Alors que Grok, le chatbot d'intelligence artificielle (IA) conçu par xAI, est sous le feu des critiques après la diffusion d'images sexuelles truquées et générées à partir de personnes réelles, l'entreprise fondée par Elon Musk fait désormais face à une action en justice aux Etats-Unis. Ashley St. Clair, mère de l'un des enfants du milliardaire, a déposé cette semaine une plainte devant un tribunal de New York, comme le rapporte 'CNN'.
"Le produit de xAI, Grok, un chatbot d'intelligence artificielle générative, utilise l'IA pour déshabiller, humilier et exploiter sexuellement des victimes", indique le document judiciaire. La femme, âgée de 27 ans, écrivaine et commentatrice politique, soutient que Grok aurait généré ce mois-ci "d'innombrables contenus sexuels abusifs, intimes et dégradants" à son encontre, à la demande d'utilisateurs, y compris après qu'elle a publiquement indiqué qu'elle "ne consentait pas" à être dénudée numériquement.
Selon la plainte, des utilisateurs de X auraient également exhumé des photographies de St. Clair datant de ses 14 ans, sur lesquelles elle apparaissait entièrement habillée, pour demander à Grok de la dévêtir numériquement. Le chatbot aurait accédé à ces requêtes, selon la plainte.
"Aucune conséquence à ce qui se passe"
Ashley St. Clair réclame des dommages et intérêts, invoquant une détresse émotionnelle et une atteinte à sa vie privée. "Il n'y a actuellement aucune conséquence à ce qui se passe. Ils ne prennent aucune mesure pour arrêter ce comportement à grande échelle", a-t-elle déploré mercredi sur 'CNN'. A noter que les relations entre la plaignante et Elon Musk sont tendues de longue date : plus tôt cette semaine, le patron de Tesla a expliqué sur X qu'il comptait demander la garde exclusive de leur enfant.
Plusieurs gouvernements et autorités régulatrices dans le monde tentent de freiner la prolifération de contenus problématiques générés par ce chatbot IA, notamment après la révélation que certains utilisateurs pouvaient le pousser à produire des images à caractère sexuel de femmes et de mineurs. Le Royaume-Uni et le Canada ont annoncé leur propre enquête sur Grok. La Malaisie et l'Indonésie ont pris des mesures plus radicales en bloquant temporairement l'accès à Grok, invoquant la création d'images à caractère explicite. En France, le gouvernement a saisi l'Arcom début janvier, dénonçant des contenus "manifestement illicites" à caractère "sexuel et sexiste".
xAI a récemment confirmé que Grok ne modifierait plus les "images de personnes réelles portant des vêtements révélateurs" sur la plateforme X. De son côté, Elon Musk a assuré sur X qu'il n'avait "connaissance d'aucune image de nudité de mineurs générée par Grok. Littéralement zéro". Il a ajouté que Grok "refusera de produire quoi que ce soit d'illégal, le principe de fonctionnement de Grok étant de respecter les lois de chaque pays ou Etat".