone font partie des gagnants du jour. C'est plus compliqué pour Saint-Gobain et Rémy Cointreau. BNP Paribas baisse aussi.
A noter que le '10 ans' français, sous les 5% depuis lundi et l'annonce de Moody's de ne pas dégrader la note de la dette de la France, demeure sous ce niveau symbolique, autour de 4,95%. Mais le moral des investisseurs est quoi qu'il en soit pénalisé par la remontée des cours pétroliers, les Houthis yéménites ayant déclaré avoir frappé la plus grande raffinerie d'Arabie saoudite. Le baril de Brent cote 114,50$.
La Réserve fédérale américaine ouvre ce mercredi le bal des décisions de politique monétaire des principales banques centrales, suivie de la Banque centrale européenne jeudi et de la Banque du Japon vendredi. Aux Etats-Unis comme en Europe, un statu quo sur les taux est largement anticipé. Concernant la BCE, qui rendra sa décision jeudi, la banque centrale "cherche à mener une politique prudente, en ajustant ses taux de manière préventive tant qu'aucune solution n'est trouvée pour rouvrir le détroit d'Ormuz. La hausse de taux décidée le mois dernier se justifiait par la remontée des prix de l'énergie, qui avaient alors atteint les niveaux retenus dans le scénario défavorable de la BCE. Depuis, l'inflation importée ne s'étant pas propagée à l'inflation domestique, la BCE n'a pas de raison urgente de relever à nouveau ses taux comme elle l'avait fait en 2022. Nous tablons donc sur une pause cette semaine, d'autant que les risques pesant sur l'activité économique se renforcent. Une nouvelle hausse en décembre reste probable si le prix du gaz se maintient au-dessus de 77, le niveau retenu dans le scénario défavorable de la BCE", indiquait ce matin Patrick Barbe, responsable de l'investissement obligataire Investment Grade Europe chez Neuberger.
Les valeurs en hausse
Worldline flambe (+11,25% à 11,43E) sur des résultats supérieurs aux attentes. Le spécialiste des paiements électronique a dévoilé un chiffre d'affaires de 946 millions d'euros sur son troisième trimestre, en hausse organique de 2,5%, renouant avec la croissance après quatre trimestres de déclin ou de stagnation. Les services aux commerçants ont réalisé un chiffre d'affaires de 759 millions d'euros, en hausse de 4% sur un an en organique, et contre un consensus à 745 ME, tandis que les services financiers reculent de 3,3% à 186 ME, mais ressortent légèrement au-dessus des attentes. Worldline a confirmé ses perspectives pour 2026.
Stellantis gagne près de 6% à 3,93E après avoir confirmé ses objectifs annuels, soit une hausse de son chiffre d'affaires dans le milieu d'une fourchette à un chiffre ainsi qu'une marge opérationnelle dans le bas d'une fourchette à un chiffre. Le constructeur automobile compte par ailleurs toujours renouer avec un free cash-flow industriel positif en 2027. Sur les trois mois clos fin septembre, Stellantis rapporte une perte nette de 453 millions d'euros, en amélioration de 90% par rapport à l'année précédente, pour un chiffre d'affaires en hausse de 1% à 37,6 milliards d'euros (vs 36,43 MdsE de consensus). Le résultat opérationnel courant s'est élevé à 0,3 milliard d'euros, matérialisant une marge AOI de 0,7% (vs 0,47% de consensus), en hausse de 50 points de base. Le Free cash-flow industriel est négatif à hauteur de 4 MdsE, mais affiche une amélioration de 0,3 MdE sur un an.
Compagnie des Alpes (+6,75% à 18,66E) :Au cours de l'exercice 2025-2026, la société immobilière et de loisirs a enregistré un chiffre d'affaires de 1,433 milliard d'euros, en progression de +2,6% par rapport à 2024-2025 qui était déjà un exercice record. A périmètre comparable, la croissance atteint +2,2%. Au cours du seul 4e trimestre, le chiffre d'affaires de la Compagnie des Alpes s'est élevé à 277,7 millions d'euros (271,4 ME pour la même période de l'exercice précédent), en progression de +2,3% à périmètre réel et de 2,7% à périmètre comparable. Dominique Thillaud, directeur général de la société, a déclaré que " la croissance de notre EBO 2025/26 devrait ainsi finalement se situer autour de 6% hors plus-values liées à la cession des biens immobilisés de Tignes ".
Danone gagne du terrain (+2,04% à 62,88E) au lendemain de la publication d'un chiffre d'affaires trimestriel de 7,233 milliards d'euros, en croissance de +4% en données comparables. Le volume/mix a progressé de +0,4%, tandis que l'effet prix a contribué à hauteur de +3,6%, reflétant des initiatives disciplinées en matière de prix. Le management a réitéré ses objectifs 2026, en ligne avec son ambition moyen-terme, soit une croissance du chiffre d'affaires en données comparables comprise entre +3% et +5% et une hausse du résultat opérationnel courant plus rapide que celle du chiffre d'affaires.
JP Morgan ('surpondérer') place le titre "sous surveillance positive", qualifiant ces résultats de "rassurants". La banque souligne la solidité des principaux pôles de rentabilité du groupe, notamment la nutrition spécialisée en Chine, les produits laitiers et d'origine végétale (EDP) dans la zone EMEA, ainsi que la performance "exceptionnelle" de la nutrition spécialisée sur le continent américain. À l'inverse, le repli des volumes est imputable à la division 'Eaux'.
Deezer (+1,94% à 1,315 Euro) affiche un 2e trimestre consécutif de croissance de son activité. Son chiffre d'affaires consolidé s'est établi à 133,8 millions d'euros au 3e trimestre 2026, en hausse de +1,8% sur un an. Cette performance est portée par la dynamique soutenue de l'activité Direct, qui a plus que compensé le recul anticipé des segments Partenariats et Autres revenus. Fort des performances enregistrées sur les 9 premiers mois de l'année et la poursuite attendue de la croissance du chiffre d'affaires au 4e trimestre, Deezer relève son objectif de chiffre d'affaires pour l'exercice 2026. Il désormais attendu en légère croissance, contre une attente initiale de stabilité globale de l'activité par rapport à 2025. Deezer relève également ses ambitions en matière de rentabilité, avec un EBITDA ajusté attendu désormais supérieur à 10 ME sur l'exercice.
Haulotte Group (stable, 2,10 Euros) : le chiffre d'affaires trimestriel s'établit à 121 millions d'euros, stable par rapport à l'année précédente sur la même période.vA fin septembre 2026, les ventes consolidées de Haulotte Group s'élèvent à 398 ME (384 ME l'année passée), en hausse de +4%.vMalgré une visibilité qui reste limitée et un environnement global toujours incertain, Haulotte Group devrait être en mesure d'afficher une croissance de ses ventes pour 2026 d'au moins 5%, permettant au Groupe de retrouver une marge opérationnelle courante positive, proche de celle affichée au 1er semestre 2026.
Les valeurs en baisse
BNP Paribas (-0,53% à 86,50E) enregistre au 3e trimestre un résultat net part du groupe de 3,46 milliards d'euros, en hausse de 14% sur un an, contre un consensus logé à 3,23 MdsE. Le résultat d'exploitation s'établit à 4,756 MdsE, à +17,7%, pour un produit net bancaire de 13,757 MdsE (vs 13,5 MdsE attendus), en hausse de 9,5%. Les revenus de Corporate & Institutional Banking (CIB) ont grimpé de 16,6%, tirés par le bond de 50% des revenus d'Equity & Prime Services, soutenus par l'intérêt marqué des clients dans tous les produits actions. Le groupe confirme ses objectifs à l'horizon 2026 et 2028 et poursuit l'amélioration de sa profitabilité par le biais des plans stratégiques déjà en cours d'exécution. BNP Paribas a par ailleurs annoncé le lancement d'un programme de rachat d'actions d'un montant maximum de 1,3 milliard d'euros. Le rachat débutera le 2 novembre 2026.
Dassault Systèmes, en décrochage de près de 4% ce midi à 23,74E, est sanctionné en dépit d'une publication solide pour son 3e trimestre. L'éditeur de logiciels vise désormais un chiffre d'affaires compris entre 6,399 et 6,459 milliards d'euros pour 2026, en croissance de 4% à 5%, contre 3% à 5% précédemment. L'objectif de marge opérationnelle est relevé à 32,5%-32,7% et l'objectif de croissance du bénéfice net par action porté à 6%-7%. Sur le troisième trimestre, la firme a réalisé un chiffre d'affaires total de 1,55 milliard d'euros, en hausse de 5% alors que la marge opérationnelle non-IFRS a atteint 31,6%, contre 30,1% sur la même période de l'année précédente. Le groupe a par ailleurs indiqué avoir finalisé l'acquisition de la plateforme d'intelligence artificielle ArisGlobal, dédiée aux sciences de la vie, pour 1,8 milliard de dollars. Aux yeux de Jefferies, le relèvement de la guidance reflète essentiellement la performance du troisième trimestre et l'intégration d'ArisGlobal, sans amélioration des perspectives sous-jacentes pour la fin de l'année. "La croissance implicite au quatrième trimestre reste médiocre...", écrit l'analyste.
Saint-Gobain (-0,88% à 67,24 Euros) : le chiffre d'affaires du 3e trimestre atteint 11,6 milliards d'euros. Il progresse de +2,5% à données comparables et de +1,2% sur 9 mois à fin septembre. Toutes les régions s'inscrivent en croissance au 3e trimestre. Saint-Gobain souligne sa bonne gestion des prix dans un environnement inflationniste plus marqué, notamment grâce à ses solutions à forte valeur ajoutée. Dans un environnement macroéconomique contrasté et géopolitique incertain, le groupe anticipe pour le 2e semestre 2026 une croissance de ses ventes à données comparables et vise en 2026 une marge d'EBITDA de plus de 15%.
Alten (-2,26% à 86,45 Euros) : A fin septembre, la croissance de l'activité s'établit à +2,9% : +6% en France et +1,3% hors de France. Le chiffre d'affaires est de 3,164 milliards d'euros (3,075 MdsE un an plus tôt). Au 3e trimestre, Alten a réalisé un chiffre d'affaires de 1,055 MdE, en hausse de 6,4% par rapport au 3e trimestre 2025. A données constantes, la croissance organique est de +3,6% (+4,3% en France et +3,2% hors de France). Malgré un environnement géopolitique et économique incertains, l'activité a continué à croître au 3e trimestre, permettant dorénavant d'anticiper une croissance organique d'environ 2% en 2026 (malgré un effet de comparaison défavorable au dernier trimestre 2025, trimestre au cours duquel l'activité avait fortement progressé). La marge opérationnelle d'activité devrait donc poursuivre son amélioration et s'établir à environ 9,3% en 2026.
Rémy Cointreau (-2,52% à 49,42 Euros) publie un chiffre d'affaires en hausse de +2,9% en organique au premier semestre, l'amélioration se poursuivant au T2 (+4,2% en organique) en ligne avec la trajectoire annuelle. Le segment Cognac progresse de 12,4% en organique au 2e trimestre et le segment Liqueurs & Spiritueux recule de 7,4% sur la même période. Le groupe confirme ses objectifs 2026-2027. Rémy Cointreau a donc réalisé un chiffre d'affaires de 510,9 millions d'euros au premier semestre 2026-2027, en progression de +2,9% en organique. En données publiées, le chiffre d'affaires a augmenté de +4,4%, intégrant un effet de change favorable de +1,5%, principalement lié à l'appréciation du renminbi, partiellement atténué par un impact encore légèrement négatif du dollar. Pour l'année, le groupe anticipe un retour à une croissance organique durable du chiffre d'affaires, avec une amélioration progressive de la dynamique au cours de l'exercice. Par ailleurs, Rémy Cointreau intègre désormais un impact des droits de douane sur le résultat opérationnel courant d'environ 5 millions d'euros, contre environ 20 millions d'euros précédemment. Cet impact serait nul aux États-Unis et resterait inchangé en Chine, à environ 5 millions d'euros. Cette révision reflète principalement la baisse de 15% à 10% du taux des droits de douane américains sur les importations européennes, ainsi que la comptabilisation au premier semestre de 6,4 millions d'euros de remboursements de droits de douane au titre de l'année 2025-26. Dans un environnement volatil et sur la base de ses estimations à date, le groupe prévoit désormais pour l'année un effet favorable de ses devises sur le chiffre d'affaires d'environ +15 ME (contre environ -15 ME précédemment) et sur le résultat opérationnel courant, de +3 à +5 ME (contre entre -5 à -8 ME précédemment).