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Marchés: prudence sur les marchés après la saison des résultats

La prudence prévaut sur les marchés boursiers jeudi, au lendemain de l'annonce des bénéfices du fabricant de puces Nvidia, qui marquent la fin de la saison des résultats et le retour aux difficultés macro-économique.

"Toutes les publications sont passées, donc on n'attend plus rien de la micro (économie, ndlr). Et maintenant, on va regarder l'actualité. Et l'actualité, c'est une tentation d'une dérive inflationniste, avec un baril qui ne se dégonfle pas, des rendements obligataires qui sont dans les seuils critiques d'alerte", résume Frédéric Rozier, co-responsable de la gestion de portefeuille chez Mirabaud.

En Europe, Paris a reculé de 0,39%, touché par la baisse du constructeur automobile Stellantis (-2,02%) et de l'avionneur Airbus (-4,27%).

Les investisseurs ont mal réagi à l'annonce du plan stratégique de la direction de Stellantis. Le titre s'est repris en fin de séance après la suspension provisoire de sa cotation à la mi-journée.

Pareillement, les investisseurs ont encaissé la condamnation en appel d'Airbus pour le crash du vol Air France Rio-Paris en 2009 (Airbus s'est pourvu en cassation).

Francfort a également reculé de 0,53%, tandis que Milan parvenait à l'équilibre (-0,03%) et que Londres progressait légèrement (+0,11%).

A New York, l'indice Nasdaq des valeurs technologiques reculait (-0,36%) vers 16H00 GMT.

L'action de Nvidia était en baisse (-1,74%) après l'annonce de résultats de la première capitalisation mondiale, qui symbolise la course aux investissements dans l'IA (bénéfice net de 58,3 milliards de dollars pour le premier trimestre de son exercice décalé, plus que triplé par rapport à la même période l'an passé).

Le marché "s'habitue aux bonnes surprises sur Nvidia", avance Frédéric Rozier.

L'indice américain S&P 500 reculait également (-0,26%) tout comme le doyen des indices des valeurs traditionnelles, le Dow Jones (-0,12%).

- Le pétrole en petite hausse -

Les cours du pétrole sont repartis en petite hausse, Donald Trump décrivant une situation "sur le fil", et alternant entre des déclarations optimistes sur une résolution du conflit au Moyen-Orient et des menaces contre l'Iran.

L'Iran a dit "examiner" une nouvelle proposition des États-Unis dans le cadre de la visite à Téhéran du ministre pakistanais de l'Intérieur Mohsen Naqvi, dont le pays est médiateur entre les deux belligérants.

Pas assez pour calmer les cours du brut. Vers 16H10 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole, s'échangeait à 107,20 dollars le baril (+2,08%).

Traditionnellement moins cher, le WTI américain restait au-dessus des 100 dollars (100,92, +2,71%).

"Les chocs pétroliers font d'abord craindre l'inflation, puis seulement ensuite les banques centrales. Le risque actuel n'est donc pas seulement que le pétrole monte, mais qu'il monte suffisamment longtemps pour transformer un choc énergétique en problème de politique monétaire", prévient Florian Ielpo, analyste de Lombard Odier.

- Les taux stables, l'activité recule fortement en Europe -

En attendant la réunion des Banques centrales en juin, les taux d'intérêt des États ont connu de fortes secousses, avec de nettes hausse provoquées par des craintes d'inflation liées au blocage persistant du détroit d'Ormuz, et une détente la veille.

Jeudi, le taux d'intérêt allemand à échéance dix ans, référence sur le continent, était stable, à 3,10%, contre 3,09% la veille en clôture. Son équivalent français était à 3,73%, contre 3,71% la veille.

Les conséquences de la guerre au Moyen-Orient et de la flambée du pétrole commencent à se faire sentir sur le Vieux continent.

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a estimé que la guerre au Moyen-Orient allait "durer", "sous une forme ou une autre", avec un retour à la normale au plus tôt entre "l'été et l?automne" pour l'économie mondiale.

La contraction de l'activité au sein du secteur privé s'est accélérée en mai dans la zone euro, à 47,5 points, contre 48,8 points en avril, ce qui constitue le plus bas niveau enregistré depuis 31 mois.

En France, elle a connu son plus fort recul depuis cinq ans et demi en mai.

Et Bruxelles ne prévoit plus désormais qu'une progression de 0,9% du PIB en zone euro cette année, contre 1,2% en novembre.

Dans ce contexte, l'euro perdait du terrain face au dollar (-0,29%) à 1,1590 dollar pour un euro.

© 2026 AFP

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