(AOF) - Kering a dévoilé un résultat net des activités poursuivies récurrent, part du groupe, en chute de 56%, à 532 millions d'euros, au titre de 2025, ainsi qu'un résultat opérationnel courant en baisse de 33%, à 1,63 MdEUR, soit une marge en recul de 3,4 points à 11,1%. Le chiffre d'affaires du groupe de luxe a diminué de 13%, à 14,7 MdsEUR, dont une baisse de 10% en données comparables, observable à la fois pour ses ventes dans le réseau en propre (-11%) et pour l'activité Wholesale (-9%).
Parmi ses principales marques, Kering a vu ses ventes en données comparables se contracter de 19% pour Gucci et de 6% pour Yves Saint Laurent, mais augmenter de 3% pour Bottega Veneta et pour Kering Eyewear.
"Au 2e semestre, nous avons engagé une série de mesures déterminantes : renforcement de notre bilan, stricte maîtrise des coûts, et choix stratégiques posant les fondations nécessaires au prochain chapitre de notre histoire", affirme son DG Luca de Meo.
Au titre de 2025, le conseil d'administration a décidé de proposer à l'AG du 28 mai, un dividende ordinaire de 3 EUR par action, dont un solde de 1,75 EUR restant à verser et qui sera mis en paiement le 4 juin prochain.
En outre, un dividende exceptionnel de 1 EUR par action sera proposé, lié à la cession de Kering Beauté à L'Oréal, dont la finalisation est attendue au 1er semestre 2026. Il sera versé une fois l'opération close, et pas avant le 4 juin.
Kering affirme "aborder 2026 avec un objectif clair : renouer avec la croissance et améliorer ses marges, dès cette année". Le Capital Markets Day du 16 avril présentera en détail la feuille de route qui guidera sa nouvelle phase de transformation.
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Points clés
- Groupe de luxe né en 1963 propriétaire des marques Balenciaga, Bottega Veneta, Gucci ou Yves-Saint-Laurent ;
- Chiffre d'affaires de 17,2 Mds€ réalisé à 30% en Asie-Pacifique, 8% au Japon, 29% en Europe et 24% en Amérique du nord, avec 91% des ventes dans le réseau en propre ;
- Modèle d'affaires de « pure player » du luxe, fondé sur une croissance organique mais supérieure à celle des marchés via l’autonomie créative des Maisons et les partenariats stratégiques ;
- Capital contrôlé à 42,2% (près de 59% des droits de vote) par la holding Aremis de la famille fondatrice, François-Henri Pinault présidant le conseil d’administration de 13 membres et Luca De Meo étant directeur général délégué depuis la mi-septembre.
Enjeux
- Agilité du modèle d’affaires face à un recul des ventes supérieur au marché depuis deux ans :
- renouvellement des directeurs de collections et des directions générales dans les maisons phares – Yves Saint Laurent, Gucci, Balenciaga et Bottega Venetta, assorti d’un rajeunissement de l’offre, d’une hausse de la part de la maroquinerie dans les revenus, rationalisation de la distribution-logistique, e-commerce, réseau Wholesale
- réduction de 5% des coûts en 2025, du même montant qu’en 2024, avec fermeture de 80 magasins),
- flexibilité financière via cessions immobilières -3 Mds€ espérés en 2025, et travail sur la dette par refinancement des anciens emprunts, et cession des activités de parfumerie et beauté,
- montée en puissance de la lunetterie, lancée en 2015 : déjà 1,6 Mds€ de revenus pour le 2ème acteur mondial, et accord avec Google pour les lunettes intelligentes,
- Stratégie environnementale « Care for the planet » de neutralité totale en 2033 :
- réduction des impacts de la chaîne d’approvisionnement (pollution de l’air et de l’eau, gestion des déchets et utilisation des sols…),
- « Index de développement durable des fournisseurs » et traçabilité du bien-être animal et d’utilisation des produits chimiques,
- Materials Innovation Lab dédié aux montres et à la joaillerie, et au textile,
- soutien à la biodiversité, l’agriculture régénérative
- Bilan en cours de renforcement : la dette nette, ramenée à 9,5 Mds€ à fin juin, devant être allégée par la cession à L’Oréal, au 1er semestre 2026 et pour un montant de 4 Mds€, des activités parfums et produits de beauté portées par Maison Creed et des licences des autres Maisons (Balenciaga, Bottega Veneta, Gucci).
Défis
- Accueil des investisseurs au nouveau plan stratégique qui sera annoncé au 1er trimestre 2026, avec des précisions attendues sur la co-entreprise avec l’Oréal spécialisée dans la longévité et le bien-être dans le domaine du luxe ;
- Après la nomination, en septembre, de Francesca Bellettini, ex-PDG de Yves Saint-Laurent, à la tête de Gucci et 1er contributeur historique aux résultats, poursuite d’autres « ajustements » jusqu’à la fin 2025 ;
- Suivi du dossier Valentino détenu à 30 % avec option d’acquisition totale, l’exercice des options d’achat prévues pour 2026 et 2027 étant reportées de deux ans ;
- Face à la hausse des tarifs douaniers américains, hausse des prix de vente ;
- Incapacité persistante à remonter les ventes malgré le frein donné à la tendance baissière au 3ème trimestre marqué par un repli de 10 % (- 5 % hors impact des changes) du chiffre d’affaires ;
- Absence de prévisions chiffrées pour 2025 ;
- Dividende 2024 réduit de plus de la moitié à 6 €, après acompte de 2 €.
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