Clôture Paris : la volte-face de Trump relance les marchés...

Clôture Paris : la volte-face de Trump relance les marchés

Les marchés financiers se sont, une nouvelle fois montrés très volatils, ce lundi. Très mal orientée toute la matinée, la place parisienne s'est retournée à la mi-journée quand Donald Trump a évoqué des discussions "très fructueuses" avec l'Iran, et indiqué qu'il renonce à frapper le réseau électrique iranien. Donald Trump a ainsi déclaré à la mi-journée : "J'ai donné instruction au ministère de la Guerre de reporter toutes les frappes militaires contre les centrales électriques et les infrastructures énergétiques iraniennes pour une période de cinq jours, sous réserve du succès des réunions et discussions en cours".
Le ministère iranien des Affaires étrangères affirme pourtant qu'il n'y aurait pas de pourparlers, et accuse le président américain de gagner du temps pendant que les efforts de désescalade se poursuivent.
Si les médias iraniens ne partagent pas l'enthousiasme de Trump, et démentent ces contacts directs ou indirects avec le président américain, les marchés semblent vouloir y croire ou tout au moins se montrent acheteurs d'actions, ne voulant pas passer à côté de belles valeurs à bons prix.

Dans ce contexte, quelle que soit la teneur des échanges Iran / Etats-Unis, les marchés ont immédiatement réagi et se sont retournés à la mi-journée. Le CAC40 s'est vivement repris pour finalement clore en demi-teinte. A la fermeture des marchés, l'indice phare de la place parisienne s'octroie +0,79% à 7.726 points. Le plus bas du jour à 7.505 points ; le plus haut pointe à tout de même 7.876 pts.
En matinée, le CAC 40 évoluait d'ailleurs à plus de 1.000 points de ses meilleurs niveaux de la fin février, avant la guerre au Moyen-Orient (8.642 points). La menace du président américain de frapper les centrales électriques iraniennes si le détroit d'Ormuz n'était pas rouvert d'ici ce lundi soir, avait douché les marchés, ce matin. Les pétroles, qui n'en finissent plus de grimper, ont ramené un risque inflationniste et la perspective d'un ralentissement du potentiel de production en Europe.

Le choc énergétique, combiné à la pression exercée sur les budgets fiscaux par l'augmentation des dépenses de défense, a entraîné une hausse à deux chiffres des rendements obligataires dans le monde entier la semaine dernière. Le rendement du Trésor américain à 10 ans s'est d'ailleurs tendu encore de plus de 5 points de base ce matin, à 4,4435%, soit une hausse vertigineuse près de 50 points de base depuis le début de la guerre. Globalement, la guerre en Iran a fait fondre la valeur des obligations mondiales de plus de 2.500 milliards de dollars en mars, ce qui laisse présager la plus forte baisse mensuelle depuis plus de trois ans.
En France, le rendement de l'OAT à 10 ans s'est envolé lundi, de près de dix points de base, à 3,8417%, tandis que celui de l'obligation à 2 ans avance de près de huit points de base à 2,9086%.

En zone euro, la perspective inflationniste intègre, chaque jour un peu plus, les scénarii de marchés. Par conséquent, Goldman Sachs s'attend désormais à ce que la Banque centrale européenne (BCE) procède à deux hausses de 25 points de ses taux directeurs en avril et en juin, s'alignant ainsi sur les prévisions de JP Morgan et Barclays.
L'institution de Francfort semble accréditer ce scénario. "La Banque centrale européenne (BCE) n'hésitera pas à resserrer sa politique monétaire si les pressions inflationnistes liées à l'énergie semblent s'ancrer, maintenant la hausse globale des prix à un niveau élevé pendant une période prolongée" , a déclaré ce lundi Peter Kazimir, membre du Conseil des gouverneurs de l'institut monétaire.
Lors de sa dernière réunion, jeudi, la BCE a laissé ses taux inchangés mais avait alerté sur ce sujet, signalant que la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran risquait de faire grimper l'inflation bien au-delà de son objectif de 2%, tout en freinant la croissance et en perturbant les chaînes d'approvisionnement.

La confiance des consommateurs en zone euro s'est dégradée plus que prévu depuis le début du mois de mars. Les premiers résultats de l'enquête mensuelle de la Commission européenne affichent aujourd'hui un indice en estimation "flash" à -16,3 après -12,3 (révisé) en février, alors qu'il était plutôt attendu à -14,4.

A Wall Street, après les annonces de Donald Trump, les marchés repartent également à la hausse ce lundi. A 18h, le S&P 500 se reprend de +1,18% à 6.583 pts. Le Dow Jones gagne +1,42% à 46.223 pts. Le Nasdaq prend +1,30% à 21.928 pts.

Dans le sillage des déclarations de Donald Trump, les cours des pétroles se dégonflent. En Europe, à 18h, le baril de Brent de mer du Nord recule de -7,54%, à 101,29$. La référence américaine, le baril de brut WTI, chute de -7% à 89,86$.
La monnaie européenne s'apprécie de +0,28% et s'échange 1,1591$.
A 17h40, l'once d'or prolonge son décrochage. Le métal jaune flanche de -3% à 4.375$ (3.773 euros).
Le Bitcoin se reprend de +3,29%, revenant à 70.557$.

Valeurs en hausse

* Aelis Farma (+26,42% à 1,555 euro). Le spécialiste de la recherche de médicaments dédié aux troubles important du Système nerveux central (SNC) a annoncé, lors la Journée mondiale de la trisomie 21, le démarrage réussi du recrutement de l'étude clinique de Phase 2B avec AEF0217 pour le traitement des troubles comportementaux et cognitifs chez les personnes avec un syndrome de Down (trisomie 21). Les trois pays impliqués dans l'étude clinique de Phase 2B avec AEF0217 dans le syndrome de Down recrutent désormais activement. Cette étude de Phase 2B devrait inclure 188 participants avec un syndrome de Down, âgés de 16 à 32 ans, dans des centres cliniques en France, en Italie et en Espagne. Elle évaluera les effets de AEF0217 sur les troubles comportementaux et cognitifs des personnes avec un syndrome de Down.
"Notre ambition collective est claire : développer le premier traitement capable d'améliorer la qualité de vie et l'autonomie des personnes avec un syndrome de Down. Cette étude avec AEF0217 pourrait concrétiser notre espoir d'aider les personnes avec un syndrome de Down et ouvrir la voie au traitement d'un spectre plus large de pathologies associées à des troubles cognitifs", commente Pier Vincenzo Piazza, Directeur Général d'Aelis Farma.

* Airbus (+3,41% à 166,4 euros). Le spécialiste européen de l'aéronautique se renforce dans la cybersécurité. Il a conclu un accord définitif avec le groupe Cobham Ultra, filiale d'Advent, pour l'acquisition d'Ultra Cyber. Cette opération stratégique renforce la position d'Airbus en tant que partenaire souverain de confiance du Royaume-Uni et fournisseur clé de ses alliés, tout en consolidant sa présence sur le marché européen de la cybersécurité.
Cette acquisition permet à Airbus d'enrichir son offre de solutions de cybersécurité complètes, complétant ainsi les capacités souveraines britanniques existantes de son activité cyber basée à Newport, au Pays de Galles.
Cette opération, dont le montant n'a pas été dévoilé, viendra compléter les activités de cybersécurité en pleine expansion de l'unité commerciale Connected Intelligence d'Airbus Defence and Space et donnera naissance à un champion souverain britannique de la cybersécurité. La finalisation de la transaction reste soumise aux approbations réglementaires habituelles et devrait intervenir au cours du 2e semestre 2026.

* LVMH (+1,89% à 466,6 euros). Le titre, malmené depuis le début de l'année civile (-27,5%), se reprend bien que JP Morgan ait réduit son objectif de cours de 610 à 580 euros ('neutre'). De même RBC Capital réduit son cours cible 625 à 600 euros mais maintient son avis à 'surperformer'.

* BNP Paribas (+1,49% à 83,35 euros) / Société Générale (+4,69% à 63,84 euros). Les banques françaises se sont reprises à la mi-journée après un début de séance tendu. Morgan Stanley a adopté une position plus défensive sur les banques européennes, tout en relevant sa recommandation sur Banco Santander (+4,05% à 9,62 euros) à 'surpondérer'. Cette dernière remplace Société Générale au sein de sa liste de valeurs préférées aux côtés de ABN, Barclays (+2,26 à 382,35 euros%) et UniCredit (+3,34% à 61,62).

* STMicroelectronics (+0,6% à 27 euros). Le groupe a annoncé le début des livraisons de microcontrôleurs STM32 à usage général fabriqués en Chine. L'entreprise a mis en place une chaîne d'approvisionnement STM32 entièrement localisée, couvrant toutes les étapes, de la fabrication des plaquettes jusqu'à la mise en boitier et au test des puces. Le premier lot de plaquettes STM32 entièrement produites en Chine par Huahong pour ST est désormais livré à des clients en Chine. Grâce à cette collaboration, STMicroelectronics est devenue la première entreprise industrielle mondiale de semiconducteurs à disposer d'une double chaîne d'approvisionnement, avec des microcontrôleurs en 40 nm entièrement traités et fabriqués en Chine, aux mêmes design et technologies que ceux fabriqués en dehors de la Chine.

Valeurs en baisse

* Valneva (-39,01% à 2,78 euros). Enorme plongeon boursier pour le laboratoire de Saint-Herblain. Le vaccin contre la maladie de Lyme, codéveloppé avec Pfizer, a montré une efficacité de plus de 70% dans une étude de phase avancée mais n'a pas atteint son objectif principal. Le vaccin (PF-07307405) a en effet démontré une efficacité de 73,2% à partir du 28e jour après la 4e dose, mais il n'a pas atteint l'objectif principal dans la première analyse en raison d'un nombre de cas de maladie de Lyme moins élevé que prévu dans l'essai, ce qui a laissé un petit nombre de points de données. En revanche, une 2e analyse planifiée a atteint l'objectif, avec une efficacité de 74,8%, ce qui renforce la confiance de Pfizer "dans le potentiel du vaccin", alors qu'il prévoit de "soumettre des demandes aux autorités réglementaires".

* Sensorion (-34,08% à 0,41 euro). L'action peine à convaincre... Les données de suivi à 6 mois de la Cohorte 2 de l'essai Audiogene ont démontré "des signaux d'efficacité précoces soutenus, suggérant une relation dose-réponse entre les cohortes". Sensorion envisage maintenant un 3e niveau de dose, et consultera les autorités réglementaires.
Le savoir-faire clinique acquis au travers d'Audiogene renforce la plateforme de thérapie génique de Sensorion, alors que la Société fait progresser le programme GJB2 (SENS-601), qui cible la première cause de surdité congénitale génétique.

* Teleperformance (-3,11% à 49,51 euros). Selon nos informations, Citi a dégradé le dossier à 'neutre' tout en coupant sa cible de 97 à 50 euros.

* Thales (-1,32% à 239,1 euros). Dans le mouvement du début de journée, l'action du spécialiste français de l'électronique de défense se tasse mais conserve une avance de quelque 4% depuis le début de l'année.

* TotalEnergies (-1,25% à 76 euros). Le leader pétrolier français se tasse tout en restant au contact de ses sommets. UBS confirme sa recommandation à ('Achat') et revalorise le dossier de 75 à 89 euros.
Par ailleurs, TotalEnergies a indiqué avoir signé des accords avec le Département de l'Intérieur des Etats-Unis (DOI) pour mettre fin aux projets éolien offshore aux Etats-Unis. Total et ses partenaires vont ainsi rendre les concessions de Carolina Long Bay (OCS-A 0545) et de New York Bight (OCS-A 0538), toutes deux attribuées en 2022. La Compagnie met ainsi fin au développement de ses projets éolien offshore aux Etats-Unis.
Ces accords prévoient que TotalEnergies récupérera les redevances versées au titre de ces concessions et investira un montant équivalent pour développer la production et les exportations de gaz et d'électricité aux Etats-Unis.
Les études menées par la Compagnie sur ces concessions ont montré que, contrairement à l'Europe, le développement de projets éolien offshore aux Etats-Unis est coûteux et susceptible d'impacter négativement les prix de l'électricité pour le consommateur américain.

* Orange (-0,91% à 16,96 euros). L'action a bien résisté avant de finalement se replier en fin de séance à Paris. Le groupe de téléphonie a annoncé qu'à l'issue de l'assemblée générale des actionnaires du 19 mai 2026, le conseil d'administration devrait nommer Frédéric Sanchez -administrateur indépendant du groupe depuis 2020 et président du Comité stratégie et technologie- à la présidence du conseil d'administration. Jacques Aschenbroich est atteint par la limite d'âge statutaire pour exercer les fonctions de président d'Orange.
D'autre part, Goldman Sachs reste 'neutre' sur le dossier, et ajuste le curseur de 16 à 17,5 euros sur le titre.

* Engie (-0,64% à 26,34 euros). Les valeurs liées au gaz et aux hydrocarbures évoluent en ordre dispersé. La référence gazière française recule malgré le recommandation de HSBC, qui a relevé son objectif sur Engie de 22,3 à 29,5 euros tout en maintenant sa position à 'conserver'.
Dans le secteur ; Technip Energies (+6,5% à 34,1 euros), North Atlantic Energies (-3,78%% à 67,5 euros) et La Française de l'Energie (+14,8% à 45 euros).

* Danone (-0,32% à 68,28 euros). L'action du groupe agroalimentaire réagit peu à l'annonce de la signature d'un accord définitif en vue d'acquérir Huel, un acteur de premier plan dans le domaine des solutions repas complètes et nutritionnellement équilibrées. Dans le cadre de sa stratégie 'Renew Danone', cette acquisition renforcera la présence de Danone dans la nutrition fonctionnelle et étendra son portefeuille à la catégorie en forte croissance de l'alimentation nutritionnellement complète. L'offre complémentaire de Huel, couvrant différents formats allant des boissons prêtes-à-boire aux produits en poudre, s'appuie sur une exécution digitale de pointe, un modèle efficace de vente en ligne directe au consommateur et une communauté de clients fidèles au Royaume-Uni, en Europe et aux Etats-Unis. L'opération, dont le montant n'a pas été dévoilé mais serait proche de 1 milliard d'euros, reste soumise aux conditions usuelles, notamment l'obtention des autorisations réglementaires.

Société(s) citée(s) :
https://bourse.fortuneo.fr/actualites/cloture-paris-la-volte-face-de-trump-relance-les-marches-7105415
Fortuneo