Une nouvelle fois, le marché parisien termine mieux la semaine qu'il ne l'a commencée. Malgré ce rebond de 0,95% vendredi, le CAC 40 abandonne encore 1,2% sur cinq séances, à 7.803 points ce soir, et enregistre sa deuxième nette baisse hebdomadaire consécutive. L'indice affiche un recul de plus de 4% depuis le début de l'année, une performance à rebours de celle de l'indice paneuropéen Stoxx 600, qui progresse de près de 7% en 2026.
Les tensions sont restées vives sur le marché obligataire, les opérateurs s'inquiétant de plus en plus de l'état des finances publiques françaises et du gonflement inexorable de la dette du pays. Le rendement de l'OAT à dix ans, l'obligation nationale de référence, reste proche de son pic de 24 ans enregistré vendredi dernier, à 4,86% environ ce soir. Le "spread", ou écart de rendement, entre les obligations allemandes et françaises à 10 ans est néanmoins retombé sous les 140 pb après un pic de 158 pb la semaine passée, au plus haut depuis la crise de la dette de la zone euro en 2011. Une époque où les difficultés budgétaires de la Grèce avaient provoqué une panique des marchés, contraignant finalement la Banque centrale européenne à intervenir pour soutenir l'euro.
Scrutés de près, les cours de l'or noir restent haut perchés, avec une situation toujours très instable au Moyen-Orient et, en particulier, en Arabie saoudite, confrontée à une récente escalade militaire de la part des Houthis yéménites. Donald Trump a déclaré jeudi que les États-Unis ne lanceraient pas d'attaque contre l'Iran d'ici aux élections de mi-mandat prévues début novembre, ajoutant que Washington avait des discussions "productives" avec Téhéran. Le président américain a toutefois indiqué que le blocus des ports iraniens serait maintenu, tout en assurant que le pétrole continuait de circuler dans le détroit d'Ormuz.
L'actualité de la semaine a également été marquée par la très grosse acquisition de Schneider Electric, accueillie froidement par le marché, l'avertissement d'OPMobility et une bonne nouvelle américaine pour Medincell. Enfin, Pékin a annoncé vendredi avoir trouvé un "terrain d'entente" avec l'UE concernant les exportations de voitures hybrides et de terres rares.
Du côté des devises, l'euro peine à freiner sa descente face au billet vert, à 1,1193$ entre banques. L'or affiche une performance hebdomadaire légèrement positive, proche des 4.190 dollars. Enfin, le Bitcoin évolue autour des 82.800$.
Les valeurs
* Medincell flambe de près de 31% sur cinq séances ! Le groupe pharmaceutique Teva a annoncé que la Food and Drug Administration (FDA) américaine a approuvé Weltruza (Olanzapine LAI), suspension injectable sous-cutanée à libération prolongée d'Olanzapine développée par la société française pour le traitement de la schizophrénie chez l'adulte. En tant que partenaire commercial de Medincell, Teva Pharmaceuticals prévoit de rendre Weltruza disponible aux États-Unis dans les prochaines semaines avec trois dosages différents administrés une fois par mois. Medincell est éligible au versement de royalties de 5% à 10% sur les ventes nettes d'Olanzapine LAI.
* Renault avance de 7,7% sur la semaine. Le secteur automobile a été recherché cette semaine. Alors que l'Union européenne préparait des mesures dites de sauvegarde visant à limiter les importations de véhicules hybrides chinois dans le bloc, la Chine a annoncé vendredi avoir trouvé un "terrain d'entente" avec Bruxelles concernant les exportations de voitures hybrides, sans toutefois en préciser les détails. Cette déclaration figure dans une liste de conclusions publiée par le ministère chinois du Commerce, à l'issue de deux jours de négociations commerciales à Pékin entre le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, et le commissaire européen au Commerce, Maro efcovic, indique 'Bloomberg'. Ces véhicules représentent désormais un quart du total des ventes, alors que la croissance des importations de véhicules électriques chinois, déjà soumis à des droits de douane élevés de l'UE, a ralenti.
* Maurel & Prom grimpe de 6,8% avec Viridien (+6,9%) et TotalEnergies (+5,5%) sur cinq jours. Le maintien du baril de pétrole au-dessus des 100$ continue à profiter au compartiment énergétique.
* Dassault Systèmes bondit de 5,4% sur la semaine. C'est en fait l'ensemble du secteur des éditeurs européens de logiciels qui a progressé après l'annonce par Schneider Electric de son intention d'acquérir la société américaine PTC dans le cadre d'une opération entièrement en numéraire de 23,7 milliards de dollars (en valeur d'entreprise). Ce mouvement témoigne de l'attrait du compartiment après le repli généralisé observé cette année, sur fond d'inquiétudes liées aux bouleversements induits par l'IA. "Nous considérons cette opération comme un facteur de soutien positif pour la valorisation des concurrents de PTC, qui se négocient actuellement à des multiples déprimés", indique Nay Soe Naing, analyste chez Berenberg. L'accord Schneider-PTC confirme la tendance croissante aux fusions-acquisitions stratégiques dans le secteur des logiciels, favorisant ainsi une réévaluation boursière du secteur, ajoute le spécialiste.
* Remy Cointreau s'adjuge 2,1% cette semaine, le marché se montrant rassuré par le pre-call (conférence) organisé par le fabricant de spiritueux en amont de la publication de ses résultats. Cité par 'Bloomberg', Bernstein ('surperformance'), souligne le ton "encourageant concernant les tendances de ventes finales (sell-out) aux États-Unis et la capacité de Rémy Cointreau à continuer de surperformer le marché". Le deuxième trimestre devrait également être positif en termes de livraisons aux distributeurs (sell-in), porté principalement par la région Asie-Pacifique, la Chine et le reste de l'Asie devant faire preuve de résilience. Au niveau du groupe, la croissance devrait être tirée par la division Liqueurs & Spiritueux (L&D).
A l'inverse, * OPMobility s'écroule de 17,6% sur la semaine, secoué après son avertissement sur résultats. L'entreprise vise désormais pour 2026 "une marge opérationnelle comprise entre 430 et 450 millions d'euros, un cash-flow libre supérieur à 220 millions d'euros, un résultat net part du Groupe significatif et une amélioration de la dette nette par rapport à fin 2025". Lors de sa publication semestrielle, fin juillet, elle envisageait "une amélioration de sa marge opérationnelle, de son résultat net part du Groupe, de son cash-flow libre et de sa dette nette par rapport à 2025". La société cite la détérioration des marchés finaux, la volatilité des calendriers de production et les pressions inflationnistes comme les principaux facteurs expliquant la révision à la baisse de ses objectifs de résultats et de génération de trésorerie. Pour faire face à cet environnement difficile et renforcer sa compétitivité à moyen terme, la firme a également annoncé de nouvelles mesures de restructuration visant à adapter son empreinte industrielle, ce qui devrait entraîner un coût de 120 à 130 millions d'euros en 2026.
* Schneider Electric (-12,2% sur la semaine) espérait sans doute meilleur accueil à la plus importante opération de croissance externe de son histoire. Le titre affiche un fort repli hebdomadaire, délaissé après l'annonce de l'acquisition de l'Américain PTC. Les analystes accueillent prudemment cette opération, reconnaissant l'intérêt stratégique d'étoffer l'offre de logiciels industriels de l'entreprise, spécialisée dans la gestion de l'énergie et l'automatisation. Les inquiétudes portent principalement sur l'ampleur et le financement de la transaction, ainsi que sur les incertitudes liées aux bouleversements induits par l'IA et à la capacité de l'opération à renforcer la position concurrentielle de Schneider. Oddo BHF évoque "un deal stratégique mais aussi opportuniste". "Bien sûr, le marché va certainement sanctionner le titre, le groupe se renforçant sur un segment qui interroge en ce moment (risque de disruption en lien avec l'IA) et il finance en partie cette acquisition par une augmentation de capital. Pour notre part, nous saluons l'acquisition d'un point de vue stratégique (partie manquante pour Schneider sur la partie discrete automation) et reconnaissons le sens du timing (le titre PTC est en recul de 29% depuis 1 an)", a expliqué l'analyste ('surperformer').
* SES (-10% sur cinq jours) et Eutelsat (-9,3%) ont été chahutés cette semaine, victimes de leur taux d'endettement élevé sur fond de nouvelle flambée des taux obligataires.
* Aperam trébuche de 6,8% sur la semaine, malgré son sursaut du jour avec le secteur. L'aciériste a confirmé ses perspectives pour son troisième trimestre, telles qu'indiquées dans la présentation des résultats du deuxième trimestre 2026. L'EBITDA ajusté du troisième trimestre devrait notamment être inférieur à celui du deuxième trimestre (130 ME), mais légèrement supérieur à celui du premier trimestre (90 ME). JP Morgan ('surpondérer') indique que les prévisions pour le troisième trimestre impliquent une révision à la baisse d'environ 10% de l'EBITDA pour 2026 et un impact négatif pour le quatrième trimestre ainsi que pour 2027. La banque s'attend à ce que les coûts énergétiques supérieurs aux attentes restent un thème récurrent dans le secteur. Morgan Stanley ('pondération en ligne') souligne que ces nouvelles informations révèlent des risques de baisse potentiels. Le courtier estime que le consensus du marché et sa propre estimation (113 ME, soit la borne haute de la fourchette) pourraient ne pas refléter pleinement les prévisions de hausse des coûts énergétiques.
* Air France-KLM lâche 6,2% sur la semaine. Son partenaire américain, Delta Air Lines, a affiché au 3e trimestre un bénéfice inférieur aux attentes, abaissant par ailleurs ses prévisions sur fond de flambée des prix du carburant. La facture annuelle de carburant devrait grimper de 6 milliards de dollars ! En termes de perspectives, le groupe vise désormais un bénéfice ajusté annuel par action allant de 5,10 à 5,60$, contre 6,50 à 7,50$ précédemment. Le free cash-flow est attendu maintenant à 2,5 milliards de dollars, contre 3 à 4 milliards précédemment.