Le dollar retombe lundi après le report "de cinq jours" par Donald Trump de l'ultimatum initialement fixé ce soir à l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz, dont il avait menacé de cibler les centrales électriques, apaisant la flambée des cours de l'énergie.
"Les marchés ont brusquement changé de direction", et le cours du dollar s'est retourné, commente Kathleen Brooks, analyste chez XTB.
Donald Trump a aussi assuré lundi qu'un "changement de régime" était en cours en Iran, tout en menaçant cependant de "continuer à bombarder allègrement" si les négociations en cours avec un groupe de dirigeants iraniens non identifiés échouaient.
Après avoir perdu 1% face à la livre, la devise américaine chutait de 0,79% face à la devise britannique vers 15H10 GMT (16H10 à Paris), à 1,3448 dollar. Elle reculait aussi de 0,44% par rapport à l'euro et de 0,57% face au yen japonais.
La perspective de ces frappes qui auraient représenté une escalade dans le conflit, qui entre dans sa quatrième semaine, et d'une possible réplique iranienne, avait initialement dopé les prix des hydrocarbures.
Les investisseurs s'étaient tournés vers le billet vert, car c'est la devise dans laquelle se négocient nombre de produits énergétiques, et qu'une accélération de l'inflation présage de taux plus hauts de la Réserve fédérale (Fed).
La devise américaine tire davantage que les autres son épingle du jeu si le conflit s'exacerbe car "les économies en Asie et en Europe seront plus durement touchées par la montée des risques de stagflation" que les Etats-Unis, estime Lee Hardman, de MUFG.
Enfin, "le dollar prospère dans ce type de configuration" où les taux d'emprunts montent et la liquidité se fait rare, car il devient "indispensable" pour les investisseurs en quête de liquidités afin de couvrir leurs pertes ailleurs, par exemple, ajoutait Stephen Innes, de SPI AM, avant la volte-face de Trump.
L'or, valeur refuge concurrente du billet vert, ne faiblissait plus que 0,56% à 4.467,30 dollars l'once, après avoir perdu jusqu'à 8,46%, et l'argent reprenait 3,41%, à 70,2650 dollars l'once, suivant une chute de 10,21% plus tôt lundi.
Le métal jaune a cependant presque effacé l'intégralité de ses gains depuis le début de l'année à cause de la guerre au Moyen-Orient.
La devise de l'Australie, pays exportateur de matières premières, avait particulièrement souffert en début de séance de la perspective d'un ralentissement de la croissance des principales économies mondiales, indiquait alors Carol Kong, analyste chez CBA.
Elle remontait désormais de 0,30%, à 1,4195 dollar australien pour un dollar.
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15H10 GMT 22H00 GMT
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