Le très bon début d'année des valeurs bancaires semble bien loin. Le retour au premier plan des inquiétudes concernant la dette française a fait dérailler la très belle dynamique sectorielle qui prévalait depuis plus de deux ans. L'indice Stoxx 600 du secteur bancaire recule encore de 2,2% ce jeudi, après un net repli de 3,3% mercredi, et s'oriente ainsi vers son plus fort recul sur deux jours depuis mars. Société Générale a perdu 25% par rapport à son pic d'août, tandis que Deutsche Bank a dégringolé de 18% par rapport à son plus haut niveau du mois dernier.
Les craintes liées au budget, à la dette et à l'impasse politique en France pèsent globalement sur les marchés européens, mais se reflètent surtout sur le marché obligataire national. Les coûts d'emprunt à 10 ans du pays flirtent avec les 5% depuis plusieurs jours et la prime de rendement exigée pour détenir la dette souveraine française par rapport aux obligations d'État allemandes a atteint la semaine dernière son plus haut niveau depuis 2011.
"Les banques sont généralement en première ligne dès qu'il est question de risque systémique", indique à 'Bloomberg' Jérôme Legras, directeur de la recherche chez Axiom Alternative Investments. "Ce secteur a réalisé des performances remarquables cette année, il n'est donc pas surprenant d'observer un repli à un moment donné. Selon moi, l'incertitude macroéconomique, notamment concernant la croissance, les rendements et les prochaines décisions de la BCE, est à l'origine de la majeure partie de la volatilité".
La récente déroute des banques européennes a ramené les gains du compartiment en 2026 à moins de 12%, soit près de la moitié par rapport au pic de septembre, qui s'élevait à environ 23%.