Clôture Wall Street : repli marqué de la place américaine...

Clôture Wall Street : repli marqué de la place américaine

En clôture de marché, la place de Wall Street termine très nettement dans le rouge. Les indices continuent d'être lestés par les inquiétudes renouvelées à l'égard du financement des acteurs de l'écosystème de l'intelligence artificielle. Logiquement, le Nasdaq décroche tandis que débute, sans convaincre, la saison des résultats financiers.
Ce vendredi, le S&P 500 redonne -1,09% à 7.659 pts. Sur la semaine glissante, l'indice perd -1,89% (+0,48% la semaine précédente). Le Dow Jones préserve les 52.000 pts. Sur un repli de -0,34%, il rejoint les 52.002 pts. Sur la semaine, l'indice américain des valeurs industrielles reste bien orienté et prend +0,29% (+0,75% la semaine passée). Le Nasdaq plonge de -2,5% à 29.187 pts. L'indice des valeurs de la tech redonne tout de même -4,82% sur la semaine glissante après déjà -0,40% la semaine précédente.
Sur les marchés obligataires, l'obligation d'Etat américaine à 10 ans est à 5,11% et celle à 30 ans à 5,43%.

Ce coup de fraîcheur sur la place américaine s'effectue sur fonds d'accalmie sur les taux alors que les investisseurs ont réduit leurs paris sur une hausse des taux lors de la réunion de politique monétaire de la Banque centrale des 27 et 28 octobre. La probabilité, qui avoisinait les 33% hier selon l'outil 'Fedwatch', est tombée autour de 15% après une intervention de Kevin Warsh, en marge des réunions annuelles du FMI. Le président de la Réserve fédérale américaine n'a formulé aucune remarque sur la politique monétaire ou sur ses perspectives pour l'économie américaine, si ce n'est pour réaffirmer que la Fed garantirait la stabilité des prix.
A l'instar d'autres commentaires récents émanant de membres du FOMC, les propos de Kevin Warsh indiquent que le comité s'apprête à faire une pause en octobre, affirment les économistes de Goldman Sachs, dans une note reprise par Bloomberg. Ils prévoient cependant une ultime hausse des taux en décembre. Le président de la Fed a par ailleurs réitéré son optimisme concernant l'intelligence artificielle, qu'il considère comme l'innovation la plus importante pour l'économie mondiale de son vivant. Il a toutefois averti que cette technologie pourrait stimuler la demande à court terme.

Les bourses mondiales ont été fortement chahutées cette semaine par une reprise des inquiétudes du financement de la tech/IA, détournant les investisseurs du secteur vers d'autres compartiments défensifs, tels que la santé. Avec une dette de 50 milliards de dollars, le spécialiste du neocloud CoreWeave a particulièrement souffert. En trois séances, l'action a perdu plus de 20%, entraînant dans son sillage un mouvement de sell-off généralisé d'autres valeurs de l'infrastructure d'IA, à l'image de sa concurrente Nebius, Iren ou encore Broadcom. La société soutenue par Nvidia s'est retrouvée dans le viseur après que les dernières données sur l'inflation ont renforcé les anticipations de hausses des taux d'intérêt, augmentant ainsi le risque d'une hausse des coûts d'emprunt de ces sociétés très endettées. Ce vendredi, les opérateurs continuent d'afficher leur défiance envers les valeurs technologiques : CoreWeave décroche de près de 12%. Nebius est dans le même tempo et recule de 12,18%. Iren rend -11,2% Broadcom redonne -4,52% avec AMD qui baisse de -5,97%.

Sur le front géopolitique, Donald Trump a affirmé, jeudi soir, qu'il n'avait pas l'intention d'utiliser des armes nucléaires contre l'Iran et qu'il ne prévoyait pas non plus de déployer des troupes au sol dans ce pays. Dans une interview accordée à Newsmax, il a affirmé : Je n'utiliserais pas l'arme nucléaire. Nous n'en avons pas besoin. Nous sommes la plus grande puissance nucléaire au monde. La chaîne a interrogé M. Trump au sujet d'informations selon lesquelles Washington envisagerait d'utiliser la bombe GBU-43/B, surnommée 'la mère de toutes les bombes' (MOAB). Le président américain n'a pas répondu à cette question.

Du côté de l'Ukraine, l'ordre de restreindre un système satellitaire utilisé par Kiev pour les communications sur le champ de bataille et les opérations de drones a été donné depuis la Maison-Blanche, selon deux responsables américains et un responsable occidental informés du dossier. Les responsables n'ont pas précisé qui, au sein de la Maison-Blanche, a pris cette décision, ni qui a été chargé de mettre en oeuvre cet ordre. Le Pentagone est le principal client de Starshield, la version à usage militaire du service Starlink. Des responsables ukrainiens ont fait savoir cette semaine que les terminaux Starlink de qualité militaire cessaient de fonctionner en Ukraine lorsqu'ils étaient installés sur des objets se déplaçant rapidement ; cela entrave les performances des drones ukrainiens, qui dépendent de ces systèmes pour leur guidage embarqué au-dessus du territoire ukrainien.
Les dirigeants de l'Union européenne ont fait bloc, vendredi, derrière le président ukrainien Volodimir Zelensky, fragilisé par le "lâchage" de Donald Trump, qui met en péril l'appareil de défense de l'Ukraine face aux incessantes frappes russes. Volodimir Zelensky est arrivé jeudi à Bruxelles, au premier jour du sommet des Vingt-Sept -un conseil axé sur le futur budget de l'UE-, afin de s'assurer un soutien capital en termes d'aide militaire. "Notre message à Volodimir Zelensky est simple : le soutien de l'UE est plus solide que jamais", a martelé vendredi le président du Conseil européen, Antonio Costa au côté du président ukrainien, à leur arrivée au sommet. A leurs côtés, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a réaffirmé que l'UE ne relâcherait pas la pression sur la Russie tant qu'elle n'aurait pas fait un pas vers un règlement du conflit en cours depuis février 2022. Les Vingt-Sept, a-t-elle déclaré, travaillent à un 22e train de sanctions. Le Premier ministre estonien, Kristen Michal, a estimé, vendredi auprès de Reuters, qu'un nouveau prêt communautaire serait nécessaire pour renflouer les caisses ukrainiennes face à un hiver qui s'annonce comme un nouvel 'enfer'. L'Ukraine, selon son ministre des Finances Sergii Martchenko, accuse un déficit de 32,6 Mds$ dans son budget 2027.

Donald Trump, déterminé à sauver sa majorité au Congrès le 3 novembre, impute la hausse des prix des carburants au conflit russo-ukrainien plutôt qu'à la guerre au Moyen-Orient. Le président américain a maintes fois accusé Kyiv d'être à l'origine de la crise énergétique et a jugé, jeudi, lors d'une interview sur Newsmax que la reprise des bombardements ukrainiens sur les raffineries russes était une honte quelques jours à peine après avoir annoncé une 'trêve énergétique' entre les deux pays adversaires, visiblement sans en prévenir les Etats concernés.

Concernant les publications économiques, l'indice des prix à l'importation a gagné 1,1% en septembre, contre un consensus de 0,9%, et après +0,5% en août. Les prix à l'exportation ont accéléré de 2,2% sur cette même période, contre un consensus de 1% et après +1,2% en août. La production industrielle des Etats-Unis a progressé de 0,7% en septembre, au-dessus des attentes à 0,4%, et après +0,1% en août. La production manufacturière, en ligne avec le consensus, a gagné +0,3%. La balance du budget fédéral du mois de septembre, publiée à 20h, est attendue à -34,7 Mds$.

Après une semaine assez calme, les cours du pétrole sont repartis en forte hausse ce vendredi. Les inquiétudes liées à l'approvisionnement au Moyen-Orient ont alimenté la nervosité des investisseurs. Le baril de brut WTI s'emballe de +4,32%, ce vendredi. Il gagne 10$ sur la semaine et termine à 101,77$. Le WTI s'apprécie de +9,17% cette semaine, après déjà une hausse de +2,74% la semaine passée.
Le Brent de mer du Nord s'est moins revalorisé que le WTI cette semaine, mais reste toujours haut perché, au contact des 110$. Le Brent termine la semaine à 109,64$, en hausse de +3,74%. Le baril de référence européen gagne +3,39% en glissement hebdomadaire après déjà un bond de +4,23% la semaine passée.

Le billet vert se tasse de -0,75% cette semaine face à la monnaie européenne. Il s'échange 0,8898$ contre 1 euro.
L'once d'or achève la semaine à 4.164$ (3.705 euros). L'once d'argent décroche de -7,14% cette semaine, et tombe à 56,99$.
Le Bitcoin recule de -0,88% à 81.589$, ce vendredi.

A l'agenda des résultats trimestriels, la semaine prochaine, Meta publiera mercredi. Le même jour, des sociétés des semi-conducteurs, Lam Research et Texas Instruments, pourraient offrir une nouvelle perspective sur l'essor de l'IA. Tesla publiera ses résultats du 3e trimestre. Philip Morris et IBM. Netflix, Procter & Gamble et GE Aerospace sont également attendus dans les prochains jours.
Le consensus LSEG montre que les bénéfices des sociétés du S&P 500 devraient avoir progressé de plus de 30% au 3e trimestre, confirmant ainsi une année faste en termes de profits pour les entreprises.

Les valeurs

* Alcoa (+2,6% à 41,46$). Le géant américain de l'aluminium a publié, jeudi soir, des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, portés par une augmentation de la production et des prix de l'aluminium. Le bénéfice net s'est établi à 483 M$ ou 1,81$ par titre contre 232 M$ et 0,88$ par action un an plus tôt, pour des revenus de 3,7 Mds$ (+24%). Le bpa ajusté ressort à 1,82$ (1,49$ de consensus). Le free cash-flow a atteint 472 M$. Au cours du trimestre, Alcoa a accru sa production d'aluminium, et a augmenté ses livraisons de 13% à 693.000 tonnes. Le management vise toujours une production d'aluminium annuelle comprise entre 2,4 et 2,6 millions de tonnes (2,51 millions attendus).

* ExxonMobil (+2,48% à 178,98$). Le géant américain du pétrole et du gaz a averti vendredi, dans un document réglementaire, que les fluctuations des cours du pétrole entraîneraient une baisse de 1,3 Md$ de son résultat en amont au 3e trimestre. L'entreprise devra également absorber un impact négatif de 2,5 Mds$ lié à des effets de calendrier (timing effects), correspondant à des positions sur produits dérivés associées à des cargaisons expédiées mais non encore livrées. A l'inverse, la société va tirer profit de ses activités de raffinage. L'amélioration des marges de raffinage a permis de générer environ 4,5 Mds$ de bénéfices supplémentaires sur son T3. Ce montant s'ajoute aux 4,1 Mds$ que la société avait déjà tirés de ses activités de raffinage au deuxième trimestre.

* Travelers (+1,39% à 389,26$). Le groupe d'assurance a publié un bénéfice en hausse au 3e trimestre, largement au-dessus du consensus des analystes (BPA à +13%, 9,18$, bénéfice net ajusté de 1,95 Md$ à +4%), tout en soulignant que les pertes liées aux catastrophes naturelles sont en augmentation (538 M$ contre 402 M$ l'année dernière). La rentabilité ajustée s'est repliée à 22,1% (-0,5 point). Le résultat opérationnel a été porté par les réserves des années précédentes et une hausse du revenu net des investissements.

* Eli Lilly & Co (+0,4% à 1.257,25$). Le 'Foundayo' du laboratoire américain a reçu le feu vert de l'Agence européenne des médicaments, ce qui place ce produit destiné à la perte de poids en bonne position pour être approuvé sur d'autres marchés importants. Le Comité des médicaments à usage humain a recommandé l'approbation de ce comprimé, à prendre une fois par jour et également connu sous le nom d'orforglipron, pour le traitement de l'obésité et du diabète de type 2. Cette recommandation est désormais transmise à la Commission européenne, qui prendra la décision finale, généralement dans un délai d'environ deux mois. Le Foundayo a obtenu une autorisation aux Etats-Unis en avril, devenant ainsi le 2e médicament de la classe des GLP-1 sous forme orale approuvé pour la perte de poids, après la version orale du Wegovy de Novo Nordisk. Contrairement au médicament de Novo, le Foundayo peut être pris sans aucune restriction concernant la consommation d'aliments ou de boissons. Lors d'un essai clinique à un stade avancé, les patients ayant reçu la dose la plus élevée ont perdu, en moyenne, environ 11% de leur poids corporel sur une période de 72 semaines, (environ 2% pour ceux ayant reçu un placebo).

* Fox Factory (-13,3% à 16,04$). Le titre décroche après avoir révisé à la baisse ses prévisions de chiffre d'affaires net pour l'exercice 2026. Elles sont ramenées dans la fourchette 1,35-1,38 Md$, contre 1,42-1,47 Md$ précédemment. Le fournisseur de pièces automobiles a également abaissé ses prévisions de chiffre d'affaires net pour le 3e trimestre, les ramenant de 355 à 380 M$ à 336 à 340 M$.

* CoreWeave (-11,91% à 61,39$). L'opérateur de centres de données se retrouve dans l'oeil du cyclone du fait de sa lourde dette. Jensen Huang, Président directeur général de Nvidia -deuxième actionnaire du groupe-, a déclaré qu'il était confiant vis-à-vis de la situation financière de CoreWeave, affirmant qu'il n'a pas besoin de son soutien financier. "La solidité de CoreWeave s'améliore chaque jour", a-t-il déclaré à Bloomberg lors d'un événement à Stockholm. "Je suis optimiste. Leur coût du capital diminue en réalité".

* Interactive Brokers (-3,88% à 82,69$). Le courtier a délivré pour son 3e trimestre un chiffre d'affaires supérieur au consensus à 1,87 Mds$ (+16%) pour un bénéfice ajusté par action de 0,67$, en ligne avec les attentes. Le broker a par ailleurs enregistré une solide progression du volume de sa clientèle avec 5,58 millions de comptes, en hausse de 35%, pour 965 Mds$ d'actifs sous gestion. Le chiffre d'affaires des commissions a augmenté de 12% à 602 M$. En revanche, le volume d'activité baisse de 24% (pour les actions) tandis que les transactions quotidiennes moyennes, en hausse de 18%, ont cependant baissé de 11% par rapport au 2e trimestre.

* Netflix (-2,86% à 70,53$). Le groupe californien nomme Peter Rice, ancien cadre de Disney, au poste de directeur des contenus. Il succède à Bela Bajaria. M. Rice supervisera la stratégie de contenu de Netflix à compter du 26 octobre, notamment les séries, les films et les événements en direct dans toutes les régions. L'annonce fait suite au projet du géant de la VOD de licencier 6% de ses effectifs, soit environ 1.000 salariés, ce qui représente sa plus importante vague de licenciements depuis 2022.

* J.B. Hunt (-2,78% à 228,78$). Son chiffre d'affaires s'établit à 3,68 Mds$, en progression de +20% par rapport à l'année dernière. Le bénéfice dilué par action est de 1,82$, en hausse de +3%. Cependant, le résultat opérationnel qui n'a pas suivi les volumes, en progression de 2% seulement. Le groupe américain de transports et de logistique a indiqué avoir été impacté à hauteur de 50 M$ par un ensemble de difficultés, en raison de la volatilité des prix du carburant, du coût des sinistres et d'investissements dans les chauffeurs. Le management demeure cependant positif sur les perspectives, annonçant des gains de marge futurs dans plusieurs activités.

* Tesla (-2,13% à 354,72$). La présentation du Roadster de Tesla a rencontré le succès escompté, jeudi soir, à McGregor au Texas. Le nouveau modèle de véhicule de l'entreprise d'Elon Musk a fait sensation en s'élançant sur une rampe avant de se retourner sur lui-même dans le vide à plusieurs dizaines de mètres d'altitude et d'atterrir en douceur grâce à des propulseurs à gaz froid. La version volante du Roadster ne dispose pas d'homologation pour pouvoir être utilisée sur des routes publiques, mais les deux autres versions sont déjà disponibles en précommande (entre 50.000E et 250.000E d'arrhes pour un prix final encore inconnu et une livraison pas avant 2028).

* Microsoft (-1,93%) : L'autorité britannique de la concurrence, la CMA, a proposé d'attribuer à Microsoft le statut de marché stratégique dans le secteur des logiciels d'entreprise, ouvrant ainsi la voie à une intervention sur la manière dont le géant technologique américain regroupe des produits tels qu'Excel, Teams et son assistant IA Copilot.

Société(s) citée(s) :
https://bourse.fortuneo.fr/actualites/cloture-wall-street-repli-marque-de-la-place-americaine-8706550
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