A Paris, un magasin Relay \"déménagé\" pour dénoncer le \"monopole\" de Bolloré dans les gares...

A Paris, un magasin Relay "déménagé" pour dénoncer le "monopole" de Bolloré dans les gares

Des activistes ont symboliquement "déménagé" vendredi une partie d'un magasin Relay de la gare Montparnasse pour dénoncer le "monopole" de Vincent Bolloré et la mise en avant, dans ces enseignes, de publications d'extrême droite, ont constaté des journalistes de l'AFP.

En quelques minutes, une trentaine de militants ont vidé le présentoir des quotidiens et une partie des étals réservés aux magazines pour remplir une vingtaine de cartons de déménagement qu'ils ont disposés à l'entrée du magasin Relay, propriété du groupe Lagardère contrôlé par le milliardaire conservateur.

Dans un espace délimité par des rubans estampillés "scène de crime climatique", ils ont ensuite brandi une pancarte proclamant "Relay désinforme / SNCF Castex complices" et une autre assurant que "la propagande d'extrême droite tue".

Les activistes ont prestement quitté les lieux à l'arrivée des agents de sécurité, sous l'oeil interrogateur des passants et réprobateur des employés du magasin.

"On demande une impartialité et une neutralité de l'espace public parce que les gares appartiennent à toutes et à tous", a expliqué à l'AFP Zoé Pélégry, porte-parole d'Alternatiba, qui organisait l'action avec le collectif ANV-Cop 21.

"La SNCF ne devrait pas donner la priorité à un milliardaire qui ne cache pas son projet politique rétrograde", a-t-elle ajouté.

Présidée depuis 2025 par Jean Castex, la SNCF a renouvelé en 2023 le contrat cédant à Relay, propriété de la filiale Lagardère Travel Retail, l'exploitation des magasins de vente de journaux et de livres dans ses gares.

Depuis la prise de contrôle de Lagardère par Vincent Bolloré fin 2023, ce partenariat a fait naître des questions sur la place privilégiée que les magasins Relay accorderaient aux journaux et ouvrages proches de l'extrême droite.

Parue en juin, une étude de L'Observatoire des multinationales, qui passe au crible l'action des grands groupes, avait fait état d'une surreprésentation dans les boutiques Relay d'un ouvrage de Philippe de Villiers ou du JD News, l'hebdomadaire du JDD, et relevé la présence de la revue d?extrême droite "La Furia".

"Ce qu'on dit à Jean Castex, c'est que si vous ne déménagez pas Bolloré hors de nos gares, c'est nous qui le ferons", poursuit Zoé Pélégry. "Il faut casser ce monopole."

L'action menée vendredi a attiré quelques curieux mais n'a toutefois pas fait l'unanimité. "Ce n'est pas ça la démocratie!", a lancé un client aux militants. "Vous enlevez Le Monde, je pense pas que ce soit Bolloré". "C'est du grand n'importe quoi", a tonné un autre, furibard.

La vendeuse du magasin n'a, elle non plus, pas caché sa colère : "Même pendant les inventaires, on ne déplace pas autant de revues et, maintenant, c'est nous qui allons devoir tout remettre en place".

© 2026 AFP

https://bourse.fortuneo.fr/actualites/a-paris-un-magasin-relay-demenage-pour-denoncer-le-monopole-de-bollore-dans-les-gares-1219990
Fortuneo