Clôture Wall Street : encore en recul, sous le poids de la tech et des taux...

Clôture Wall Street : encore en recul, sous le poids de la tech et des taux

Wall Street perd encore du terrain ce mardi, sur fond des tensions géopolitiques et de flambée des rendements obligataires.

L'indice Dow Jones a cédé 0,22%, ou 116,38 points, à 53.343,40 points. Le S&P-500, plus large, a perdu 53,30 points, soit 0,69%, à 7.691,76 points. Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 355,20 points (1,33%) à 26.289,71 points.

Le rendement des bons du Trésor US à dix ans atteint 4,68%, sur ses niveaux de janvier 2025, tandis que le '30 ans' s'affiche à 5,26%, à un pic depuis 2007, alors que les investisseurs s'inquiètent d'une inflation potentiellement persistante. L'émission massive de dettes d'entreprises exerce également une pression sur les obligations à travers le monde...

Le dossier Ormuz est dans l'impasse diplomatique, les Etats-Unis et l'Iran ayant stoppé leurs négociations, selon le président américain qui avait menacé hier de bombarder Oman si le pays se mettait en travers de sa route concernant le détroit d'Ormuz. Les opérateurs avaient pourtant été rassurés la semaine dernière par des chiffres de l'inflation plutôt réconfortants, laissant un peu plus de marge de manoeuvre à la Fed, ce qui avait porté les indices boursiers vers les sommets.

Les fabricants de semi-conducteurs ont plongé, les investisseurs s'étant détournés du secteur au profit de valeurs refuge.

"C'est un peu un effet domino", a commenté Burns McKinney, gestionnaire de portfolio chez NFJ Investment Group, cité par Reuters. "Les négociations (entre Washington et Téhéran) s'arrêtent. Donc les prix du pétrole augmentent. Cela laisse anticiper une inflation plus élevée, et donc les rendements obligataires progressent".

"A chaque fois que les obligations sont en hausse, les titres technologiques sont souvent impactés de manière disproportionnée", a-t-il ajouté.

Le baril de brut WTI est repassé au-dessus des 85$. L'once d'or fin s'échange 4.338$ l'once. Les navires empruntant le détroit restent exposés à des risques d'attaques, alors que les négociations visant à résoudre le conflit en cours entre les États-Unis et l'Iran restent dans l'impasse. Seulement six navires de transport de marchandises ont traversé le détroit hier, selon les données de suivi maritime de Kpler relayées par Reuters, contre une moyenne mobile de 11 sur 10 jours. Trois navires ont emprunté le détroit samedi et deux dimanche. Avant le début du conflit le 28 février, entre 130 et 140 navires traversaient chaque jour Ormuz.

La probabilité d'un relèvement des taux de la Fed le 16 septembre à l'issue de la prochaine réunion monétaire se situe désormais à 35,3% contre 64,7% de 'proba' d'un statu quo laissant les taux entre 3,50 et 3,75%, selon l'outil CME FedWatch. Le même outil montre une probabilité dominante de 44,9% que les taux terminent l'année entre 3,75 et 4%, ce qui représenterait une hausse d'un quart de point.

Dans les prochains jours, les marchés se tourneront vers les résultats du secteur de la distribution. Nordson, Estée Lauder, Viking Holdings, Target, Lowe's, TJX ou Analog Devices annoncent demain. Walmart, Alibaba, Deere et Ross Stores seront de la partie jeudi. BJ's Wholesale annoncera enfin vendredi.

Par ailleurs, la valorisation de l'éventuelle introduction en bourse massive du leader de l'IA Anthropic pourrait dépendre d'un objectif de chiffre d'affaires atteignant 200 milliards de dollars pour 2028. Selon certaines sources de Reuters, Anthropic prévoit un chiffre d'affaires compris entre 190 et 200 milliards de dollars pour 2028. Les banquiers et les investisseurs utilisent des multiples de valorisation basés sur le rapport entre la valeur d'entreprise et le chiffre d'affaires prévisionnel, indiquent ces mêmes sources. Cloudflare, Palantir et SpaceX servent de points de comparaison à l'approche de la journée dédiée aux analystes organisée par Anthropic.

Alors qu'Anthropic se prépare à ce qui pourrait être l'une des plus importantes introductions en bourse jamais enregistrées, Wall Street anticipe bien au-delà de ses horizons habituels pour évaluer l'entreprise d'IA, en se fondant sur le chiffre d'affaires qu'elle pourrait générer d'ici deux ans. La guidance de 190 à 200 milliards de dollars pour 2028 éclipse largement le chiffre d'affaires annualisé de 47 milliards de dollars que l'entreprise avait communiqué en mai dernier, illustrant ainsi l'ampleur de la croissance que les investisseurs sont invités à soutenir. Il s'agit aussi d'une bonne nouvelle pour le secteur de l'IA au sens large en bourse, qui montre que les investissements énormes des derniers mois n'ont pas été réalisés en vain.

Sur le front économique, les mises en chantier de logements aux États-Unis pour le mois de juillet 2026, publiées ce jour, se sont établies à 1,239 million d'unités, contre 1,34 million de consensus et 1,415 million pour la lecture révisée du mois antérieur. Les permis de construire ont grimpé en revanche à 1,443 million, contre 1,38 million de consensus FactSet et 1,374 million pour la lecture révisée de juin.

Les prix à l'import et à l'export de juillet 2026 aux USA ont aussi été dévoilés. Ils reculent de manière inattendue de 0,4% d'un mois sur l'autre, contre +0,3% de consensus FactSet. Ces prix à l'import augmentent de 5,9% sur un an. Les prix à l'export baissent de 1,3% d'un mois sur l'autre et augmentent de 8,2% sur un an.

La production industrielle américaine du mois de juillet a progressé de 0,2% d'un mois sur l'autre, contre +0,3% de consensus FactSet et +0,3% pour la lecture révisée du mois antérieur. La production manufacturière a augmenté de 0,2% également, en ligne avec le consensus des économistes, contre +0,3% en données révisées pour le mois de juin. Le taux d'utilisation des capacités est ressorti à 76,3%, conforme aux attentes, contre 76,2% en juin.

Les promesses de ventes de logements aux États-Unis pour le mois de juillet 2026 se sont établies en recul de 2,3% d'un mois sur l'autre selon la National Association of Realtors, contre +0,2% de consensus de marché mesuré par FactSet et -4,8% un mois auparavant, en lecture révisée. L'indice ressort à 71,2 contre 72,9 pour sa lecture révisée du mois antérieur.

L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta et les Minutes du FOMC (dernière réunion monétaire de la Fed) seront connus demain. Les inscriptions au chômage, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie et l'indice des indicateurs avancés du Conference Board seront au programme jeudi, alors que le PMI composite flash sera révélé vendredi.

Sur le front commercial, le Canada se prépare à l'entrée en vigueur, mardi à minuit, d'une série de nouveaux droits de douane de l'administration Trump, à moins qu'un accord de dernière minute ne soit trouvé. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a souligné que toute mesure de rétorsion de la part du Canada ne serait pas tolérée. Le Premier ministre canadien Mark Carney devrait s'entretenir avec Trump ce jour. Carney aurait chargé les négociateurs canadiens de proposer certaines concessions. L'administration Trump avait menacé en juillet d'imposer des droits de douane de 50% sur une gamme de produits canadiens, notamment le vin, les meubles, les cannes à pêche et les crosses de hockey...

Les valeurs

Parmi ?les secteurs majeurs du S&P-500, les technologies de l'information ont subi mardi la plus forte ?baisse de la séance, avec un repli de 1,9%. A l'inverse, l'énergie ?a pris 1,8%, profitant de ?la hausse des prix du pétrole, et les secteurs défensifs ont surperformé, comme les soins de santé, à +1,6%.

Nvidia, en recul de 2,3%, et Micron Technology, qui a chuté de ?7%, ont lourdement pesé sur le S&P-500. D'autres titres technologiques, ?comme Sandisk (-9,01%) et Western Digital (-7,43%), ont terminé nettement dans le rouge.

Home Depot (-0,12%) a annoncé des comptes supérieurs aux attentes de marché pour son 2e trimestre fiscal et confirmé ses perspectives financières. Le leader de la rénovation résidentielle a annoncé un chiffre d'affaires de 47,9 milliards de dollars pour le deuxième trimestre de l'exercice 2026, soit une hausse de 2,6 milliards de dollars (ou 5,7%) par rapport au deuxième trimestre de l'exercice 2025. Les ventes à périmètre comparable ont augmenté de 1,7% dans le monde, et celles réalisées aux États-Unis ont progressé de 1,3%. Le bénéfice net du deuxième trimestre de l'exercice 2026 s'est élevé à 4,8 milliards de dollars, soit 4,79 dollars par action diluée, contre 4,6 milliards de dollars, ou 4,58 dollars par action diluée, pour la même période de l'exercice 2025. Le bénéfice dilué par action ajusté pour le deuxième trimestre de l'exercice 2026 s'est établi à 4,92$ contre 4,68$ un an plus tôt.

"Nos résultats du deuxième trimestre ont dépassé nos attentes. Nous avons constaté une demande généralisée dans l'ensemble de nos activités, les clients continuant de privilégier les projets de moindre envergure", a déclaré Richard McPhail, vice-président exécutif et directeur financier. Pour l'exercice 2026, Home Depot confirme ses prévisions antérieures, intégrant les remboursements de droits de douane au titre de l'IEEPA, qui devraient compenser en partie les coûts imprévus liés au carburant, à l'énergie et aux autres intrants de produits tout au long de l'exercice. La croissance du chiffre d'affaires total est attendue entre 2,5 et 4,5%, tandis que la croissance à comparable est anticipée nulle ou positive jusqu'à +2%. Le bénéfice ajusté par action est attendu stable ou en hausse jusqu'à +4% par rapport aux 14,69$ de l'exercice 2025.

Fabrinet, fabricant de composants et systèmes complexes pour les industries de l'optique, de l'électronique et de la mécanique de précision, décroche de 19,4% à Wall Street. Le groupe enregistré aux îles Caïmans a affiché pour son 4e trimestre fiscal des résultats pourtant supérieurs aux attentes, réalisant un bénéfice ajusté par action de 4,1$ contre 2,65$ un an avant, pour des revenus records de 1,32 milliard de dollars (+45%) à comparer aux 909 millions de dollars de l'an dernier. Le consensus était d'environ 3,8$ de bpa ajusté pour 1,27 milliard de revenus. Le bénéfice opérationnel est en revanche légèrement moins élevé que prévu à 134 millions de dollars, tandis que le bénéfice net s'établit à 139 millions de dollars. Pour son T1 fiscal juste entamé, le groupe envisage des revenus de 1,38 à 1,43 milliard et un bpa ajusté de 4,1 à 4,25$.

Amer Sports (+3,22%), groupe mondial regroupant des marques de sport et de plein air parmi les plus reconnues au monde, telles que Salomon, Wilson, Armada, EvoShield, Atomic ou Arc'teryx, a publié des bénéfices du 2e trimestre supérieurs aux attentes et relevé ses prévisions 2026. Le bénéfice ajusté par action a atteint 0,22$, près du double du consensus. Le chiffre d'affaires s'est élevé à 1,63 milliard de dollars, surpassant largement les attentes de Wall Street. Le chiffre d'affaires du deuxième trimestre a progressé de 32% sur un an ou de 30% à taux de change constants, porté par une forte croissance à deux chiffres dans tous les segments d'activité et toutes les régions géographiques. Le groupe relève ses estimations 2026, tablant sur un bpa ajusté de 1,27 à 1,30$, une croissance des revenus voisine de 24% et une marge opérationnelle de 14,2 à 14,5%.

Klarna (-22,8%), la fintech suédoise désormais cotée à Wall Street, plonge après avoir annoncé ajuster en baisse ses prévisions de volume brut de marchandises pour l'année. L'objectif est désormais compris entre 149 et 151 milliards de dollars, contre plus de 155 milliards précédemment. Le groupe évoque une vision plus prudente concernant les volumes, principalement en Allemagne, son principal marché de ce point de vue. Klarna a tout de même dégagé un bénéfice au deuxième trimestre alors que les analystes anticipaient une perte. La croissance des activités aux États-Unis a soutenu les comptes. Le bénéfice net trimestriel s'est établi à 9 millions de dollars, contre une perte de 53 millions un an plus tôt.

Baidu (-12,73%). Le géant chinois a publié des résultats inférieurs aux attentes sur le deuxième trimestre 2026. Sur la période, le bénéfice net part du groupe a chuté de 68% à 2,32 milliards de yuans (342 millions de dollars), contre 7,32 milliards un an plus tôt. Le chiffre d'affaires ressort à 31,33 milliards de yuans (4,62 milliards de dollars), alors que les analystes attendaient en moyenne 31,96 milliards de yuans. Le bénéfice ajusté par action ressort à 7,22 RMB, là encore en dessous des attentes situées à 9,84 RMB.

La forte progression des activités IA n'a pas suffi à contrebalancer la méforme de l'activité publicitaire, secteur historique mais désormais arrivé à maturité : sur un an, la branche services de marketing en ligne du groupe a vu son chiffre d'affaires reculer de 19% pour s'établir à 13,1 milliards de yuans. La grande satisfaction vient donc de l'IA : le chiffre d'affaires provenant de l'infrastructure cloud IA continue de connaître une forte hausse, portée par la forte demande des entreprises : il a progressé de 50% en taux annuel pour atteindre 7,3 milliards de yuans. Au sein de ce segment, le chiffre d'affaires du GPU cloud a, lui, progressé de 283% sur un an.

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