Wall Street fléchit après de nouveaux résultats bancaires

Wall Street consolide ce lundi, sans grand relief après une nouvelle série de trimestriels bancaires. Le DJIA cède actuellement 0,27% à 26.340 pts, alors que le Nasdaq abandonne 0,46% à 7.947 pts. Le ...

Wall Street consolide ce lundi, sans grand relief après une nouvelle série de trimestriels bancaires. Le DJIA cède actuellement 0,27% à 26.340 pts, alors que le Nasdaq abandonne 0,46% à 7.947 pts. Le S&P500 corrige de 0,37% à 2.897 pts. Sur le marché des changes, l'indice dollar se tasse de 0,1% à 96,9. Du côté des matières premières, le baril de brut WTI fléchit de 1% à 63,3$, alors que le baril de Brent de la mer du Nord perd 0,5%.

Dans l'actualité économique aux États-Unis ce jour, l'indice manufacturier 'Empire State' de la Fed de New York pour le mois d'avril 2019 est ressorti robuste et supérieur aux attentes de marché, à 10,1, contre 6,8 de consensus de place et 3,7 pour sa lecture antérieure. Il traduit une accélération de l'expansion de l'industrie manufacturière dans la région.

Notons, dans un autre registre, que le président américain Donald Trump a une fois encore taclé la Fed hier sur le réseau social Twitter. "Si la Fed avait fait son travail correctement, ce qui n'a pas été le cas, les Marchés Actions auraient progressé de 5000 à 10.000 points additionnels, et le PIB aurait affiché une croissance bien supérieure à 4% au lieu de 3%... avec pratiquement aucune inflation. Le resserrement quantitatif a été meurtrier, on aurait dû faire exactement l'inverse!", a ainsi précisé Trump.

Rappelons que Trump ne cesse de s'attaquer à la Fed et à son leader Jerome Powell, qui semble déjà avoir grandement changé de ton, puisque les marchés envisagent maintenant très clairement l'hypothèse d'un possible assouplissement monétaire cette année. Le resserrement quantitatif, autrement dit le fait de réduire le bilan de la Fed qui avait précédemment été gonflé par les rachats d'actifs obligataires du 'QE', est également visé par le leader de la Maison Blanche, qui juge globalement que la politique trop rigide de la Fed plombe l'économie américaine et limite la progression de Wall Street.

Sur le front commercial, et alors que l'accord sino-américain tant espéré se fait attendre, l'Europe pourrait quant à elle répliquer face aux menaces américaines de surtaxes portant sur 11 milliards de dollars de produits provenant de l'Union européenne... Les Etats membres de l'Union européenne ont dans le même temps, et de manière quelque peu paradoxale, donné leur accord à l'ouverture des négociations avec les Etats-Unis, malgré l'opposition de la France. Les dirigeants européens ont voté majoritairement en faveur du mandat de négociations proposé par la Commission. Seule la France s'y est opposée. Emmanuel Macron avait déjà affirmé son intention de refuser les négociations, critiquant le chantage de Trump et sa décision de retirer les USA de l'accord sur le climat.

Les publications financières trimestrielles se poursuivent à Wall Street ce lundi, avec notamment M&T Bank, Goldman Sachs et Citigroup.

Demain mardi, le rythme s'accélèrera avec Bank of America, Comerica, BlackRock, First Horizon, Johnson & Johnson et UnitedHealth en pré-séance, puis CSX, IBM, Netflix et United Continental après la clôture.

Goldman Sachs (-3%), le géant américain de la banque d'affaires, a dévoilé des profits assez solides mais aussi des revenus un peu courts. Ainsi, le groupe new-yorkais a réalisé sur le 1er trimestre fiscal 2019 un bénéfice par action de 5,71$, à comparer à un consensus de 4,89$. Pour ne retenir que les points saillants de ces résultats, les revenus ont totalisé 8,81 milliards de dollars sur la période close, le bénéfice net s'est inscrit à 2,25 milliards de dollars, et le ROE annualisé a représenté 11,1%. Le bpa de 5,71$ est à comparer à un niveau de 6,95$ pour le premier trimestre 2018, et à un profit par titre de 6,04$ réalisé au quatrième trimestre 2018. Le consensus de revenus était de 8,9 milliards de dollars. Comparativement à l'an dernier, le bpa recule de 19% et les revenus se tassent de plus de 4%.

Dans le compartiment bancaire américain, JPMorgan Chase et Wells Fargo avaient déjà publié en fin de semaine dernière des profits trimestriels supérieurs aux attentes. Seul le titre JPMorgan avait toutefois profité des annonces en bourse, sur un marché devenu un peu plus pointilleux.

Citigroup (-1%) a dévoilé ce lundi ses comptes du premier trimestre. Comme dans le cas de Goldman Sachs, le bénéfice a dépassé assez nettement les attentes de marché, mais les revenus ont quelque peu déçu. Ainsi, le bénéfice trimestriel par action de la banque américaine s'est élevé à 1,87$, contre 1,79$ de consensus. Les revenus se sont établis à 18,58 milliards de dollars environ, en retrait de près de 2% en glissement annuel, contre 18,63 milliards de dollars de consensus de place. Les revenus de trading equity ont pesé sur les comptes, à 842 M$ sur la période contre 930 M$ de consensus... Le titre Citigroup consolide marginalement avant bourse, mais il avait surperformé Wall Street depuis le début de l'année avec un gain de près de 30%.

M&T Bank (-1%) a annoncé pour le premier trimestre fiscal 2019 un bénéfice dilué GAAP par action de 3,35$, en vive croissance de 50% en glissement annuel, pour un bénéfice net GAAP de 483 millions de dollars - à comparer aux 353 M$ de l'an dernier. Sur le quatrième trimestre 2018 cette fois, le bpa GAAP et le bénéfice net étaient ressortis à 3,76$ et 546 M$, respectivement.

Best Buy (-1%), colosse américain de la distribution d'électronique grand public, a annoncé la nomination de sa directrice financière Corie Barry en tant que CEO (directrice générale), succédant à Hubert Joly qui officiera d'ici deux mois en tant que président exécutif.

Nike (stable) gagne du terrain à Wall Street. Le titre devrait profiter aujourd'hui de la première victoire du golfeur Tiger Woods en 11 ans dans un tournoi majeur (dimanche au Masters d'Augusta).

Spotify (-5%) corrige sur la cote américaine, victime de la rumeur Amazon. Selon une information de presse relayée notamment par Reuters, le géant du e-commerce envisagerait le lancement, peut-être dès cette semaine, d'un service de musique en ligne financé par la publicité.

Alliance Data Systems (-10%) a confirmé la vente de sa filiale Epsilon au groupe publicitaire Publicis pour 4,4 milliards de dollars.

Waste Management (+1%), leader américain de la gestion des déchets, a annoncé son intention de racheter son rival Advanced Disposal pour environ trois milliards de dollars, se renforçant ainsi dans l'est des Etats-Unis. L'offre est libellée à 33,15$ par titre Advanced Disposal, une prime de 22% sur les cours de vendredi.

Johnson & Johnson (stable). Son traitement Balversa a été approuvé aux USA comme première thérapie ciblée contre le cancer avancé de la vessie, a annoncé la FDA, autorité américaine de santé.

Boeing (-1%). American Airlines prolonge jusqu'au 19 août ses annulations de vols de Boeing 737 MAX, ce qui affectera 115 vols par jour. Dans le même temps, Donald Trump s'est fendu d'un tweet pour conseiller le géant aéronautique américain. "Qu'est-ce que je connais de l'image de marque, peut-être rien (mais j'ai été élu Président!), mais si j'étais à la place de Boeing, je résoudrais le problème du 737 MAX, j'y ajouterais quelques belles fonctionnalités additionnelles, & je RENOMMERAIS l'appareil. Aucun produit n'a souffert comme celui là. Mais une fois encore, qu'est-ce que j'y connais ?"

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