Le yen profite jeudi de l'avertissement de la Banque du Japon (BoJ) selon lequel la hausse des prix du pétrole allait doper l'inflation, tandis que le dollar cède un peu de ses gains après le statu quo de la Réserve fédérale (Fed) mercredi.
La BoJ a laissé son taux directeur inchangé à 0,75% jeudi, tout en prévenant des possibles effets du conflit au Moyen-Orient sur l'inflation. Hors produits frais, celle-ci avait pourtant ralenti au Japon à 2% sur un an en janvier.
La ministre des Finances, Satsuki Katayama, a aussi déclaré jeudi que le Japon surveille les fluctuations de sa monnaie avec une "extrême vigilance", rapporte le quotidien Mainichi Shimbun.
"Ces déclarations indiquent un risque élevé d'intervention japonaise" si la devise nationale tombe en dessous de 160 yens pour un dollar, souligne Lee Hardman, de MUFG, ce qui bénéficie au yen.
Vers 10H20 GMT (11H20 à Paris), la monnaie nippone prenait 0,46% par rapport à la devise américaine, à 159,13 yens pour un dollar.
Le billet vert reculait également de 0,16% contre l'euro, à 1,1471 dollar.
Mercredi, la banque centrale américaine a, sans surprise, maintenu ses taux inchangés, dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%.
Les responsables monétaires en ont aussi profité pour relever leur prévision d'inflation aux Etats-Unis, à 2,7% fin 2026, selon la médiane des leurs projections, contre une précédente estimation avant la guerre de 2,4%.
En janvier, les prix avaient augmenté de 2,8% sur un an aux Etats-Unis.
Dans leur ensemble, les banquiers centraux américains penchent en faveur d'une seule détente d'un quart de point cette année.
La perspective de taux américains élevés plombait encore l'or jeudi, en baisse de 2,62% à 4.692,20 dollars.
"Les marchés ont perçu une certaine fermeté lors de la conférence de presse, sans doute amplifiée par la déclaration de Jerome Powell", le président de la Fed, souligne Francesco Pesole, d'ING.
M. Powell a en effet déclaré qu'il ne comptait pas quitter son poste avant la fin de l'enquête du ministère de la Justice le visant, malgré les pressions de l'administration Trump, qui réclame de son côté inlassablement des baisses de taux plus importantes.
Mais "l'absence d'indications de la Fed laisse les marchés libres de spéculer sur les implications de la guerre en matière de politique monétaire", selon l'analyste.
La banque centrale du Canada a elle aussi opté pour le statu quo mercredi, tout comme la Banque nationale suisse (BNS) et la Banque de Suède jeudi.
Plus tard dans la journée, les investisseurs s'attendent à une décision similaire de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d'Angleterre (BoE).
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10H20 GMT 22H00 GMT
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