(AOF) - La défiance s’abat sur le secteur financier à Wall Street. Banques, établissements de crédit et spécialistes du paiement s’enfoncent dans le rouge. Synchrony Financial décroche de 8,69% à 79,34 dollars, tandis que Capital One plonge de 6,98% à 231,81 dollars. American Express cède 5,26% à 355,73 dollars, Citigroup recule de 3,38% à 117,20 dollars et Visa abandonne 2,35% à 341,67 dollars.
Ces sociétés sont victimes d'une sortie de Donald Trump sur son réseau social Truth vendredi. Le président des Etats-Unis a demandé, à partir du 20 janvier, date qui correspond avec " le premier anniversaire de l'historique et très réussie administration Trump " comme il l'explique, la mise en place d'un plafonnement, d'une durée d'un an, pour les taux d'intérêt des cartes de crédit à 10%. Il estime que le public américain se fait " plumer " par les sociétés de cartes de crédit en facturant des taux d'intérêt à 20, 30% voire plus.
La veille, Donald Trump avait demandé à Fannie Mae et Freddie Mac, deux entreprises qui ont dû être soutenues par l'Etat américain lors de la crise des subprimes, d'acheter pour 200 milliards de dollars d'obligations hypothécaires. L'objectif pour le président était de faire baisser les taux hypothécaires et d'améliorer l'accessibilité au logement. La réaction a été immédiate avec une baisse spectaculaire des taux immobiliers à 30 ans qui sont revenus à leur plus bas niveau depuis trois ans en passant sous la barre des 6%, alors qu'ils stagnaient auparavant entre 6,20 et 6,50%.
A l'inverse, en bourse, la réaction est logiquement négative car si les taux d'intérêts des cartes de crédit est plafonné à 10%, les revenus d'intérêts des banques et autres organismes devraient diminuer de moitié. En outre, un taux de 10% ne couvre plus le risque de défaut de paiement des clients les plus fragiles, rendant cette activité potentiellement déficitaire.
Partant, elles vont devoir se montrer beaucoup plus sélectives et ne prêter qu'aux personnes ayant d'excellents scores de crédit, et les ménages modestes, qui sont censés être les premiers bénéficiaires de cette mesure, pourraient se voir retirer leurs cartes de crédit ou voir leurs plafonds de dépenses drastiquement réduits.
En outre, cette nouvelle intervention de Donald Trump montre une nouvelle fois l'imprévisibilité du président, qui pourrait intervenir dans n'importe quel autre secteur par décret ou pression. Dans le cas actuel, il s'agit d'une ingérence dans des mécanismes financiers qui d'ordinaire sont régis par le marché et la Réserve fédérale.
2026 Agence Option Finance (AOF) - Tous droits de reproduction réservés par AOF. AOF collecte ses données auprès des sources qu'elle considère les plus sûres. Toutefois, le lecteur reste seul responsable de leur interprétation et de l'utilisation des informations mises à sa disposition. Ainsi le lecteur devra tenir AOF et ses contributeurs indemnes de toute réclamation résultant de cette utilisation. Agence Option Finance (AOF) est une marque du groupe Option Finance