Clôture Wall Street : les marchés dans le rouge ; les pétroles flambent...

Clôture Wall Street : les marchés dans le rouge ; les pétroles flambent

Au terme d'une semaine tendue, les marchés américains terminent ce soir en rouge soutenu, avec l'embrasement du conflit au Moyen-Orient. Ce vendredi, le S&P 500 cède -1,33%, revenant à 6.740 pts. Sur la semaine, l'indice décroche de -2,06%. Le Dow Jones redonne -0,95%, tombant à 47.501 pts. La semaine est au rouge vif pour les valeurs industrielles, qui décrochent de -2,87%. La glissade du Nasdaq est un peu moins soutenue. Le Composite décroche de -1,59% ce vendredi, revenant à 22.387 pts. Sans cette journée, le Nasdaq aurait été à l'équilibre, puiqu'en glissement hebdomadaire son repli est également de -1,59%.
Une nouvelle fois, la prudence a prévalu à Wall Street après la publication du rapport gouvernemental mensuel sur l'emploi, dans un contexte géopolitique toujours scabreux, et teinté de craintes inflationnistes.

Les chiffres de l'emploi ont effectivement très désagréablement surpris en février, avec des destructions de postes inattendues et conséquentes, ainsi qu'une remontée du chômage. Cependant, les préoccupations belliqueuses au Moyen-Orient ont prévalu.
Le Président américain, Donald Trump a soutenu dans un message sur Truth Social : "Il n'y aura d'autre accord avec l'Iran qu'une capitulation sans condition ! Après cela, et après l'élection d'un ou plusieurs dirigeants dignes et acceptables, nous, ainsi que nombre de nos formidables et courageux alliés et partenaires, oeuvrerons sans relâche pour sortir l'Iran du précipice et en faire un pays économiquement plus prospère et plus fort que jamais. L'Iran aura un avenir radieux. 'Rendre sa grandeur à l'Iran (MIGA !)'".

Ce vendredi marque le 7e jour de conflit sans signe d'apaisement au Moyen-Orient. Le choc géopolitique du week-end dernier accentue la fragilité de marchés actions souffrant déjà de craintes liées à la soutenabilité des dépenses des 'hyperscalers' dans l'IA, et de l'impact de cette même IA sur le segment software, ou encore des appréhensions concernant le crédit privé. Les marchés avaient par ailleurs pris connaissance, en fin de semaine dernière, de chiffres peu reluisants de l'inflation des prix à la production. La flambée des cours du brut, si elle devait durer, raviverait d'autant plus ces craintes de résurgence de l'inflation, laissant peu de marge de manoeuvre à la Fed.

Du côté de la macro-économie, les chiffres américains du chômage pour le mois de février 2026 ont largement déçu. Ainsi, les Etats-Unis ont détruit 92.000 postes non-agricoles en février, alors que les économistes anticipaient en moyenne 60.000 créations. Le taux de chômage est remonté à 4,4% (4,3% un mois avant). Les destructions de postes dans le privé ont été de 86.000 (+65.000 de consensus), avec 12.000 emplois manufacturiers détruits. Le taux de participation à la force de travail est ressorti à 62%. Le salaire horaire moyen a progressé plus que prévu, en hausse de 0,4% d'un mois sur l'autre et de 3,8% sur un an. L'emploi dans le secteur de la santé a diminué, en raison des grèves. L'emploi dans les secteurs de l'information et du gouvernement fédéral a continué de baisser, a précisé le Bureau américain des statistiques du travail.
La variation de l'emploi total non agricole pour décembre 2025 a été révisée à la baisse de 65.000, passant de +48.000 à -17.000. La variation pour janvier a été révisée à la baisse de 4.000, passant de +130.000 à +126.000. Après ces révisions, l'emploi cumulé pour décembre et janvier est inférieur de 69.000 aux chiffres précédemment publiés.

Les investisseurs ne trouveront pas de refuge du côté de la consommation, puisque les ventes de détail de janvier se sont établies en repli de -0,2% d'un mois sur l'autre contre un consensus stable. Hors automobile, ces ventes sont ressorties quasiment inchangées, contre +0,1% de consensus. Hors automobile et essence, elles ont progressé de 0,3%, niveau très légèrement inférieur au consensus des économistes.

Sur le front commercial, le gouvernement américain aurait refusé de rembourser aux compagnies concernées, les droits de douane jugés illégaux par la Cour suprême, a rapporté ce vendredi, le Financial Times citant des personnes au fait de la question. Les services douaniers refuseraient les demandes de remboursement des droits de douane imposés en vertu des pouvoirs d'urgence invoqués par Trump. Cette décision plonge les entreprises dans l'incertitude et multiplie les litiges devant les tribunaux, indique le FT. Reuters rappelle que le gouvernement américain a perçu plus de 130 Mds$ de droits de douane illégaux, éléments centraux de la politique commerciale de Trump. La Cour suprême n'ayant pas précisé les modalités de remboursement, la confusion règne quant à la façon dont les importateurs seront indemnisés. Mercredi, un juge de la Cour commerciale américaine a ordonné au gouvernement de commencer à rembourser potentiellement des milliards de dollars aux importateurs ayant payé ces droits de douane.

Flambée du pétrole

Le conflit au Moyen-Orient, déclenché par les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran le 28 février, a bouleversé les marchés de l'énergie et fait flamber les prix du pétrole brut, du gaz naturel et des produits pétroliers. La flambée des prix de l'énergie menace l'économie mondiale d'une vague inflationniste, ce qui avec le "risque de guerre" tend un peu plus les marchés actions.
D'autre part dans une interview accordée au 'Financial Times', le ministre qatari Saad al-Kaabi a affirmé que la production de pétrole au Qatar ne reprendrait pas tant qu'il n'y aurait pas un cessez-le-feu complet. Selon lui, tous les producteurs d'énergie du Golfe cesseront leurs exportations dans les semaines à venir. La situation risque donc de faire grimper le prix du pétrole à 150 dollars le baril. "Tous ceux qui n'ont pas encore invoqué la force majeure devraient le faire dans les prochains jours, tant que la situation perdure. Tous les exportateurs de la région du Golfe devront invoquer la force majeure", a ajouté Saad al-Kaabi précisant que même si la guerre prenait fin immédiatement, il faudrait au Qatar "des semaines, voire des mois" pour revenir à un cycle normal de livraisons. Le Qatar a interrompu sa production de gaz naturel liquéfié lundi, l'Iran continuant à frapper les pays du Golfe en représailles aux frappes israéliennes et américaines.

Dans ce contexte, bien naturellement, les cours de l'or noir accélèrent... Le baril de WTI s'emballe de +16,37% ce vendredi, à 91,79$. Sur la semaine, le baril de référence américain bondit de +28,67%. Aux Etats-Unis, les prix de l'essence à la pompe touchent un plus haut niveau de la présidence de Donald Trump. Le prix de l'essence à la pompe a atteint 3,32$ le gallon jeudi, selon l'Association américaine des automobilistes (AAA).
Du côté de l'Europe, le baril de Brent de mer du Nord bondit de +10,3% à 92,99$. Il prend +18,9% sur la semaine glissante.

Du côté des devises, le dollar gagne +0,61% cette semaine face à la monnaie européenne, et s'échange 0,8608 euro.
L'once d'or n'est pas à son plus haut, mais termine la semaine à 5.171$, pour un gain hebdomadaire de +0,53%.
Le Bitcoin gagne +0,54% à 67.586$. La reine de cryptomonnaies cède -2,59% sur la semaine glissante.

Les valeurs

* Samsara (+19,54% à 35,36$). Cet acteur californien de l'IA a publié, pour son 4e trimestre fiscal, un bénéfice ajusté par action de 18 cents (13 cents de consensus et 11 cents un an plus tôt). Les revenus ont été de 444 M$ (+28%), largement supérieurs aux attentes (346 M$ sur la période correspondante de l'an dernier). "Depuis notre création il y a plus de 10 ans, nous nous sommes engagés à numériser les opérations physiques à l'échelle mondiale", a déclaré Sanjit Biswas, cofondateur et DG de Samsara.

* Marvell Technology (+18,35% à 89,57$). Le spécialiste de la conception de circuits intégrés de stockage et de transmission destinés aux fabricants d'équipements de réseaux haut débit, de disques durs et de produits électroniques grand public, s'envole à Wall Street. Le groupe a publié pour son 4e trimestre fiscal des comptes soutenus par l'IA, et relevé sa guidance avec la demande des centres de données. Sur le trimestre clos, le groupe a affiché un bénéfice ajusté par action de 80 cents, au-dessus du consensus (60 cents un an avant). Les revenus ont totalisé 2,22 Mds$ (1,82 Md$ un an plus tôt), ce qui marque un nouveau record et une croissance de 22%. La marge brute ajustée a été de 59%.
Les perspectives financières du 1er trimestre de l'exercice 2027 intègrent les résultats attendus de Celestial AI et de XConn Technologies, ces deux acquisitions ayant été finalisées après la clôture de l'exercice 2026. Les revenus du 1er trimestre sont attendus à 2,4 Mds$, plus ou moins 5%, pour un bpa ajusté de 79 cents, plus ou moins 5 cents.

* Guidewire (+4,49% à 168,87$). L'éditeur américain de logiciels et solutions cloud pour l'assurance IARD a publié, jeudi soir, pour son 2e trimestre fiscal un bénéfice net de 60 M$ et un bénéfice ajusté par action de 1,17$, largement supérieur aux attentes de marché. Le groupe software californien a réalisé des revenus de 359 M$ (+24%), également supérieurs aux attentes. Sur le trimestre entamé, Guidewire envisage des revenus allant de 352 à 358 M$, tandis que pour l'exercice, ces revenus sont anticipés entre 1,44 et 1,45 Md$. Le bénéfice opérationnel ajusté est attendu entre 59 et 65 M$ sur le trimestre et entre 293 et 303 M$ sur l'exercice. Le cash-flow opérationnel annuel est anticipé entre 360 et 375 M$.

* Costco Wholesale (+1,58% à 998,1$). Le distributeur américain spécialisé dans les produits et services à prix réduits a publié, jeudi soir, pour son 2e trimestre fiscal des revenus de 69,6 Mds$, en croissance de +9,2% en glissement annuel, pour un bénéfice ajusté par action de 4,58$ (4,02$ un an plus tôt). Les ventes nettes ont totalisé 68,2 Mds$ sur le trimestre (+9,1%) et 134,2 Mds$ sur le semestre (+8,7%). Les commissions d'abonnements ont atteint 1,35 Md$ sur le trimestre clos le 15 février (1,19 Md$ un an plus tôt). Par ailleurs, les ventes à comparable pour le 2e trimestre ont augmenté de 5,9% aux USA (+6,4% sur une base ajustée), 10,1% au Canada (+7,6% sur une base ajustée) et 13% sur les autres marchés internationaux. Ainsi, la croissance à comparable dans le monde a été de +7,4% sur le trimestre (+6,7% sur une base ajustée, hors impacts des changements de prix de l'essence et des effets de change).
Le bénéfice net trimestriel a atteint 2,04 Mds$ (1,79 Md$ sur la période comparable, l'an dernier). Sur le semestre, le profit net s'élève à 4,04 Mds$, (3,59 Mds$ un an plus tôt). Enfin, sur la période de 4 semaines se terminant au 1er mars, le groupe a réalisé des ventes nettes de 21,7 Mds$ en augmentation de +9,5%, avec des performances à comparable de 5,2% aux USA, 12,8% au Canada, 17,9% sur les autres marchés internationaux, et ainsi 7,9% dans le monde.

* Gap (-14,41% à 23,28$). Le détaillant américain a publié, jeudi soir, des résultats "conformes" et par ailleurs, a fourni une faible guidance au titre du 1er trimestre fiscal 2026 juste entamé. Le groupe de San Francisco a annoncé pour le 4e trimestre fiscal clos un bénéfice net de 171 M$ et un bénéfice par action de 45 cents, en ligne mais sans plus avec le consensus des analystes, pour des revenus de 4,24 Mds$.
Les ventes ont augmenté de +2% en 2025 à 15,4 Mds$ environ, ce qui reste logé en haut de fourchette des estimations du groupe, avec une performance de 3% à comparable. Le groupe a aligné 8 trimestres de croissance positive à comparable. Le bénéfice opérationnel annuel atteint 1,1 Md$, pour une marge de 7,3%. Le cash-flow opérationnel a été de 1,3 Md$. Le bénéfice net consolidé annuel ressort à 816 M$, 2,13$ par titre. Gap annonce aussi une nouvelle autorisation de rachat d'actions de 1 Md$.
Le groupe envisage sur l'exercice un bpa ajusté allant de 2,20 à 2,35$, une croissance des ventes de +2 à +3%, une marge brute stable ou en modeste hausse, ainsi qu'une marge opérationnelle ajustée de 7,3 à 7,5%. Sur le seul 1er trimestre, les ventes nettes sont anticipées en hausse de +1 à +2%, pour une marge brute en retrait de 150 à 200 points de base avec l'impact des tarifs douaniers (200 pb).

* BlackRock (-7,17% à 955,45). Selon Bloomberg, le gestionnaire d'actifs plonge en bourse suite à la publication d'un document récent indiquant que sa filiale de prêt a déprécié à zéro la valeur d'un crédit de 25 M$, seulement 3 mois après l'avoir évalué à sa valeur nominale. Cette dépréciation est intervenue via BlackRock TCP Capital, qui détenait un prêt de second rang à Infinite Commerce Holdings, un agrégateur Amazon spécialisé dans l'acquisition de vendeurs en ligne.

* Oracle (-1,38% à 152,96$). Selon Bloomberg, l'éditeur de logiciels d'entreprise prévoit de supprimer des milliers d'emplois afin de faire face à des difficultés de trésorerie liées à l'expansion massive de ses centres de données dédiés à l'IA. Ces suppressions de postes toucheraient différentes divisions de l'entreprise et pourraient être mises en oeuvre dès ce mois-ci. D'après deux sources, certaines suppressions concerneraient des catégories d'emplois dont l'entreprise anticipe une diminution du fait de l'IA.
Les réductions d'effectifs prévues devraient être plus importantes que les suppressions de postes habituelles au sein de l'entreprise, selon des sources internes citées une fois encore par Bloomberg. Cette semaine, Oracle a annoncé en interne qu'il allait réexaminer de nombreuses offres d'emploi au sein de sa division cloud, ralentissant ou gelant le processus de recrutement, toujours selon des personnes au fait du dossier... L'entreprise comptait environ 162.000 employés à la fin du mois de mai 2025. La planification des réductions d'effectifs est toujours en cours et pourrait évoluer, ont indiqué les sources de l'agence.

Société(s) citée(s) :
https://bourse.fortuneo.fr/actualites/cloture-wall-street-les-marches-dans-le-rouge-les-petroles-flambent-8641261
Fortuneo