Clôture Paris : le Brent à 100 dollars, le CAC 40 sous les 8.300 points...

Clôture Paris : le Brent à 100 dollars, le CAC 40 sous les 8.300 points

LA TENDANCE

Le pétrole s'envole et le marché parisien rechute. Le CAC 40 perd 1,6% jeudi soir, à 8.299 points, dans une actualité rythmée par une salve de publications semestrielles, diversement accueillies par les investisseurs. TotalEnergies bondit encore de 2,5% à la clôture, porté par l'envolée de ses profits.

Le baril de Baril de Brent s'est retrouvé propulsé au-dessus de la barre symbolique des 100 dollars, alors que les signes de crispation se multiplient au Moyen-Orient. Les Houthis, miliciens yéménites alignés sur l'Iran, ont revendiqué, la nuit dernière, des frappes contre deux pétroliers saoudiens, semblant mettre en oeuvre leur menace de blocus de la mer Rouge, qui laisse entrevoir des perturbations accrues pour les livraisons mondiales de pétrole.

La séance a également été marquée par la réunion monétaire de la Banque centrale européenne. Sans surprise, la BCE a décidé de laisser inchangés ses taux directeurs, après le relèvement d'un quart de point du mois dernier. Le taux de dépôt reste donc à 2,25%, malgré les secousses au Moyen-Orient et les nouvelles tensions inflationnistes.

VALEURS EN HAUSSE

Soitec bondit de 21,6% à 116,8 euros. Les investisseurs saluent la publication financière de la veille. Le chiffre d'affaires du T1 2026/2027 est ressorti à 113 ME, en hausse de 23% sur un an à périmètre et taux de change constants, au-dessus de l'objectif d'environ 15%. La croissance reflète principalement l'accélération du Photonics-SOI, utilisé pour les émetteurs-récepteurs optiques à très haut débit destinés aux data centers IA, dont le chiffre d'affaires a doublé sur un an. Le chiffre d'affaires du T2 est attendu en croissance de plus de 30% sur un an, à périmètre et taux de change constants, notamment soutenu par une accélération de la demande en Photonics-SOI. La dynamique du Photonics-SOI continue ainsi de s'accélérer. Alors que les architectures d'IA adoptent progressivement les émetteurs-récepteurs optiques, le SOI offre une bande passante accrue, une latence réduite et une meilleure efficacité énergétique, soutenant l'accélération de la demande observée par Soitec au cours des derniers mois. Morgan Stanley compte ce jour parmi les brokers les plus agressifs sur Soitec avec un objectif de 200 euros, alors qu'Oddo BHF ('neutre') vise 150 euros. CIC CIB relève aujourd'hui sa recommandation de 'neutre' à 'achat' et maintient son objectif de 150 euros. BNP Paribas, neutre, vise 110 euros.

TotalEnergies (+2,5% à 76,3 euros) a dégagé au deuxième trimestre 2026 un résultat net ajusté en croissance séquentielle de 12% à 6 milliards de dollars et en progression de 47% en glissement annuel à 11,4 milliards de dollars sur le semestre. L'Ebitda ajusté augmente de 5% séquentiellement à 13,2 milliards de dollars sur le deuxième trimestre et de 27% en glissement annuel à 25,7 milliards de dollars sur le semestre. Hors impact du conflit au Moyen-Orient, la production du troisième trimestre est attendue en croissance en ligne avec la guidance de croissance annuelle de 3% par rapport à 2025. Au Moyen-Orient, l'impact du conflit est estimé entre 5 et 10% de la production totale de la Compagnie du fait de la montée en puissance et du redémarrage progressif des productions de la région.

Seb (+13% à 55,3 euros) a fait part d'un chiffre d'affaires de 3.743 millions d'euros pour le premier semestre 2026, en croissance organique de 1,7% sur un an, mais stable en données publiées. Le résultat opérationnel d'activité semestriel (ROPA) s'établit à 172 millions d'euros, en hausse de 44% par rapport à 119 millions d'euros au 1er semestre 2025, qui constituait une base de comparaison favorable, rappelle le groupe. La marge opérationnelle ressort ainsi à 4,6% des ventes, contre 3,2% l'année précédente. Seb confirme ses objectifs : un retour à la croissance du ROPA en 2026 ainsi qu'une génération de cash-flow libre plus normative, dans le prolongement de la dynamique observée au premier semestre.

Ipsos (gagne 8% à 39,5 euros. Ipsos a réalisé un chiffre d'affaires de 615,2 millions d'euros au deuxième trimestre, en hausse de 4,9%. La croissance organique du trimestre s'établit à 3%, marquant un net rebond après le recul de -1,4% enregistré au premier trimestre.

Dassault Aviation (+5,8% à 304,6 euros) a publié une marge opérationnelle consolidée de 7,9% contre 6,3% un an plus tôt. Au 30 juin 2026, le carnet de commandes s'établissait à 45,4 milliards d'euros (dont 291 avions : 208 Rafale et 83 Falcon). Dassault Aviation maintient l'objectif d'un chiffre d'affaires autour des 8,5 milliards d'euros sur 2026, c'est-à-dire supérieur à celui de l'année dernière. Sur l'ensemble de cette année, il prévoit toujours de livrer 28 Rafale et 40 Falcon.

Thales (+5% à 238 euros) a annoncé jeudi une hausse, sur un an, de 21% de ses commandes au premier semestre 2026, à 12,47 milliards d'euros. Le contexte géopolitique a dopé les dépenses militaires et la demande pour les systèmes de défense et de surveillance conçus par le groupe. Le chiffre d'affaires s'établit en hausse de 7,8% en croissance organique à 10,95 milliards d'euros, toujours sur les six premiers mis de l'année, ce qui est là, en revanche, conforme aux attentes. Le chiffre d'affaires du seul pôle Défense augmente de 13% et génère plus de la moitié des revenus du groupe. Le résultat opérationnel (EBIT) ajusté a augmenté de 11,4 % pour atteindre 1,37 milliard d'euros. Seule ombre au tableau, le bénéfice net part du groupe s'affiche en baisse de 27% à 485 millions d'euros. Thales l'explique par une provision pour pertes passée au début du mois de juillet, après l'abandon par l'Allemagne d'un programme portant sur six frégates F126. Thales insiste par ailleurs sur la forte réduction de l'endettement du groupe, redescendu fin juin 2026 à 519 millions d'euros contre 3,14 milliards un an plus tôt (-85%). Le PDG Patrice Caine parle " d'une performance exceptionnelle ". Le groupe confirme ses prévisions pour l'année 2026, notamment une marge opérationnelle (Ebit ajusté) compris entre 12,6 et 12,8%.

VALEURS EN BAISSE

Le luxe sous-performe nettement : Kering et LVMH perdent plus de 4% et Hermès plus de 3%.

STMicroelectronics est lourdement sanctionné (-17,7% à 47,9 euros) malgré un chiffre d'affaires net de 3,49 milliards de dollars pour le deuxième trimestre 2026, en hausse de 26%, une marge brute de 34,8%, un résultat d'exploitation de 187 millions de dollars et un résultat net de 222 millions de dollars. Pour le 3e trimestre, les perspectives au point médian sont de 3,70 milliards de dollars pour le chiffre d'affaires, soit une hausse d'environ 6,2 % en variation séquentielle et d'environ 16,2 % en variation annuelle. La marge brute est attendue à environ 37%, en incluant environ 70 points de base de charges liées aux capacités non utilisées. STMicroelectronics anticipe une accélération de la croissance du chiffre d'affaires au quatrième trimestre, tirée principalement par les programmes engagés auprès de ses clients dans les domaines des data centers IA et de la communication par satellite LEO. Le chiffre d'affaires dans les data centers IA est désormais attendu au-dessus de 1 milliard de dollars pour 2026 et bien au-dessus de 2 milliards de dollars pour 2027 mais les attentes du marché en la matière étaient déjà très fortes.

Société(s) citée(s) :
https://bourse.fortuneo.fr/actualites/cloture-paris-le-brent-a-100-dollars-le-cac-40-sous-les-8-300-points-3028524
Fortuneo