Clôture Wall Street : dans le rouge, alors que Trump se déchaîne...

Clôture Wall Street : dans le rouge, alors que Trump se déchaîne

La cote américaine termine dans le rouge ce vendredi, suite à de bons chiffres de l'emploi américain pour le mois d'août qui ravivent les craintes d'une hausse des taux, et alors que Donald Trump bat la breloque sur Truth Social. Le Dow Jones perd 0,51% ce soir à 53.414 pts, alors que le S&P 500 abandonne 0,38% à 7.718 pts. Le Nasdaq fléchit de 0,29% à 26.507 pts.

Les créations de postes non-agricoles du mois d'août 2026 se sont établies au nombre de 162.000, trois fois plus élevées que le consensus Bloomberg qui se situait à 55.000, ou que celui de FactSet logé à 56.000. Le taux de chômage s'est établi conforme aux anticipations de FactSet à 4,1%, mais inférieur à celui de Bloomberg qui était de 4,2%.

Les créations de postes dans le privé ont été au nombre de 127.000, contre 53.000 de consensus. Les créations d'emplois manufacturiers ont été de 16.000. Le taux de participation à la force de travail s'est affiché à 61,6%. Le salaire horaire moyen a augmenté de 0,3% d'un mois sur l'autre et de 3,1% sur un an.

L'emploi a progressé dans le secteur de la restauration et des débits de boissons ainsi que dans l'enseignement public local en août. Le secteur de l'information a enregistré des pertes d'emplois.

La variation de l'emploi salarié non agricole total pour le mois de juin a été révisée à la hausse de 11.000 postes, passant de +20.000 à +31.000, tandis que celle de juillet a été relevée de 44.000, passant de -23.000 à +21.000. Compte tenu de ces révisions, le niveau de l'emploi cumulé pour les mois de juin et juillet est supérieur de 55.000 postes aux chiffres précédemment annoncés.

Donald Trump a promptement réagi sur son réseau Truth Social : "D'excellents chiffres de l'emploi viennent d'être annoncés, dépassant toutes les prévisions (sauf la mienne !) du simple au double, voire au triple - et vous n'avez encore rien vu ! LES EMPLOYEURS ONT CRÉÉ 162 000 EMPLOIS EN AOÛT. Baissez les taux, car les États-Unis présentent une bien meilleure solvabilité qu'il y a peu ! UN PAYS FORT SIGNIFIE UN TAUX D'INTÉRÊT PLUS BAS - C'EST UN MEILLEUR CRÉDIT... C'est très simple !"

"Nous devrions avoir le taux le plus bas de tous les pays du monde, comme 'à la belle époque'. Si les États-Unis n'acceptaient pas de leur laisser leurs énormes excédents - ce que nous pourrions stopper immédiatement -, ils ne seraient plus considérés comme faisant partie de l'élite financière ! BAISSEZ LES TAUX OU J'ARRÊTERAI DE COMMERCER AVEC LES PAYS AVEC LESQUELS NOUS AVONS UN DÉFICIT ; une mesure que la Cour suprême des États-Unis, dans sa décision ridicule et très coûteuse sur les droits de douane, a formellement reconnu comme étant un droit absolu du 'Président'. C'EST MIEUX QUE DES DROITS DE DOUANE ! Le Conseil de la Fed, avec son excellent nouveau dirigeant, doit faire preuve d'intelligence : SOYEZ PATRIOTES pour changer. Des taux d'intérêt élevés placent les États-Unis dans une situation très injuste, et je ne laisserai pas cela se produire !", a ajouté Trump dans son style inimitable.

"Le marché devrait grimper, car notre situation en matière de crédit et notre économie se portent mieux ; pourtant, comme c'est le cas depuis 25 ans, la Bourse chute. Nous vivons dans l'illusion qu'il faut 'casser la dynamique' dès que les choses vont bien, par peur de l'inflation. Cela devrait être tout le contraire, comme c'était le cas avant ces 25 dernières années. Si nous persistons dans cette logique, notre pays n'atteindra jamais la grandeur économique qu'il mérite, car chaque fois que nous réussissons, des gens bornés veulent stopper net ce formidable élan de croissance. LA CROISSANCE NE PROVOQUE PAS L'INFLATION ! Ce matin, en voyant ces chiffres fantastiques sur l'emploi, j'ai tout de suite su que le marché allait baisser alors qu'il aurait dû décoller comme une fusée", a également insisté le locataire de la Maison Blanche sur son réseau social.

"Nous devrions afficher une croissance du PIB de 15 ou 20%, et non de 2, 3 ou 4% ; l'Amérique devrait être bien plus puissante financièrement qu'elle ne l'est aujourd'hui. Notre dette serait remboursée et tout le reste suivrait. N'oubliez pas : chaque point de taux d'intérêt coûte 650 milliards de dollars par an aux États-Unis. Nous devrions bénéficier des taux d'intérêt les plus bas au monde, car c'est nous qui faisons tourner la machine et qui apportons une immense prospérité économique à des pays qui, autrement, seraient en faillite !", a encore lancé le président américain.

Le dossier iranien préoccupe quant à lui toujours, alors que les tensions ne retombent pas vraiment sur le marché des obligations d'État. Le rendement du 'T-Bond' (bon du Trésor US) à 10 ans atteint 4,78%, alors que celui du '30 ans' ressort à 5,25%, proche de ses plus hauts niveaux en 19 ans.

Concernant les taux de la Fed, la probabilité d'un durcissement d'un quart de point le 16 septembre, à l'issue de la prochaine réunion monétaire, qui était retombée ces derniers jours vers les 50% selon l'outil CME FedWatch, repart à la hausse suite aux solides chiffres de l'emploi du jour, à 58,4% désormais.

Les investisseurs avaient précédemment été refroidis en fin de semaine dernière par l'intervention de Kevin Warsh, nouveau patron de la Fed, dans le cadre du sommet de Jackson Hole. Le successeur de Jerome Powell a adopté un ton très ferme, affirmant que la priorité de la Fed devait demeurer la stabilité des prix. Warsh a indiqué que les données sur l'inflation estivale s'étaient améliorées, mais que les tendances sous-jacentes n'avaient pas sensiblement évolué.

Hier, le gouverneur Christopher Waller avait livré un discours plus nuancé, laissant ouverte la possibilité d'un statu quo monétaire en septembre dans le cas où l'inflation poursuivrait son recul vers les 2%. Il avait même évoqué des signes encourageants de désinflation.

Les cours du brut hésitent vers les 91$ sur le baril WTI et les 96$ pour le Brent de la mer du Nord. Washington et Téhéran ont repris leurs échanges de frappes, contraignant le trafic commercial dans le détroit d'Ormuz à la portion congrue. Trump a par ailleurs menacé de frappes cinétiques plus sévères, envisageant de viser le terminal pétrolier iranien de l'île de Kharg en cas de nouvelles représailles de Téhéran. Le ministre iranien de la Santé a annoncé que 18 personnes avaient été tuées et 108 blessées lors des frappes américaines menées mardi soir à travers l'Iran. Ces dernières attaques constituent l'échange de tirs le plus important entre les États-Unis et l'Iran depuis juillet.

Les valeurs

Guidewire (-19,9%), éditeur américain de logiciels et solutions cloud pour l'assurance IARD, plonge à Wall Street malgré des résultats du 4e trimestre fiscal supérieurs aux attentes. Le groupe a affiché sur la période un bpa ajusté de 99 cents, contre 94 cents de consensus et 84 cents un an avant. Les revenus ont été de 411 millions de dollars, également meilleurs que prévu, contre 356 millions un an avant. Les revenus de l'exercice ont atteint 1,47 milliard (+23%), alors que l'ARR (revenu annuel récurrent) à fin juillet a été de 1,24 milliard (+19% à devises constantes). Le bénéfice net de l'exercice a atteint 139 millions. Il ressort à 293 millions sur une base ajustée contre 215 millions sur l'exercice antérieur. Le bpa ajusté de l'exercice est ainsi de 3,43$.

Guidewire envisage pour l'exercice 2027 un ARR de fin de période compris entre 1,45 et 1,46 milliard, un chiffre d'affaires lié aux abonnements et au support logé entre 1,24 et 1,246 milliard et un chiffre d'affaires total compris entre 1,707 et 1,727 milliard, tandis que le bénéfice opérationnel ajusté est anticipé entre 403 et 423 millions de dollars. Le consensus était de 1,7 milliard de revenus.

Docusign (+3,7%), le géant californien de la signature électronique, a publié des comptes du 2e trimestre fiscal supérieurs aux attentes de marché, marqués par un bénéfice ajusté par action de 1,16$ à comparer à un consensus de 1,08$, pour des revenus de 876 millions de dollars (+9%) contre 801 millions un an plus tôt. Le free cash flow a été de 296 millions de dollars contre 218 millions un an avant. Pour l'exercice se terminant fin janvier 2027, les revenus sont anticipés en hausse de 9%, entre 3,499 et 3,507 milliards de dollars, pour une marge opérationnelle ajustée allant de 31 à 31,5%.

Lululemon Athletica (-17,4%), la marque de vêtements yoga et sportswear canadienne, accuse une baisse de 4% de son chiffre d'affaires au 2e trimestre 2026 à 2,4 milliards de dollars, et de 5% à change constant, un résultat inférieur aux attentes des analystes. L'activité a ralenti en particulier dans la zone Amériques, où les ventes ont flanché de 8%, soit deux fois plus qu'à l'international, en baisse de 4%. Le bénéfice de la société baisse de 1% à 1,5 milliard de dollars, pour une marge brute en progression de 200 points de base à 60,5%, incluant un remboursement de droits de douane de 134,5 millions de dollars qui a participé à une hausse de 560 points de base de la marge.

Le bénéfice dilué par action s'est élevé à 2,92$, contre 3,10$ au deuxième trimestre de 2025, supérieur au consensus à 1,82$ - ce montant incluant 0,86$ par action au titre de remboursements de droits de douane. Pour l'ensemble de l'exercice 2026, la société prévoit désormais un chiffre d'affaires net compris entre 10,35 milliards et 10,5 milliards de dollars, soit une baisse de 5% à 7%, un objectif également bien inférieur au consensus. Le bénéfice dilué par action devrait désormais se situer entre 9,48 et 9,73 dollars.

Samsara (+3,7%), acteur californien de l'IA coté à Wall Street, a publié un chiffre d'affaires du deuxième trimestre de 508,4 millions de dollars, soit une croissance de 30% (29% à taux de change constants). L'ARR de clôture ressort à 2,125 milliards de dollars, soit une croissance de 30%. Les clients générant un ARR supérieur à 1 million de dollars ont représenté plus de 500 millions de dollars d'ARR, soit une croissance de plus de 50% sur un an pour le troisième trimestre consécutif. Le bénéfice GAAP par action est ressorti à 3 cents. Sur l'exercice 2027, le groupe prévoit des revenus de 2,043 à 2,047 milliards, pour une marge opérationnelle ajustée de 21% et un bpa ajusté allant de 76 à 78 cents.

UiPath (-16,7%), groupe software d'automatisation robotisée des processus, a publié pour son 2e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 15 cents, en ligne avec les attentes des analystes et stable en glissement annuel, pour des revenus de 410 millions de dollars à comparer aux 362 millions de dollars de l'an dernier. Le revenu annuel récurrent a été de 1,94 milliard de dollars, en augmentation de 12%. Pour son 3e trimestre fiscal, le groupe prévoit des revenus de 440 à 445 millions, tandis que sur l'exercice, les revenus sont anticipés entre 1,789 et 1,794 milliard, pour un ARR de 2,065 à 2,07 milliards et un bénéfice opérationnel ajusté d'environ 445 millions.

Zscaler (-4,5%), le fournisseur de solutions de sécurité cloud, a enregistré une hausse de 25% de son chiffre d'affaires au 4e trimestre de son exercice fiscal 2026 décalé à 898,2 millions de dollars. Les revenus annuels récurrents du groupe à 3,77 Mds$ ont progressé autant, et de 20% en excluant l'acquisition de Red Canary. Le bpa ajusté a été de 1,19$ contre 89 cents un an plus tôt. Le consensus était de 1,1$. Les revenus sur l'exercice 2027 sont anticipés entre 3,908 et 3,938 milliards, en ligne avec les attentes de marché, pour un bpa ajusté de 4,86 à 4,90$, quant à lui meilleur qu'attendu.

Adobe recule de 7% à Wall Street, après l'annonce d'un changement à la tête du groupe. Le groupe a annoncé le nom du successeur de l'actuel directeur général Shantanu Narayen, en poste depuis 18 ans, et dont le départ avait été annoncé en mars dernier. Il sera finalement remplacé par Anil Chakravarthy, président de la division Customer Experience Orchestration d'Adobe et des opérations commerciales. Il prendra ses fonctions le 1er décembre prochain. Adobe cherche à accélérer sa croissance dans l'IA et l'ancrer davantage dans l'ensemble de ses produits, alors que de nouveaux concurrents, à l'image de Canva et Figma, menacent de plus en plus son leadership.

Société(s) citée(s) :
https://bourse.fortuneo.fr/actualites/cloture-wall-street-dans-le-rouge-alors-que-trump-se-dechaine-6986743
Fortuneo