La place de New York termine la semaine bien orientée, malgré la remontée des tensions géopolitique au Moyen-Orient et des déclarations très de Donald Trump. Malgré la reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran, le S&P 500 prend +0,42% à 7.575 pts, pour une petite avancée +0,5% cette semaine. Le Dow Jones prend +0,29% à 52.637 pts. Les valeurs industrielles reculent de -0,79 sur la semaine. Le Nasdaq est plus timoré dans une 3e séance consécutive de hausse... Le Composite prend +0,29% à 26.281 pts ce vendredi, pour une avancée hebdomadaire de +0,61%.
Donald Trump a déclaré que les Etats-Unis poursuivraient les discussions avec l'Iran, tout en considérant que la trêve entre les deux pays était terminée. "La République islamique d'Iran nous a demandé de poursuivre les "discussions". Nous avons accepté de le faire, mais les États-Unis leur ont fait savoir, sans la moindre ambiguïté, que la trêve est TERMINÉE !", a écrit le président américain sur les réseaux sociaux. Ces déclarations font suite à plusieurs nuits de frappes aériennes américaines et de représailles iraniennes, qui ont entraîné une hausse des prix du pétrole et suscité des doutes quant à la poursuite des négociations en vue d'un accord de paix plus large.
"Les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran devraient se poursuivre ce week-end", déclare à 'Bloomberg' David Manso, directeur des investissements chez CaixaBank AM. "Les prix du pétrole pourraient constituer un indicateur utile du sentiment des investisseurs et de leurs attentes quant à l'évolution de la situation".
Si la géopolitique pèse pour l'instant sur le moral des investisseurs, l'attention devrait rapidement se tourner vers la saison des résultats du 2e trimestre, qui entrera dans le vif du sujet la semaine prochaine. Delta Air Lines a lancé les hostilités, ce vendredi, avec des comptes plus solides que prévu.
Après une envolée sans précédent des actions des fabricants de puces et d'autres entreprises liées au développement de l'IA, qui a permis aux marchés d'ignorer la hausse des prix du pétrole et des rendements obligataires, la barre est désormais placée haut pour les entreprises devant justifier leurs valorisations élevées. Pour les géants du cloud, l'enjeu est de démontrer que ces investissements peuvent générer des rendements solides. "Les attentes sont élevées, mais le véritable test consistera à savoir si les résultats continueront de valider le scénario d'expansion", indique Florian Ielpo, responsable de la stratégie macroéconomique chez Lombard Odier Investment Managers.
Les fabricants de puces sont suivis de près en cette fin de semaine avec l'arrivée en grande pompe sur le marché américain de SK Hynix. Le fabricant sud-coréen de puces mémoire va faire ses débuts aujourd'hui à Wall Street après avoir levé 26,5 milliards de dollars via l'émission de 177,9 millions d'American Depositary Receipts. Il s'agit tout simplement de la seconde plus importante introduction en bourse de l'histoire et la plus importante jamais effectuée par une entreprise étrangère aux Etats-Unis.
Les cours du pétrole n'évoluent pas beaucoup aujourd'hui, après le vif rebond du milieu de semaine. Les cours de l'or noir se tassent. Le baril de WTI redonne -0,67% ce vendredi, revenant à 75,39$. Sur la semaine, le baril de référence américain gagne encore +4,62%. Le baril de Brent de mer du Nord baisse de -0,4%, terminant à 71,55$, ce vendredi. Il gagne +4,09% sur 5 jours glissants.
Le billet vert est stable, s'échangeant 0,8761$ contre 1 euro. Le dollar reprend +0,25% cette semaine face à la monnaie européenne.
L'once d'or achève la semaine à 4.111$. Le métal jaune reprend +2,57% en glissement hebdomadaire. L'once d'argent termine, ce vendredi, à 59,87$ l'once, et gagne +2,17% sur la semaine glissante.
Le Bitcoin gagne +1,14% ce vendredi, terminant la semaine, à 63.964$.
Les valeurs
* SK Hynix (+12,76% à 168,01$). Le fabricant sud-coréen de puces mémoire a fait ses débuts à Wall Street après avoir levé 26,5 milliards de dollars via l'émission de 177,9 millions d'American Depositary Receipts (ADR). Il s'agit de la 3e plus importante introduction en bourse de l'histoire et la plus importante jamais effectuée par une entreprise étrangère aux Etats-Unis. Chaque ADR, vendu 149$ pièce, équivaut à 1/10e d'une action ordinaire cotée à Séoul.
La décision de ne pas attirer les acheteurs en proposant les ADR avec une décote par rapport au cours local montre que l'entreprise est convaincue que ses titres américains seront bien accueillis, même après plusieurs jours de forte volatilité sur son marché d'origine, et reflète sa volonté de ne pas se priver d'un gain potentiel important, souligne 'Bloomberg'. "Cette prime de 3% se situe bien dans la fourchette attendue, surtout compte tenu de l'appétit considérable des investisseurs institutionnels ", indique à l'agence Sanghyun Park, fondateur de Clepsydra Capital, une société spécialisée dans l'analyse de situations particulières. "Cela montre que les fonds mondiaux acceptent volontiers de payer un léger surcoût pour contourner les contraintes locales liées aux indices et aux devises, et pour obtenir une exposition directe et nette au monopole de l'entreprise sur les puces HBM".
Cette opération permettra à SK Hynix de lever des fonds pour construire de nouvelles usines et donnera au fabricant de puces un accès direct au plus grand vivier d'investisseurs au monde. Selon les documents déposés, l'IPO a suscité des marques d'intérêt de la part de Baillie Gifford, Coatue Management et Situational Awareness Partners pour un montant pouvant atteindre 7 Mds$ d'ADR. "C'est le moyen le plus direct pour les investisseurs américains de s'exposer au thème de la mémoire pour l'IA via une valeur de grande capitalisation, et Hynix a délibérément choisi le Nasdaq pour répondre à cette demande et profiter des valorisations plus élevées dont bénéficient les fabricants de puces américains par rapport à Séoul", déclare Giuseppe Sette, cofondateur de la plateforme d'analyse d'investissement Reflexivity. "SK Hynix réussit son introduction grâce à la pertinence de son projet, mais les entreprises qui suivront pourraient se heurter à un marché plus difficile et plus sélectif."
* Meta Platforms (+5,97% à 669,21$). Les réseaux sociaux Instagram et Facebook enfreignent la réglementation européenne sur les technologies avec notamment des fonctionnalités jugées addictives, a déclaré vendredi la Commission européenne, qui enjoint le groupe américain à modifier ses pratiques, sous peine d'amendes. L'exécutif européen reproche au géant des réseaux sociaux, au terme d'une enquête de deux ans portant sur le respect de la loi sur le Digital Services Act (DSA), d'avoir conçu des outils pour "accrocher" les utilisateurs sur ses plateformes avec notamment la lecture automatique de contenus, le défilement à l'infini des pages, ou encore les recommandations ultra personnalisées. La Commission estime que Meta n'a pas évalué de manière adéquate les risques de dépendance posés par ces fonctionnalités qui alimentent en permanence les utilisateurs en nouveaux contenus et encouragent une utilisation prolongée.
Pour l'exécutif européen, Meta devrait désactiver par défaut des fonctionnalités comme la lecture automatique et le défilement à l'infini des pages, mettre en place des pauses efficaces dans le temps d'écran et rendre son système de recommandations moins tourné vers une demande d'engagement de la part de l'utilisateur. "Nous ne sommes pas d'accord avec ces conclusions préliminaires, qui ne tiennent pas suffisamment compte des mesures importantes que nous avons prises pour protéger les adolescents", a réagi Ben Walters, porte-parole de Meta. Le groupe, qui risque une amende pouvant atteindre 6% de son chiffre d'affaires annuel mondial, peut répondre à ces accusations avant que la Commission ne rende sa décision définitive dans les mois à venir.
* Delta Air Lines (-1,81% à 87,39$). La compagnie américaine basée à Atlanta a pourtant confirmé ses prévisions de bénéfice annuel et a déclaré que la forte demande pour les voyages premium, d'affaires et internationaux avait permis de compenser la facture de carburant trimestrielle la plus élevée de son histoire. La firme a enregistré un bénéfice ajusté par action de 1,56$ au 2e trimestre (1,5$ de consensus). Le chiffre d'affaires a progressé de +14% sur un an, à 17,67 Mds$, alors que la capacité n'a augmenté que de +1%. Delta donne un 1er aperçu de la situation des transporteurs américains après que les conflits au Moyen-Orient ont fait grimper en flèche les prix du kérosène, incitant les compagnies à réduire leurs programmes de vols et à augmenter les tarifs à l'approche de la haute saison estivale.
Le partenaire d'Air France KLM a indiqué que ses dépenses de carburant ajustées avaient atteint 4,4 Mds$ sur le trimestre clos, soit une hausse de 77% sur un an. Les revenus issus des offres haut de gamme ont progressé de 17% sur un an, tandis que les recettes liées aux programmes de fidélité et activités connexes ont augmenté de 19%, et que les paiements d'American Express ont grimpé de 16% à 2,4 Mds$. Ces résultats confortent la stratégie que Delta développe depuis des années, axée sur les voyageurs à plus forte marge plutôt que sur le simple remplissage des avions. Le management anticipe un bpa 2026 entre 6,50 et 7,50$, une guidance qu'il avait dévoilée en janvier mais omise lors de la publication des résultats d'avril, illustrant ainsi l'incertitude persistante sur le plus grand marché aérien au monde. Delta prévoit pour son 3e trimestre un bpa ajusté entre 2$ et 2,5$, contre 2,02$ de consensus, avec une marge opérationnelle ajustée comprise entre 11 et 13%.