L'indice phare parisien, le CAC 40, régresse de 0,75% à la mi-journée à 7.753 pts, tentant péniblement de résister - mais sans succès pour l'heure - avec notamment L'Oréal (+5%) et TotalEnergies (+2%), tandis que Kering ou Safran s'enfoncent. Le DAX allemand affiche une correction comparable. Notons que le rendement de l'OAT à 10 ans en France se détend un peu ce matin à 5,05%, en retrait de 4 points de base après avoir atteint ses plus hauts niveaux depuis juillet 2002 sur des inquiétudes quant à la capacité du pays à assainir ses finances publiques et à l'évolution politique à venir.
Wall Street a replongé hier soir avec les valeurs de l'IA. Le Nasdaq a terminé en très forte baisse de 2,6% à 26.009 pts, contre une correction de 1,21% sur le S&P 500 à 7.663 pts. Le Dow Jones s'en est bien tiré avec une hausse anecdotique de 0,02% à 52.868 pts. La chute a emporté surtout avec elle les principales valeurs de l'IA, alors que les doutes persistent sur l'écosystème et le financement de ses infrastructures. La tendance reste très mitigée avant bourse ce vendredi sur la place américaine, le S&P 500 cédant encore 0,2% et le Dow Jones abandonnant 0,6%, contre une relative stabilité du Nasdaq.
Les dernières publications financières, comprenant notamment Meta, Tesla, IBM, Lam Research et Texas Instruments dans la 'tech', n'ont donc absolument pas rassuré... En Asie ce matin, les indices tentaient de se stabiliser, à l'image du Kospi sud-coréen riche en valeurs IA, qui terminait en hausse de 0,3% après avoir chuté la veille de plus de 3,5%. Le Nikkei perdait encore 0,34% ce matin après un gadin de 2,5% hier. Le SSE chinois remontait de 0,89%.
Les obligations du Trésor américain restent aussi sous surveillance. Le rendement du T-Bond à 10 ans est retombé hier soir de 18 points de base (!) à 4,96%, alors que celui du '30 ans' est revenu à 5,29%, en baisse de 15 points de base, sur une sorte de "fuite vers la qualité" après la flambée des rendements souverains français à 10 ans sur les 5%.
L'euro évolue à 1,1199$, en repli de 0,2%. L'once d'or fin se stabilise à 4.024$. Les cours du brut restent tendus, avec un Brent de la mer du Nord en hausse de 1% ce vendredi à 114,3$ sur fond de tensions au Moyen-Orient. Le pétrole est soutenu par des informations suggérant une intensification potentielle des activités militaires au Moyen-Orient, ravivant les inquiétudes quant à une éventuelle reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran dans les semaines à venir, ce qui pourrait menacer l'approvisionnement en pétrole. Ces craintes sont en partie alimentées par un article du New York Times selon lequel les États-Unis et Israël auraient élaboré des plans en vue de nouvelles frappes contre l'Iran après les élections de mi-mandat américaines en novembre, ciblant les infrastructures énergétiques, les installations nucléaires et l'arsenal de missiles du pays. Pendant de temps, les attaques contre l'Arabie saoudite s'intensifient. Washington a ordonné par ailleurs au personnel non essentiel du gouvernement américain de quitter l'Arabie saoudite.
Les anticipations d'une inflation plus élevée à long terme se sont renforcées, bien que la BCE, la Fed et la Banque du Japon devraient maintenir leurs taux inchangés la semaine prochaine. Le dernier sondage Bloomberg auprès des économistes souligne la probabilité d'une hausse des taux de la BCE en décembre et d'un maintien de la politique monétaire inchangée jusqu'en mai 2028. L'attention se porte également sur la possibilité d'une intervention de la BCE pour freiner la hausse continue des rendements français.
Sur le front des données macroéconomiques, l'attention en Europe est portée sur les indices PMI préliminaires d'octobre. Les indices français ont déçu, à 49,3 pour le PMI manufacturier et 48,4 sur les services. En Allemagne, la tendance reste en revanche à l'expansion, avec un indice manufacturier de 54,2 et un indicateur des services de 51,7. Enfin, l'indice composite préliminaire de la zone euro pour octobre a raté le consensus, à 51,9, avec une composante des services inférieure aux attentes à 51,7 et un indice manufacturier de 52,4. Seuls les indices PMI britanniques d'octobre rassurent vraiment, à 53,1 pour le composite, 52,8 pour le manufacturier et 53,1 dans les services. Au Royaume-Uni, cependant, l'indice de confiance des consommateurs GfK a enregistré sa plus forte baisse depuis le vote sur le Brexit, révélant la fragilité du moral des ménages (-24 en octobre contre -15 de consensus). Les ventes au détail britanniques sont par ailleurs faibles selon les données de septembre (-0,4% d'un mois sur l'autre et -0,7% hors automobile et essence).
Aux États-Unis, les indices PMI flash d'octobre et l'indice définitif de confiance des consommateurs et des anticipations d'inflation de l'Université du Michigan pour octobre sont à l'ordre du jour. En Asie, l'inflation sous-jacente au Japon a repassé la barre des 2% pour la première fois cette année, l'inflation hors énergie repassant également au-dessus de l'objectif de 2% selon les données publiées cette nuit. La Banque du Japon devrait maintenir ses taux d'intérêt inchangés la semaine prochaine, tout en signalant que l'inflation sous-jacente avait effectivement atteint son objectif de 2%.
Le secteur de l'IA reste surveillé, les géants sud-coréens de la mémoire et SoftBank demeurant hésitants ce matin en bourse suite aux mouvements récents. La chute des valeurs technologiques américaines pendant la nuit et la forte hausse des CDS Meta suite à la révision à la hausse des prévisions de dépenses d'investissement ont alimenté les inquiétudes concernant les émissions de dette. Le marché a également digéré les récents revers d'introductions en bourse, SK Hynix ayant confirmé renoncer à la cotation américaine de Solidigm en raison de la volatilité actuelle. La presse a également noté qu'OpenAI (ChatGPT) aurait abaissé son objectif de valorisation pour sa dernière levée de fonds.
Valeurs en hausse
L'Oréal (+5%) publie ses chiffres d'activité à fin septembre 2026. Sur les neuf premiers mois, le chiffre d'affaires s'élève à 35,33 milliards d'euros, en hausse de 7,7% à données publiées. À données comparables, c'est-à-dire à structure et taux de change identiques, le chiffre d'affaires progresse de 6,9%. La croissance à données comparables ajustée est de 6,9%. L'effet net de changement de structure est de +2%. La croissance à taux de change constants ressort à +8,9%. À fin septembre 2026, les effets monétaires ont eu un impact négatif de -1,2%. Pour le seul 3e trimestre cette fois, le chiffre d'affaires s'établit à 11,56 milliards d'euros, en hausse de 7,2% à données comparables, de 7,7% à données comparables et sur une base ajustée, et enfin de 11,9% en données publiées, traduisant donc une accélération. Le consensus FactSet sur cette période du T3, qui se situait à 11,265 milliards d'euros, est donc dépassé.
Sodexo (+5,9%) publie des résultats de l'exercice 2026 marqués par une croissance interne du chiffre d'affaires de 2%, avec un niveau d'activité "supérieur aux attentes" au quatrième trimestre, pour une marge d'exploitation de 3,4%. Le groupe évoque des progrès commerciaux encourageants, avec un développement commercial de 7,7% et un taux de fidélisation clients de 94,4%. Les liquidités générées par les opérations sont de 379 millions d'euros. Le groupe affiche un endettement net de 2,9 milliards d'euros et un ratio d'endettement net/EBITDA à 2,4x. Le dividende proposé est de 1,74 euro par action, en ligne avec la politique du groupe (taux de distribution de 50%). Sodexo confirme les perspectives 2027 présentées lors de son Investor Update de juillet, à savoir une croissance interne du chiffre d'affaires comprise entre 2% et 3%, pour une marge d'exploitation globalement en ligne avec les 3,4% atteints sur l'exercice 2026, reflet de la poursuite des investissements visant à renforcer les capacités et à restaurer la compétitivité.
Carmila (+0,3%) a dévoilé des loyers nets de 305,9 millions d'euros, en hausse de 2,1% à périmètre constant sur les neuf premiers mois de l'année, en accélération par rapport à la hausse de 1,4% du premier semestre. Le chiffre d'affaires des commerçants est en hausse de 3,2% à périmètre constant, traduisant de nouveaux gains de part de marché. Le groupe réenregistre une forte demande locative avec 3,1% de réversion positive depuis le début de l'année et une hausse de 15% du volume de baux signés sur un an. Carmila aborde le dernier trimestre 2026 avec confiance et confirme son objectif annuel de résultat net récurrent par action à 1,87 euro.
Rexel (+2%). Les ventes sont de 5,45 MdsE au T3 2026, en hausse de +11,4% à jours constants. La société profite d'une forte accélération séquentielle portée par l'Amérique du Nord, et plus particulièrement par les États-Unis. La contribution est bien équilibrée entre volumes et prix. On a aussi une poursuite des tendances positives en Europe, portées par le bon positionnement dans la transition énergétique. Les objectifs 2026 sont rehaussés pour la deuxième fois avec une croissance des ventes à jours constants d'environ 7% vs environ 5% précédemment avec une marge d'EBITA courant ajusté d'au moins 6,4% vs au moins 6,2%.
Le Groupe ADP (+0,7%) publie son information financière au 30 septembre. Le chiffre d'affaires consolidé s'établit à 5,106 milliards d'euros pour les 9 premiers mois de 2026, en hausse de 1,4% (+69 ME). Le chiffre d'affaires des Activités aéronautiques à Paris est en hausse de 1,6% (+26 ME) à 1,666 milliard d'euros. Le chiffre d'affaires des Commerces & services ressort en timide hausse de 0,2% (+3 ME) à 1,615 milliard. Celui du segment International & développements aéroportuaires s'affiche en croissance de 2,7% (+44 ME) à 1,675 milliard. Comme précisé dans le communiqué du 15 octobre 2026, compte tenu d'un environnement opérationnel toujours difficile, le trafic passagers à Paris en 2026 est attendu en légère décroissance par rapport à 2025 et le Groupe anticipe un EBITDA courant pour 2026 dans le bas de la fourchette de 2,3 à 2,35 milliards d'euros, annoncée lors de la publication des résultats semestriels 2026.
Vinci (+0,2%). Au 3e trimestre, le chiffre d'affaires ressort en forte progression de +5% (après une stabilité au 1er trimestre et +4% au 2e trimestre), dont +10% à l'international. A neuf mois, le chiffre d'affaires atteint ainsi 55,96 milliards d'euros, en hausse de +3,1% (croissance organique : +1,8% ; impacts des changements de périmètre : +1,6% ; variations de change : - 0,2%). Cette hausse est tirée par le dynamisme des services à l'énergie (+7,4%). L'activité totale progresse de +6,7% (dont +4,4% à structure comparable) à l'international (60% du total contre 58% à fin septembre 2025). Le carnet de commandes atteint au 30 septembre 2026 un niveau élevé de 75,4 MdsE, en augmentation de +7% sur un an. Fort de son carnet de commandes de qualité et de sa situation financière très solide, le Groupe Vinci confirme ses perspectives 2026.
Valeurs en baisse
Valeo (-8,4%). Le chiffre d'affaires total de Valeo au 3e trimestre s'élève à 4,881 milliards d'euros, en baisse de -2,3% par rapport à la même période en 2025.
Les changements de périmètre ont un impact négatif de -0,7% lié à la cession, intervenue en novembre 2025, de l'activité de capteurs automobiles pour systèmes de propulsion (Division Power). Le chiffre d'affaires du 3e trimestre est conforme aux objectifs annuels. Pour le 4e trimestre, Valeo anticipe une croissance séquentielle conforme à une saisonnalité classique. Le groupe confirme sa guidance 2026 et vise pour le second semestre une marge opérationnelle en pourcentage du chiffre d'affaires et un cash flow libre équivalents à ceux du 1er semestre.
Kering (-12,1%). Le chiffre d'affaires au troisième trimestre 2026 a atteint 3,345 MdsE, stable en données publiées et en baisse de 1% en données comparables par rapport au troisième trimestre de l'année dernière. Au troisième trimestre, Gucci a réalisé un chiffre d'affaires de 1,291 MdE, en baisse de 4% en données publiées et de 6% en données comparables. La performance de Gucci a reflété une base de comparaison plus exigeante et un effet de nouveauté moins marqué qu'au deuxième trimestre. Si le trafic est resté la principale contrainte à la performance, le taux de conversion, le prix moyen et le panier moyen se sont améliorés grâce au déploiement progressif des nouvelles collections.
Safran (-8,8%) publie son chiffre d'affaires du 3e trimestre 2026 et confirme ses objectifs annuels. Le groupe évoque une croissance soutenue du chiffre d'affaires, portée par la montée en cadence de la production et la solide dynamique de l'après-vente pour moteurs civils. En données ajustées, le chiffre d'affaires du 3e trimestre 2026 ressort à 9 milliards d'euros (+14,7%) et le chiffre d'affaires des neuf premiers mois de 2026 s'affiche à 26,57 MdsE (+17,5%). En données consolidées, le CA du 3e trimestre 2026 s'établit à 8,89 MdsE (+15,2%) et le chiffre d'affaires des neuf premiers mois de 2026 à 26,135 MdsE (+15,7%). Le groupe confirme ses perspectives pour 2026, telles que relevées en juillet, à savoir une croissance du chiffre d'affaires de l'ordre de 15%, un résultat opérationnel courant de 6,4 à 6,5 MdsE, et un cash flow libre de 4,7 à 4,9 MdsE - dont un impact négatif estimé d'environ -500 ME associé à la contribution exceptionnelle française à l'impôt sur les sociétés.
SEB (-2,8%). A l'issue des 9 premiers mois, le Groupe confirme son objectif de croissance du ROPA en 2026, et précise viser une croissance du ROPA comprise entre 5% et 10% sur l'année. Cette fourchette intègre une base de comparaison élevée en 2025 pour le ROPA du 4e trimestre, ainsi que les incertitudes persistantes sur la consommation de fin d'année. Le Groupe confirme par ailleurs ses objectifs de retour à une génération de cash-flow libre plus normative, dans le prolongement de la dynamique observée au 1er semestre, et de réduction du levier financier dès 2026, avec l'objectif de le ramener dans les standards du Groupe, autour de 2x (hors acquisitions), à horizon 2027.
Ipsos (-3,7%) a réalisé un chiffre d'affaires de 636,2 millions d'euros au troisième trimestre. La croissance organique du trimestre s'établit à 2,0%, contre 0,8% au premier semestre, portée notamment par les bonnes performances enregistrées en EMEA, en Chine et dans nos activités auprès des citoyens. Au regard de la performance réalisée au cours des neuf premiers mois de l'année et du niveau du carnet de commandes à fin septembre, le Groupe révise son objectif de croissance organique pour l'exercice 2026, désormais compris entre 1,2% et 1,5%, contre 0,6% en 2025 et environ 2% visé précédemment. Cette perspective tient également compte d'un environnement macroéconomique et géopolitique toujours incertain, notamment marqué par les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur les activités du Groupe dans la région. Le Groupe confirme en revanche son objectif d'un taux de marge opérationnelle au niveau de 2025.
Accor (-2,9%) affiche pour 2026 la perspective d'une croissance du réseau entre 3% et 3,5% (auparavant "autour de 3,5%") et revoit à la hausse les perspectives suivantes :
- Une croissance annuelle du RevPAR dans le haut de la fourchette entre 2% et 2,5% ;
- Un EBE courant entre 1,270 MdE et 1,285 MdE (auparavant "entre 1,260 MdE et 1,285 MdE") sur la base d'un impact de change négatif de 10 ME attendu pour l'exercice 2026. Pour le 3e trimestre 2026, le groupe enregistre un chiffre d'affaires de 1,503 milliard d'euros en hausse de +7,7% à taux de change constant par rapport au 3e trimestre 2025.
Unibail-Rodamco-Westfield (-0,1%) maintient ses objectifs 2026, évoquant une poursuite de la dynamique opérationnelle. Le groupe revendique une solide performance opérationnelle sur les neuf premiers mois de 2026. Le chiffre d'affaires des locataires est en hausse de +5,2% et la fréquentation en progression de +2,2%. Le groupe souligne la hausse des loyers de +10,3% (au-delà de l'indexation), contre +6,7% en 2025. La croissance du chiffre d'affaires à périmètre constant est de +2,4 %, incluant une hausse de +3,8% des revenus locatifs bruts (GRI) des centres commerciaux à périmètre constant. Le résultat récurrent ajusté par action (AREPS) pour 2026 devrait se situer dans la fourchette prévue, soit entre 9,15 et 9,30 euros, indique URW.
OVH retombe de 21,4%, effaçant ses gains récents consécutifs aux résultats 2026, alors que la volatilité reste extrême pour les valeurs liées à l'IA, et après qu'un actionnaire a cédé des titres avec une importante décote. Selon des documents consultés par Bloomberg, l'opération a porté sur 4,65 millions d'actions, au prix unitaire de 13,30 euros, soit avec une décote de plus de 15% par rapport à la clôture de jeudi soir. Ces titres ont été vendus dans le cadre d'un placement "delta" destiné à couvrir une opération de type "collar" (stratégie d'options) mise en place entre Deep Code et UBS. Deep Code est une entité contrôlée par Miroslaw Klaba et des membres de sa famille.