Clôture Wall Street : nouvelle baisse, l'inflation et la tech pèsent...

Clôture Wall Street : nouvelle baisse, l'inflation et la tech pèsent

La bourse de New York finit encore ce soir en baisse, impactée par les chiffres de l'inflation américaine et de nouvelles interrogations sur les acteurs de l'intelligence artificielle. Les opérateurs ont par ailleurs pris connaissance de résultats mitigés de certaines grandes banques, en particulier Bank of America et State Street.

Le Dow Jones a cédé 0,09% à 51.621 points, l'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, à 26.692 points, a reculé de 1,88%, et le S&P 500, plus large, a perdu 1,11% à 7.718 points.

L'inflation CPI du mois de septembre est ressortie en hausse de 3,7% sur un an, marquant une accélération par rapport au mois d'août (3,4%) et au-dessus des attentes du consensus à 3,6%. Sans surprise, la hausse des prix aux Etats-Unis a été tirée par celle des carburants mais il est à noter que l'inflation sous-jacente, hors énergie et alimentation, ressort à 2,6%, un niveau également supérieur au consensus à 2,4%.

Sur ces chiffres, les probabilités d'une hausse des taux lors de la prochaine réunion de la Fed de fin octobre demeurent basses à 29,3% tandis que celles d'une seule hausse d'ici à la fin de l'année atteignent près de 63%.

"Ces chiffres placent les données sur les ventes au détail aux États-Unis, attendues jeudi, au centre de l'attention des marchés, qui cherchent à déterminer si la hausse de l'inflation a des répercussions sur la croissance. S'agissant de la Fed, nous continuons d'anticiper de nouvelles hausses de taux, qui viendraient de fait annuler les baisses intervenues l'an dernier. Cela étant, de nouvelles données d'inflation comparables à celles publiées aujourd'hui pourraient conduire la banque centrale à agir de manière plus agressive", a commenté Tiffani Wilding, économiste chez Pimco.

L'inflation américaine a également fait grimper les taux des obligations souveraines. Le 10 ans américain a bondi jusqu'à 5,32% avant de redescendre ce soir à 5,18%. L'US 30 ans a pour sa part atteint 5,623% pour évoluer vers 5,525% à la clôture de la bourse de New York.

Du côté du pétrole, les prix remontent légèrement ce mercredi avec un baril de WTI vers les 94$ et un baril de Brent vers les 106$ à la suite d'une attaque contre le siège de la compagnie pétrolière publique saoudienne, tandis que des responsables iraniens ont indiqué à Reuters qu'ils déployaient de nouvelles tactiques pour cibler des navires, cherchant ainsi à maintenir les cours du brut à un niveau élevé et à peser sur les élections de mi-mandat aux États-Unis.

Autre actualité, qui a pesé sur les indices américains : la chute en bourse de CoreWeave, qui construit des centres de données dédiés à l'IA, en raison d'inquiétudes ravivées sur son niveau d'endettement. L'entreprise a levé 35 milliards de dollars de dette, selon un décompte arrêté fin juin, un montant trop lourd pour les investisseurs, qui exigent des primes de plus en plus élevées pour détenir ces créances. Mercredi, le rendement des échéances à 2031 et 2032 des obligations de CoreWeave évoluait autour de 15%, rapporte l'AFP. La chute de CoreWeave a entraîné avec elle sa concurrente Nebius (-10,08%), Oracle (-8,82%) ou encore Nvidia (-3,16%) qui fournit des puces à CoreWeave.

Toujours concernant le dossier IA, Anthropic, qui prépare sa méga-IPO a présenté ses résultats financiers à un panier d'investisseurs institutionnels hier, et dévoilés par le Financial Times peu avant la clôture. Selon le FT, le groupe se dit rentable sur une base ajustée et afficherait sur le trimestre clos des revenus de 16,8 milliards de dollars, contre 11,5 milliards un trimestre auparavant. Les revenus d'Anthropic ont grimpé de près de 50% d'un trimestre sur l'autre, mais le rythme de cette croissance est tout de même moins élevé que celui observé plus tôt cette année et serait même quelque peu inférieur aux anticipations. Le groupe dit être positif en termes de cash-flow et affirme dégager 1,7$ de revenu pour chaque dollar dépensé en puissance de calcul sur le troisième trimestre. Le FT relève que le rythme de croissance est plus lent qu'au début de l'année. En outre, les revenus annualisés devraient ressortir inférieurs à la marque fatidique des 100 milliards de dollars, alors même que plusieurs sources, dont le New York Times, avaient tout récemment affirmé que le groupe franchirait ce cap cette année.

Sur le front économique, les investisseurs suivront demain les inscriptions hebdomadaires au chômage, l'indice des prix à la production de septembre, les ventes de détail du même mois, ainsi que l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie et que celui de la Fed de New York pour octobre. Enfin, les prix à l'import de septembre et la production industrielle du même mois seront annoncés vendredi.

BlackRock, Progressive Corporation, Fastenal et State Street publient ce mercredi. Le géant néerlandais des équipements de production de 'semis', ASML, référence mondiale de son compartiment, a terminé en hausse de 1,23% en Europe après avoir relevé ses prévisions financières, profitant de l'insatiable demande de l'IA.

TSMC, Charles Schwab, Prologis, Bank of New York Mellon, US Bancorp, PNC Financial, Marsh, Interactive Brokers, Infosys, ManpowerGroup et JB Hunt, seront de la fête demain avec leurs derniers résultats financiers. Regions Financial, Citizens Financial, M&T Bank, Truist et The Travelers Companies, annonceront enfin vendredi.

Les valeurs

Bank of America, l'un des géants bancaires américains, perd 4,76% à Wall Street suite à sa publication financière trimestrielle et à l'annonce d'une amende record. Le résultat net du 3e trimestre a atteint 6,9 milliards de dollars, soit un bénéfice par action de 0,91$, contre 8,3 milliards de dollars et 1,04$ par titre un an plus tôt. Hors charge liée à l'accord réglementaire, le résultat net ajusté a été de 8,1 milliards de dollars ou 1,08$ par titre, ce qui ressort tout de même inférieur au consensus. Les revenus nets des charges d'intérêts ont été de 30 milliards de dollars (+3%), ici encore moins élevés que prévu, malgré la hausse du revenu net d'intérêt et des commissions de gestion d'actifs, et avec la baisse des revenus des activités de marché (ventes et trading) et des commissions de banque d'investissement.

Le revenu net d'intérêt a été de 16,4 milliards de dollars, en hausse de 8% avec principalement l'augmentation des encours de prêts et de dépôts, la hausse des RNI liés aux activités de marchés mondiaux et la réévaluation des actifs à taux fixe. La marge nette d'intérêt (base équivalent fiscal) a été de 2,16%, en hausse de 15 points de base. Les provisions pour pertes sur créances ont été de 1,3 milliard de dollars, relativement stables par rapport au troisième trimestre 2025. Les charges hors intérêts ont été de 19,7 milliards de dollars, en hausse de 2,4 milliards de dollars. Le ROE (rentabilité des capitaux propres ordinaires moyens) a atteint 9,4% et le ROTCE (rentabilité des capitaux propres ordinaires tangibles moyens) 12,6%.

Bank of America a écopé d'une amende de 1,2 milliard de dollars pour des défaillances en matière de lutte contre le blanchiment d'argent. Les autorités de régulation ont infligé ainsi hier une amende de plus de 1,2 milliard de dollars à Bank of America en raison de défaillances généralisées dans ses dispositifs de contrôle destinés à prévenir le blanchiment d'argent et d'autres activités financières illicites. Le département du Trésor a indiqué que la banque n'avait pas correctement surveillé des transactions se chiffrant en milliers de milliards de dollars ni signalé plus de 5 milliards de dollars d'activités suspectes, incluant des transactions potentiellement liées à des réseaux chinois de blanchiment d'argent, au trafic de stupéfiants et à la fraude. Le groupe a comptabilisé dans ses résultats du troisième trimestre une charge non déductible de 1,2 milliard de dollars, affectant le bénéfice net à hauteur d'environ 17 cents par action.

State Street décroche de 4,14% à Wall Street, alors que la firme américaine a affiché au 3e trimestre des revenus en croissance de 13% à 4 milliards de dollars, inférieurs au consensus, pour un bénéfice ajusté par action de 3,69$ quant à lui conforme mais sans plus aux attentes des analystes. Les actifs sous gestion ont atteint plus de 6.300 milliards de dollars, en augmentation de 16% en glissement annuel.

Morgan Stanley (-2,75%) a annoncé des bénéfices supérieurs aux attentes sur le troisième trimestre, portés par les revenus de la banque d'investissement. Le bénéfice net part du groupe progresse de 6,5% sur un an à 4,91 milliards de dollars. Les revenus nets du groupe progressent de 11,6% à 20,34 milliards, supérieurs aux attentes qui étaient en moyenne de 19,95 milliards . Le chiffre d'affaires sur les seules opérations sur actions atteint, lui, 5,8 milliards de dollars, en hausse de 41%. La hausse des revenus générés par la banque d'investissement est due à une forte volatilité des marchés du fait du conflit en Iran, mais aussi des récentes décisions de la Réserve fédérale américaine. En revanche, le chiffre d'affaires issu de ses activités de transaction de titres à revenu fixe a reculé de 7,3% à 2,01 milliards. Le bénéfice net par action s'établit à 3,03$, meilleur que prévu.

BlackRock (+0,72%), le géant américain de la gestion d'actifs, a fait état d'un bénéfice ajusté dilué par action en croissance de 38% à 15,93$ pour son troisième trimestre 2026, contre 11,55$ à la même période l'année dernière, et des revenus en hausse de 19% à 7.752 millions de dollars, supérieur aux attentes du marché qui tablaient sur 7,43 milliards de dollars de revenus et un BPA de 14,68$. Le bénéfice opérationnel a progressé de 19% à 2,32 milliards de dollars, représentant une marge de 30%. Le bénéfice net a atteint 1,65 milliards de dollars, à +25%. Sur une base ajustée, le bénéfice opérationnel a progressé de 27% à 3,33 milliards de dollars soit une marge de 47,8%, tandis que le bénéfice net a progressé de 37% à 2,62 milliards de dollars.

Le niveau des actifs sous gestion du groupe demeure toujours impressionnant : à 15.488 milliards de dollars, en hausse de 15%, leurs flux nets totaux ont atteint +205,46 milliards de dollars au 3e trimestre. Les ETF ont représenté plus de la moitié de ces flux avec +135 milliards nets collectés sur cette période, dont +61 milliards pour les ETF obligataires. La zone Amériques a glané 125 milliards de dollars, la région EMEA 31 milliards et la zone APAC 19 milliards de dollars.

Nvidia (-3,16%). Jensen Huang, CEO du groupe, a déclaré que le géant américain des puces d'IA prévoyait d'annoncer 2 milliards de dollars d'investissements dans l'intelligence artificielle en Europe la semaine prochaine, s'ajoutant aux 8 milliards de dollars investis au cours de l'année écoulée. Nvidia a également annoncé un nouveau financement pour quatre startups françaises, entrant au capital de la plateforme de réservation médicale Doctolib, et investissant par ailleurs dans Genesis AI (robotique), Pigment (software d'entreprise) et Entalpic (recherche en chimie et matériaux). Huang a exhorté l'Europe à accélérer le développement de l'IA, en mettant l'accent sur les modèles open-source, la souveraineté technologique et la robotique.

Alphabet (-1,68%). Gemini 4 Argon est là, a lancé hier soir Sundar Pichai, le DG de Google et d'Alphabet, sur le réseau social X. La nouvelle IA est disponible mondialement dès maintenant pour les développeurs et les entreprises dans l'abonnement payant de l'API Gemini et de la plateforme Gemini, pour les abonnés Ultra dans Google Antigravity, et les abonnés Ultra et Pro dans l'application Gemini et la Recherche. Désormais disponible dans l'application Gemini, l'IA offre des capacités de raisonnement de pointe et des performances accrues pour les tâches complexes. Argon répond aux questions de manière plus directe, "sans circonlocutions inutiles, évite les répétitions superflues et fait l'impasse sur les clichés". Pour les tâches plus longues, "il vous tient informé en communiquant sa progression plus fréquemment et plus efficacement", indique Google.

Fastenal (+1,11%), groupe du Minnesota qui figure parmi les leaders américains de la distribution de matériel industriel et de construction, a annoncé pour son 3e trimestre un bénéfice net de 402 millions de dollars (+20%) et un bénéfice par action de 35 cents, légèrement supérieur au consensus. Les revenus ont été de 2,46 milliards de dollars (+15,5%) contre 2,49 milliards de consensus.

Netflix (+0,16%). D'après le Wall Street Journal, qui s'appuie sur une note interne dont il a eu connaissance, la plateforme de streaming a annoncé ce mercredi son intention de supprimer 6% de ses effectifs, soit près d'un millier de postes. Il s'agit en l'occurrence de la plus grosse vague de licenciements à l'échelle du groupe depuis 2022. La majorité des postes supprimés le seront au sein des équipes chargées des produits, de la technologie, des affaires juridiques et des ressources humaines du groupe, précise la même note. L'entreprise comptait 16.000 salariés fin 2025.

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