Le chocolatier suisse Lindt & Sprüngli affirme avoir obtenu des hausses de prix "sans précédent" en 2025, qui ont contribué à faire monter ses ventes, malgré d'âpres négociations avec les géants de la distribution en France et en Suisse, des analystes signalant que les volumes ont eux reculé.
Le géant suisse, connu pour ses pralines Lindor, a procédé à des hausses de prix "de 19% à l'échelle du groupe", a-t-il chiffré dans un communiqué mardi, favorisant une très nette progression de son chiffre d'affaires, mais moins forte. Le tout dans un contexte généralisé de "recul des volumes à travers le secteur", a-t-il reconnu.
Le chiffre d'affaires a progressé, lui, de 8,2% à 5,92 milliards de francs suisses (6,36 milliards d'euros), dépassant les prévisions des analystes interrogés par l'agence suisse AWP, qui l'attendaient en moyenne à 5,88 milliards de francs, tandis que sa croissance organique - qui reflète ses ventes hors effets de change - s'est montée à 12,4%.
Cependant, à 15H44 GMT, l'action Lindt, la plus chère de la Bourse suisse, perdait 2,56% à 114.200 francs suisses. Son bon de participation cédait pour sa part 2,63% à 11.120 francs suisses, alors que le SPI, l'indice élargi de la Bourse suisse, se repliait de 0,69%.
D'emblée, le chocolatier avait dit s'attendre à une croissance plus élevée que de coutume en 2025 compte tenu des hausses de prix qu'il comptait négocier face à la flambée des cours du cacao. Dès janvier, il avait dit compter sur une croissance organique de 7% à 9% en 2025, puis avait relevé cet objectif aux environs 9% à 11% en juillet lors de la publication de ses résultats semestriels.
Pour 2026 et les années suivantes, il s'attend à renouer avec son objectif de moyen à long terme de 6% à 8%. Le groupe ne donnait mardi qu'une première indication sur ses ventes en 2025. Il doit publier ses résultats complets le 10 mars, avec davantage de détails sur sa marge bénéficiaire et les volumes de ventes.
- Hausse sans précédént -
Dans un commentaire boursier, Patrik Schwendimann, analyste à la Banque cantonale de Zurich, estime que le groupe s'en est bien sorti dans "une année difficile", malgré une baisse des volumes "d'environ 6,6%", qui a pu être compensée par ces hausses de prix "sans précédent".
Les cours du cacao s'étaient envolés pour toucher un plus haut historique le 18 décembre 2024 à 12.931 dollars la tonne sur le marché à New York.
Ensuite, grâce à la perspective de meilleures récoltes en Côte d'Ivoire et au Ghana, ils ont reflué en 2025 pour terminer l'année 2025 à 6.065 dollars, soit une chute de 48% durant l'année, mais se maintiennent à des niveaux élevés.
Le groupe risque toutefois de n'en bénéficier qu'à partir "de 2027" compte tenu des achats de couverture, prévient Patrik Schwendimann.
Entre 2010 et 2022, les cours oscillaient encore entre 2.000 et 3.500 dollars, rappelle l'analyste.
- D'âpres négociations -
Dans un commentaire de marché, Jean-Philippe Bertschy, analyste chez Vontobel, note que la croissance de Lindt & Sprüngli s'est normalisée en Europe au second semestre mais reste "robuste", en dépit de "dé-référencements partiels en Suisse et en France".
Il note aussi que la croissance a nettement accéléré en Amérique du Nord durant le second semestre, malgré un climat de consommation "anémique".
Les négociations de prix ont donné lieu à un bras de fer avec Migros, la première chaîne de supermarchés en Suisse, avec laquelle Lindt & Sprüngli est finalement parvenu à un accord début décembre mais aussi avec E.Leclerc en France.
"Certaines références de Noël ont été exclues des rayons au profit d'une offre plus accessible" a indiqué mardi le numéro un de la grande distribution en France, contacté par l'AFP, précisant que "les discussions commerciales traditionnelles et annuelles avec la marque se poursuivent".
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