La roupie indienne est tombée lundi à un plus bas historique, à 95 pour un dollar, avant de se reprendre, malgré les récentes mesures de la banque centrale pour limiter sa chute.
En 2025, la roupie a été parmi les devises d'Asie du Sud à afficher les plus mauvaises performances.
Cette tendance s'est poursuivie depuis le début de l'année, la monnaie indienne atteignant régulièrement de nouveaux planchers.
Selon des experts, la guerre au Moyen?Orient pèse sur la roupie, les investisseurs étrangers se délestant d'actions indiennes tandis que s'accentuent les inquiétudes liées à la hausse de la facture énergétique du pays et au risque d'un déficit courant plus important.
Lundi après-midi, la roupie a atteint 95,21 pour un dollar, soit un recul de 0,3% par rapport au cours de clôture de vendredi, avant de reprendre des couleurs à 94,83.
Le pays le plus peuplé de la planète est l'une des "économies les plus vulnérables d'Asie à un choc sur les prix de l'énergie", ont écrit lundi dans une note des analystes du groupe de services financiers Nomura.
Cela a notamment poussé les investisseurs étrangers à vendre environ 12 milliards de dollars d'actions indiennes depuis début mars.
Ce phénomène "pourrait s'intensifier si le conflit au Moyen-Orient accentue les tensions sur les marchés financiers mondiaux", ont ajouté ces analystes.
Plus significatif encore, la chute de la roupie survient malgré les récentes interventions de la Banque centrale indienne (RBI) pour enrayer son recul, notamment via d'importantes ventes de dollars.
Vendredi dernier, la RBI a agi contre la spéculation sur le marché des changes en limitant à 100 millions de dollars les positions de change quotidiennes que les prêteurs peuvent détenir.
"En limitant l'exposition sur le marché domestique, la RBI pousse les investisseurs à réduire leurs placements en dollars, ce qui retire au marché une bonne part de son carburant spéculatif ", a déclaré à l'AFP Raj Gaikar, de SAMCO Securities.
Pour M. Gaikar, si cette mesure fonctionne sur le principe, elle ne constitue pas pour autant un "renversement de tendance".
"Un baril de brut à plus de 100 dollars et des sorties persistantes de capitaux des investisseurs institutionnels étrangers (FII) demeurent des vents contraires structurels qu'aucun plafonnement des positions ne peut entièrement neutraliser", a-t-il souligné.
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