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Le Livret A a connu son pire premier semestre depuis 2008

Le Livret A a connu son pire premier semestre depuis 2008, première année couverte par des données consolidées, avec des retraits qui ont dépassé les versements de 5,93 milliards d'euros au 30 juin, a indiqué mercredi la Caisse des dépôts.

Ce désamour des Français pour le Livret A s'explique par la baisse de son taux d'intérêt, tombé à 1,5% en février, et la concurrence d'autres produits d'épargne, notamment l'assurance vie. Le gouvernement a annoncé mi-juillet le relèvement du taux du Livret A à 1,7% à compter du 1er août.

Combinée à celle du Livret de développement durable et solidaire (LDDS), - pour lequel les retraits ont également excédé les dépôts de 960 millions d'euros -, la décollecte a totalisé 6,89 milliards d'euros depuis le 1er janvier, selon les données publiées par l'établissement public.

A titre de comparaison, la collecte nette pour ces deux livrets avait atteint à la même époque 6,03 milliards d'euros en 2025, plus de 15 milliards en 2024 et près de 26 milliards en 2023, le record.

Au 30 juin 2026, l'encours total du Livret A et du LDDS s'élève à 608,3 milliards d'euros, en baisse de 0,1% sur les douze derniers mois: pour la première fois, les intérêts capitalisés de la fin d'année dernière ne compensent donc plus la décollecte de cette année.

Décidé mi-juillet face au regain d'inflation au premier semestre, le relèvement au 1er août du taux à 1,7% du Livret A, valable aussi pour le LDDS, pourrait permettre d'enrayer cette chute.

Le livret d'épagne populaire (LEP), plafonné à 10.000 euros et réservé aux ménages modestes, a quant à lui connu une décollecte de 380 millions d'euros depuis le 1er janvier, pour un encours total de 83,5 milliards d'euros fin juin. Son taux a été maintenu à 2,5% par le gouvernement.

Le Livret A, comme le LDDS et le Livret d'épargne populaire (LEP), est un produit liquide - chaque détenteur peut retirer ses fonds à tout moment -, garanti par l'État, donc sans risque, et exonéré d'impôts et de prélèvements sociaux.

Ils subissent la concurrence des autres produits d'épargne, l'assurance vie en tête: les contrats cumulaient 2.162 milliards d'euros à la fin du mois de mai (soit 117 milliards de plus qu'un an auparavant), selon la fédération professionnelle France assureurs.

© 2026 AFP

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