Clôture Wall Street : les marchés se reprennent...

Clôture Wall Street : les marchés se reprennent

Malgré une semaine difficile, Wall Street se reprend et termine dans le vert, ce vendredi. A la fermeture des marchés, le S&P 500 gagne +0,43% à 7.674 pts. Sur la semaine glissante, l'indice décroche cependant de -0,91%. Le Dow Jones gagne +0,98%, revenant à 53.277 pts. Cette semaine, les valeurs industrielles américaines cèdent à nouveau du terrain, abandonnant -0,34% en glissement hebdomadaire après déjà -0,45% la semaine précédente. Le Nasdaq recule cette semaine de -1,74%, malgré sa reprise de +0,43% à 26.180 pts ce vendredi. La cote américaine refait une partie du retard pris la veille, alors que le Nasdaq avait corrigé jeudi de -1% et le Dow Jones de -1,32% dans le sillage des mauvais chiffres US de Walmart. Jeudi soir après marchés, un autre distributeur discount, Ross Stores, a en revanche rassuré...

Le marché obligataire d'Etat reste sous surveillance. Le rendement du 'T-Bond' à 10 ans s'affiche à 4,73% contre 5,27% sur le '30 ans', ce qui demeure proche des pics récents.
Mercredi, la place américaine a profité d'une détente de courte durée sur les rendements obligataires, alors que celui de l'obligation du Trésor à 30 ans a récemment inscrit des sommets de 19 ans. L'annonce par le département du Trésor américain d'une augmentation des rachats de dette publique à long terme avait momentanément soulagé les marchés. Ce coup de pouce de Scott Bessent, Secrétaire américain au Trésor, intervient alors même que la dette nationale américaine vient de franchir pour la première fois la barre des 40.000 Mds$.

Bessent a laissé entendre qu'il est prêt à encore élargir le programme de rachat de titres du département du Trésor alors que les rendements obligataires à long terme remontaient jeudi. Il a déclaré à CNBC que le programme de rachat de dette publique du Trésor pourrait dépasser le montant de 4 Mds$ annoncé mercredi. "Nous allons assurer l'animation du marché pour ces titres. Nous procédons régulièrement à des rachats et nous allons en augmenter le volume... cela pourrait dépasser 4 Mds$ par émission". Il a souligné que le Trésor cherchait à envoyer un signal de soutien durant une période d'activité traditionnellement faible en août, en particulier pour les obligations à 30 ans, et alors que le marché est perturbé par des émissions massives d'obligations d'entreprises, entre autres facteurs.
"Nous disposons d'un vaste arsenal de mesures", a ajouté M. Bessent. "Il s'agit notamment d'envoyer un signal pour montrer que nous estimons que les rendements ne reflètent pas les fondamentaux sous-jacents (...). Nous finirons par surmonter cette situation".
Mercredi, le Trésor américain a annoncé des mesures visant à faire baisser les rendements des obligations d'Etat à long terme, indiquant qu'il allait au moins doubler le montant des rachats d'obligations à 10, 20 et 30 ans, le faisant passer de 2 à 4 Mds$. L'opération débutera le 9 septembre et se poursuivra jusqu'au 4 novembre.

La parution des Minutes de la Fed, mercredi soir, a fait peu réagir les marchés. Le rapport a confirmé que lors de la dernière réunion de la Réserve fédérale, le statu quo relatif aux taux a été décidé à neuf voix contre trois (Beth Hammack, Neel Kashkari et Lorie Logan), mais a également indiqué que plusieurs banquiers centraux se sont prononcés en faveur d'une prochaine hausse, face aux préoccupations relatives à l'inflation. Le président de la Fed, Kevin Warsh, a par ailleurs proposé de réduire le nombre de réunions de la banque centrale à six par an, contre huit actuellement. La Fed avait maintenu les taux inchangés lors de la réunion de juillet, bien que trois des douze membres votants du FOMC aient donc soutenu une hausse d'un quart de point.
La probabilité d'un relèvement des taux de la Fed le 16 septembre à l'issue de la prochaine réunion monétaire se situe désormais à 38,4% contre 61,6% de 'proba' d'un statu quo laissant les taux entre 3,50 et 3,75%, selon l'outil CME FedWatch.

Par ailleurs, le dossier Ormuz est dans l'impasse diplomatique, les Etats-Unis et l'Iran ayant stoppé leurs négociations, selon le président américain qui avait menacé en début de semaine de bombarder Oman si le pays se mettait en travers de sa route concernant le détroit d'Ormuz. Trump a mis en garde contre des conséquences économiques "énormes" pour tout pays commerçant avec l'Iran. "J'annonce l'opération économique la plus dévastatrice jamais menée contre un pays ! Il s'agira d'une guerre économique et d'un isolement d'une ampleur sans précédent", a déclaré le président américain sur Truth Social, affirmant que l'Iran ne tenait plus qu'à un fil après des mois d'opérations américaines visant le pays et appelant les alliés des Etats-Unis à se joindre à l'initiative. Cette semaine, alors que des responsables américains et iraniens ont indiqué qu'aucune négociation n'était en cours, les données relatives au transport maritime ont montré que le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz s'était réduit à une portion congrue.
Par ailleurs, Scott Bessent a déclaré que Washington imposerait des sanctions sévères à l'Iran, renforçant ainsi les menaces du président de mener une guerre économique contre Téhéran. "Nous avons le blocus, et nous allons mettre en place les sanctions les plus sévères de l'histoire", a déclaré Bessent lors d'une interview accordée à CNBC, ajoutant qu'il tiendrait une conférence de presse lundi pour en exposer les détails.
Bessent a également appelé la Chine à coopérer à l'application de ces sanctions, bien que Pékin ait vivement critiqué les projets visant à imposer de nouvelles restrictions à l'Iran. Ces déclarations de Bessent interviennent après que Trump a mis en garde l'Iran, mercredi, contre une guerre économique et un isolement d'une ampleur sans précédent. L'Iran a balayé ces menaces, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi accusant Trump de chercher à détourner l'attention des problèmes intérieurs, au premier rang desquels figure la dette américaine croissante...

Sur le front économique ce vendredi, l'indice flash PMI composite américain du mois d'août 2026 s'est établi en effet à 56, contre 54,3 de consensus FactSet et 54,5 pour sa lecture finale de juillet. L'indice manufacturier est ressorti à 53,2 contre un consensus de 54,4, alors que sa lecture finale de juillet était de 53,9. L'indice préliminaire des services en août a atteint 56,8, contre 53 de consensus FactSet et 54,6 en lecture finale pour le mois antérieur.

Avec la montée des tensions dans les échanges diplomatiques, le prix du baril de pétrole a grimpé toute la semaine. Ce vendredi, le baril de brut WTI prend +0,51% à 86,64$ (82,57$ il y a une semaine). En glissement hebdomadaire, le baril de référence américain s'apprécie de +4,93%. Le baril de Brent de mer du Nord prend de +0,49% ce vendredi, terminant à 93,7$ (88,8$ la semaine passée). Le Brent a grimpé chaque jour de la semaine, si bien que le baril s'apprécie de +5,5% en glissement hebdomadaire.
Le billet vert redonne -0,84% cette semaine, s'échangeant 0,8565$ contre 1 euro, ce vendredi.
L'once d'or termine, ce vendredi, à 4.608,19$ (3.946 euros), contre 4.375,6$ à la fin de la semaine précédente. Le métal jaune est encore assez loin de son record de 5.594$, le 29 janvier dernier. L'once d'argent bondit cette semaine de +6,63% à 68,99$.

Le Bitcoin bondit de +7,88% ce vendredi, terminant la semaine, à 78.453$. L'optimisme est revenu après une rencontre entre Donald Trump et des dirigeants du secteur, notamment de Coinbase, Payward et Blockchain.com Group Holdings. Cette initiative a contribué à raviver l'espoir concernant le 'Clarity Act', projet de loi sur la structure du marché des cryptomonnaies qui n'avait pas pu être soumis au vote avant la pause estivale du Sénat. Le BTC profite aussi des actions annoncées du Trésor, interprétées comme une expansion de la liquidité.

Les valeurs

* BJ's Wholesale (+5,61% à 96,42$). La chaîne américaine de clubs-entrepôts réservés aux membres, a annoncé pour son 2E trimestre fiscal de solides résultats témoignant de l'accélération des ventes à comparable, d'un nombre record d'adhérents et d'une rentabilité jugée robuste. Les ventes comparables des clubs ont augmenté de 11,9% sur un an. Les ventes comparables des clubs hors ventes de carburant ont progressé de 3,1% sur un an. Les revenus issus des cotisations des adhérents ont augmenté de 9,9% sur un an pour atteindre 135,6 M$. Le nombre d'adhérents a atteint un niveau record de 8,5 millions. La croissance des ventes comparables réalisées via les canaux numériques s'est élevée à 30%.
Le bpa dilué ajusté a été de 1,36$. La société a ouvert trois nouveaux clubs et une nouvelle station-service. Les revenus ont totalisé 6,23 Mds$, en croissance de près de 16%. Le consensus était de 1,17$ de bénéfice trimestriel ajusté par action pour 5,94 Mds$ de revenus. Le bénéfice net a progressé de 15,4% à 174 M$. L'Ebitda ajusté s'est amélioré de 14,3% à plus de 347 M$.
La société table sur une croissance des ventes comparables des clubs (hors ventes de carburant) comprise entre 2 et 3% en 2026, pour un bpa ajusté compris entre 4,60 et 4,80$. Les dépenses d'investissement sont anticipées à environ 800 M$, reflétant la poursuite des investissements dans l'ouverture de nouveaux clubs et l'amélioration du réseau de distribution, notamment le centre de distribution de produits à température ambiante.

* Ross Stores (+4,39% à 239,04$). La chaîne américaine de distribution discount a dépassé les attentes de profits au 2e trimestre et relevé, jeudi soir, ses estimations annuelles. Pour le 2e trimestre fiscal, le groupe a dégagé un bénéfice ajusté par action de 2,06$ hors remboursement IEEPA des tarifs douaniers, contre 1,93$ de consensus et 1,56$ un an avant. Les revenus ont totalisé 6,26 Mds$ (+13%), également supérieurs aux attentes, contre 5,53 Mds$ sur la période correspondante de l'an dernier. La croissance à comparable a été de 10%, avec la hausse du trafic. Le bénéfice net est ressorti à 851 M$ (508 M$ un an avant).
L'entreprise a relevé sa prévision de bénéfice par action pour l'exercice 2026 dans une fourchette de 8,61 à 8,77$, en incluant le remboursement de droits de douane. Elle prévoit une hausse de 6 à 7% des ventes à magasins comparables au 3e trimestre et de 4% à 5% au 4e trimestre, avec un bénéfice par action estimé entre 1,75 et 1,83$ pour le 3e trimestre et entre 2,17 et 2,26$ pour le 4e. Jim Conroy, DG du groupe, indique : "Malgré des bases de comparaison d'une année sur l'autre nettement plus difficiles au second semestre, nous relevons nos prévisions pour les 3e et 4e trimestres".

* Uber (+0,32% à 78,8$). L'Autorité néerlandaise de protection des données a infligé au groupe une amende de 825 millions d'euros pour avoir désactivé des comptes de chauffeurs via des systèmes automatisés sans les en informer correctement, selon une décision du 17 août dont l'agence Reuters a pris connaissance. Il s'agit de la 2e plus importante sanction au titre du règlement général sur la protection des données (RGPD), derrière l'amende de 1,2 milliard d'euros infligée à Meta par l'Irlande en 2023, note l'agence. Uber entend faire appel.

* Nvidia (-0,98% à 214,72$). Le groupe doit publier mercredi prochain ses derniers comptes trimestriels. Selon des sources Bloomberg proches du dossier, le géant américain aurait entamé des discussions préliminaires avec le concepteur coréen de puces pour l'IA Rebellions au sujet d'éventuelles collaborations, qu'il s'agisse d'un partenariat technique, d'un investissement ou peut-être même d'une acquisition. Jensen Huang, fondateur et DG de Nvidia, aurait ainsi rencontré Sunghyun Park, cofondateur et DG de Rebellions, au siège de l'entreprise américaine à Santa Clara en Californie cette semaine pour évoquer un rapprochement potentiel.
Basé à Bundang en Corée du Sud et fondé il y a 6 ans seulement, Rebellions a levé environ 850 M$ auprès d'investisseurs tels que SK Hynix, Samsung Ventures et Arm Holdings. Sa valorisation la plus récente avoisine les 2,3 Mds$ selon Bloomberg. La startup a également bénéficié d'un investissement direct du gouvernement coréen. Les pourparlers entre Nvidia et Rebellions n'en sont qu'au stade préliminaire et pourraient ne pas aboutir à une transaction, ont indiqué les sources de l'agence.
Rebellions figure parmi les startups de semi-conducteurs qui conçoivent et déploient leurs propres puces pour concurrencer Nvidia, note Bloomberg. L'entreprise se spécialise dans les unités de traitement neuronal (NPU) pour centres de données, optimisées pour les tâches d'inférence en IA.

* Anthropic PBC, la startup d'IA connue pour son modèle phare Claude, prévoit selon Bloomberg d'égaler ou de dépasser le montant de l'introduction en bourse record de SpaceX. L'agence cite des sources proches du dossier, alors que les préparatifs pour l'entrée en bourse de cette société d'intelligence artificielle s'accélèrent.
Le créateur de Claude peaufine donc ses calculs en vue de déposer publiquement le dossier de sa potentielle introduction en bourse géante, peut-être dès la fin du mois, ont indiqué ces sources de Bloomberg. Lors de récentes présentations aux investisseurs, le directeur financier Krishna Rao aurait évité d'aborder la question de la valorisation, ont-elles précisé. L'entreprise de fusées, satellites et IA d'Elon Musk, SpaceX, avait levé 75 Mds$ lors de son lancement -et même 86 Mds$ avec l'option de surallocation- ce qui en a fait la plus importante première vente d'actions de l'histoire, selon des données compilées par Bloomberg.
Les discussions sont en cours et les détails de l'introduction en bourse d'Anthropic, y compris son montant, pourraient encore évoluer, ont indiqué les sources de l'agence, qui ont requis l'anonymat car ces informations ne sont pas publiques. L'objectif visé par Anthropic illustre d'après Bloomberg la rapidité avec laquelle les leaders du secteur de l'IA transforment le paysage de l'investissement technologique.
Anthropic, fondé il y a 5 ans, a levé 65 Mds$ en mai sur la base d'une valorisation de 965 Mds$, dépassant ainsi celle de son concurrent OpenAI (852 Mds$ en mars, lors d'une levée de fonds de 122 Mds$ par le créateur de ChatGPT). Bien qu'Anthropic ait enregistré un résultat opérationnel ajusté positif au deuxième trimestre, le groupe a subi une perte nette de près de 42 Mds$ en 2025, 5 fois plus élevée que celle de l'année précédente selon des documents consultés par Bloomberg News.
La demande pour l'IA connaît toujours une croissance très rapide, comme en témoigne la forte hausse du chiffre d'affaires d'Anthropic. L'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires préliminaire de plus de 11,5 Mds$ au 2e trimestre, contre 787 M$ à la même période en 2025. Par ailleurs, son rythme de revenus annualisé a atteint 65 Mds$ fin juillet, a rapporté Bloomberg News.
Anthropic est en bonne voie pour faire ses débuts en bourse avant OpenAI, qui envisage désormais une introduction en 2027. Les deux sociétés ont déposé des dossiers confidentiels. Avant le dépôt public de son dossier, Anthropic s'apprête à finaliser une facilité de crédit renouvelable qui lui permettra de lever davantage que l'objectif initial d'environ 10 Mds$, selon Bloomberg. Anthropic collabore avec Morgan Stanley, Goldman Sachs et JP Morgan Chase pour cette introduction en bourse, et d'autres banques pourraient s'y associer, a rapporté Bloomberg News.

Société(s) citée(s) :
https://bourse.fortuneo.fr/actualites/cloture-wall-street-les-marches-se-reprennent-3665868
Fortuneo