La valeur du jour à Paris GETLINK mal orienté dans le sillage d'un trafic morose en juillet

(AOF) - Getlink (-2,54% à 12,64 euros) affiche l’une des plus fortes baisses du SBF120 à Paris, dans le sillage d'un trafic bien moroses en juillet, aussi bien pour les Navettes Camions que pour les N...


(AOF) - Getlink (-2,54% à 12,64 euros) affiche l’une des plus fortes baisses du SBF120 à Paris, dans le sillage d'un trafic bien moroses en juillet, aussi bien pour les Navettes Camions que pour les Navettes Passagers. Le concessionnaire du tunnel sous la manche a été impacté par l’absence de reprise du marché de l’automobile, une baisse de la consommation en Grande-Bretagne, ainsi qu’un effet calendaire défavorable.

Dans le détail, Getlink a expliqué que 130 936 camions ont été transportés le mois dernier, un chiffre en baisse de 10% par rapport à juillet 2018. Le groupe a été impacté par l'absence de reprise du marché de l'automobile et une baisse de la consommation en Grande-Bretagne. Au total, depuis le 1er janvier, plus de 940 000 camions ont traversé la Manche avec le Shuttle Freight, soit un recul de 5% par rapport à la même période de l'année précédente.

De son côté, le trafic des Navettes Passagers s'établit à 294 044 véhicules transportés sur le mois de juillet 2019, en recul de 7% par rapport à juillet 2018. Le groupe dit avoir été pénalisé par un effet calendaire défavorable avec des départs en vacances plus tardifs. Depuis le 1er janvier, près de 1 460 000 véhicules de tourisme ont traversé à bord des Navettes, soit un repli de 3% sur un an.

Pour mémoire, Getlink avait indiqué fin juillet qu'il retenait l'hypothèse d'un Brexit sans accord le 31 octobre prochain. Cela l'avait conduit à tabler sur un Ebitda de 560 millions d'euros pour 2019, contre 569 millions d'euros en 2018 et un consensus de 575 millions d'euros.





AOF - EN SAVOIR PLUS



Getlink - Les points à retenir

- Transporteur ferroviaire exploiteur de la ligne transManche en concession jusqu’en 2086, diversifié dans le fret et la logistique ferroviaire sous la marque Europorte et l’interconnexion électrique sous la marque Eleclink ;
- Marché soutenu par le trafic : 30 % des exportations britanniques vers l’Europe et 22 % des importations venant de l’Union européenne;
- Groupe de 1,1 Md€ de chiffre d’affaires organisé en 3 branches : Liaison Fixe pour la concession sous la Manche (89 % des revenus), Europorte pour le fret ferroviaire (11 %) et Eleclink, future interconnexion électrique entre la France et la Grande-Bretagne, dont les revenus récurrents sont attendus à partir de 2020 ;
- Investissements en infrastructures déjà réalisés, tout nouveau passage dans le tunnel générant un chiffre d’affaires additionnel pour un coût marginal mineur, avec de nouvelles liaisons, Amsterdam depuis avril 2018 et, bientôt, Bordeaux ;
- Amélioration constante depuis 12 ans de la rentabilité opérationnelle, grâce à la capacité du groupe à relever ses tarifs ;
- Hausse régulière et visibilité du dividende jusqu’en 2022 (0,36 € pour cette année). 


Getlink - Les points à surveiller

- Activité soumise aux aléas des décisions réglementaires britanniques ou européennes ;
- A moyen terme, risque de remontée de la concurrence des ferries, les ports de Calais-Dunkerque et Douvres se préparant à accueillir des bateaux de grande taille ;
- Incertitudes sur la capacité des Etats européens à mettre en place des contrôles frontaliers efficaces après le Brexit ;
- Tassement du trafic en avril et mai dans les camions et les véhicules de particuliers ;
- Dette refinancée régulièrement mais encore significative et de longue durée (plus de 20 ans);
- Sensibilité à la conjoncture politique et économique en Europe ;
- Catalyseurs boursiers : nouvelles destinations d’Eurostar (attente d'une ligne Bordeaux-Londres après le succès de Marseille-Londres), renforcement dans la logistique portuaire, obtention de contrats par Europorte et appels contre les décisions des Commissions européenne et anglaise ;
- Ambitions 2022 rehaussées et confirmées après un bon 1er trimestre, avec un résultat opérationnel de 735 M€ et une hausse annuelle 0,05€ du dividende ;
- Attente du lancement de trains « low cost » Paris-Londres ;
- Spéculations sur le capital renforcées par l’intérêt d’Eiffage (5,03 % des titres), derrière Atlantia (15,5 %) et TCI (11 %).

Services aux collectivités

La valeur boursière des grands utilities européens a fondu sur les dix dernières années. La capitalisation d'Engie (ex-GDF Suez) est tombée autour de 34 milliards après un plus haut de 98 milliards en 2008. Quant à EDF, sa valorisation avoisine les 40 milliards d'euros, contre un point haut à 155 milliards en 2007. Plusieurs facteurs pénalisent les valorisations : d'abord l'intervention des pouvoirs publics, qui n'est pas un gage de stabilité pour les investisseurs car les politiques peuvent varier. De plus, les décisions gouvernementales sont différentes d'un pays à l'autre : si la Pologne subventionne ses centrales à charbon, l'Allemagne au contraire va accompagner à hauteur de 40 milliards d'euros les collectivités et les acteurs pour une sortie progressive du charbon d'ici à 2038. Toutefois les énergéticiens positionnés sur les énergies renouvelables s'en tirent bien. C'est le cas de l'espagnol Iberdrola ou de l'italien Enel.

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