Déficit: la Cour des comptes juge \"crucial\" d'atteindre les 5% du PIB en 2026...

Déficit: la Cour des comptes juge "crucial" d'atteindre les 5% du PIB en 2026

La Cour des comptes a jugé jeudi "crucial" que la France respecte son objectif de réduire le déficit à 5% en 2026, mettant en garde contre "un non-respect de la cible" qui "alimenterait la défiance des marchés vis-à-vis de notre dette publique".

"Le temps n'est plus aux ajustements différés, nous l'avons trop souvent fait ces dernières années. Le retour sous le seuil de 3% du PIB n'est pas une option, c'est une condition indispensable de la soutenabilité de notre dette", a souligné la première présidente de la Cour des comptes par intérim, Carine Camby, lors d'une conférence de presse.

Après deux années de dérapage du déficit public, à 5,5% du produit intérieur brut en 2023 et 5,8% en 2024, puis une réduction à 5,4% en 2025, le gouvernement souhaite le ramener à 5% cette année et sous le plafond européen de 3% en 2029.

L'année 2025 marque "une inflexion après deux années noires", mais "le plus difficile reste cependant à accomplir", estime la Cour dans un rapport sur la situation des finances publiques début 2026.

"L'enjeu est de prolonger cet effort dans la durée, en y intégrant des mesures d'économies d'ampleur", après une réduction du déficit en 2025 "reposant essentiellement sur des hausses d'impôts", a-t-elle ajouté.

Les Sages de la rue Cambon soulignent que les finances françaises "demeurent parmi les plus dégradées de la zone euro, avec, comme en 2024, le déficit public le plus élevé et le troisième rang des pays les plus endettés, derrière la Grèce et l'Italie".

Pour 2026, l'objectif de réduction du déficit, "revu à la baisse" à 5% du PIB contre 4,7% dans la copie initiale du budget, est "encore très incertain", estime la Cour des comptes, "tant en recettes qu'en dépenses, faute de réformes structurelles aux effets durables".

Dans le budget, sur lequel le Conseil constitutionnel doit rendre sa décision jeudi, "contrairement à 2025 où l'effort avait explicitement porté sur l'augmentation des impôts, en 2026 la répartition est plus équilibrée, puisqu'elle sera à peu près moitié-moitié entre impôts et efforts de réduction des dépenses", a reconnu Mme Camby.

Mais "les multiples compromis qui ont dû être passés pour obtenir au final l'approbation de ce texte montrent que c'est bien sûr très compliqué de s'engager résolument dans la voie du redressement", a-t-elle ajouté. "En 2026 on sera dans la continuité de 2025, ce qui n'est pas satisfaisant".

"Avec une diminution du déficit du 0,4 point de PIB par an, on ne repasserait sous 3% déficit qu'en 2032, pas en 2029", a-t-elle souligné. "Plus préoccupant encore, le ratio de dette ne commencerait à reculer qu'en 2032", avec un "effet mécanique" sur la charge de la dette.

Pour l'institution, "le risque d'un non-respect de la cible de déficit pour 2026 doit impérativement être conjuré" car "il alimenterait la défiance des marchés vis-à-vis de notre dette publique". "Un effort graduel, cohérent et poursuivi dans la durée reste indispensable", conclut-elle.

© 2026 AFP

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