La valeur du jour à Paris - ESSILOR rassure les marchés et surperforme le CAC 40

(AOF) - Essilor (stable à 108,55 euros) échappe à la baisse du marché parisien après avoir publié des résultats jugés rassurants après son avertissement de novembre dernier. En 2016, le groupe d'optiq...


(AOF) - Essilor (stable à 108,55 euros) échappe à la baisse du marché parisien après avoir publié des résultats jugés rassurants après son avertissement de novembre dernier. En 2016, le groupe d'optique, qui prépare son rapprochement avec son homologue italien Luxottica, a vu son bénéfice net part du groupe progresser de 7,4% à 813 millions d'euros et son bénéfice opérationnel ("contribution à l'activité") augmenter de 4,6% à 1,32 milliard d'euros. Il a représenté 18,6% (-0,2 point) du chiffre d'affaires, ce dernier ayant progressé de 3,6% en organique à 7,11 milliards.

Les analystes prévoyaient un bénéfice net de 802 millions, un bénéfice opérationnel de 1,316 milliard et un chiffre d'affaires de 7,10 milliards. Essilor avait lui-même guidé les investisseurs vers une marge de 18,5% et une croissance organique située "autour de 3,5%". Cette prévision avait été abaissée en novembre dernier.

Après un troisième trimestre décevant, Essilor a également relevé la tête au quatrième trimestre, dépassant là encore les attentes. Son chiffre d'affaires sur cette période s'est élevé à 1,809 milliard, en croissance organique de 3%, contre un consensus de 1,79 milliard.

Certes, le groupe français est resté confronté à des difficultés sur son principal marché : les Etats-Unis. Sa croissance organique dans la zone a encore ralenti à 0,5% au quatrième trimestre. La situation en Amérique du Nord avait été la principale raison de la déception du troisième trimestre et de l'avertissement qui a suivi quelques semaines après.



Essilor a pu compter sur les marchés émergents


Toutefois, Essilor a pu compter sur le dynamisme de ses marchés émergents pour compenser l'impact de ce ralentissement. La zone Asie-Pacifique et l'Amérique latine ont enregistré une croissance organique de 6,8% au quatrième trimestre contre des consensus de 4,9% et 4% respectivement.

Le message communiqué par Essilor pour l'exercice 2017 est également rassurant puisqu'il n'exclut pas une accélération de sa croissance organique puisqu'il vise une fourchette comprise entre +3 et +5%. Sa marge devrait elle ressortir autour de 18,5 % du chiffre d'affaires, reflétant l'impact dilutif à court terme du rapide développement des activités de vente en ligne. Jefferies anticipe une croissance organique de 4,7% et une marge de 18,8%.




AOF - EN SAVOIR PLUS



Les points forts de la valeur

- Leader mondial de l’optique ophtalmique avec plus de 25 % du marché, soit plus d’1 milliard de personnes équipées (marques Varilux, Crizal, Transitions, Xperio…) ;
- Marché très porteur : vieillissement de la population dans les pays développés et croissance des classes moyennes dans les pays émergents, soit 500 M de nouveaux porteurs de lunettes attendus en 2030 ;
- Diversification dans les équipements de laboratoire (marque Satisloh, 3 % du chiffre d’affaires) et les lunettes prémontées et solaires (9  % des ventes) ;
- Croissance équilibrée entre les marchés à forte croissance (22 % du chiffre d’affaires) et les marchés matures ;
- Leadership acquis principalement grâce à un rythme soutenu d'innovations (30 % du CA réalisé avec des produits de moins de 3 ans) et d’acquisitions qui relègue les concurrents au rang de « suiveurs » ;
- Capacité du groupe à maintenir ses marges, y compris dans les périodes de ralentissement économique et de forte concurrence ;
- Elargissement de la base des consommateurs par les lunettes de protection et prévention d’une part, par les lunettes de soleil ou contre le vieillissement en vente libre ;
- Développement dans les émergents par « maillage » au travers de partenariats et d’acquisitions (20 sur les 10 premiers mois de 2016) ;
- Succès du marketing numérique, avec une part de plus de 5 % du marché mondial, renforcée par l’achat du britannique MyOptique Group ;
- Structure financière extrêmement solide, permettant une croissance régulière du dividende, sur 23 années consécutives.



Les points faibles de la valeur

- Montée de la concurrence de la chirurgie ophtalmologique et des lentilles de contacts ;
- Apparition sur le marché de producteurs asiatiques aux produits moins chers ;
- Impact sur les ventes de la diminution des remboursements de lunettes par la Sécurité sociale dans les pays de l’OCDE ;
- Avertissement sur ventes 2016 en raison de perspectives moroses dans l’activité lunettes solaires ;
- Marché ralenti aux Etats-Unis et retard dans le redressement de Coastal.com ;
- Impact négatif des changes (real, yuan, livre britannique et dollar canadien) ;
- Risque d’enquête sur la position dominante du groupe en France ;
- Avertissement, à l’automne 2016, sur la croissance des ventes et sur le niveau de marge, sanctionné par le marché.



Comment suivre la valeur

- Valeur de croissance défensive (achat de lunettes pouvant être reporté mais pas annulé) apparentée au marché de la santé ;
- Plan stratégique 2018 : croissance organique supérieure à 6 %, part des marchés émergents dans les ventes supérieures à 30 % et hausse des marges; dans les marchés à forte croissance : 2,8 Mds€ de revenus contre 1,5 Md€ à fin 2015; dans le solaire : 1,1 Md€ de revenus contre 860 M€; ventes par Internet : 400 à 500 M€ de revenus contre 220 M€ ;
- Retombées aux Etats-Unis du rachat du réseau de services aux optométristes Vision Source, qui étendra l’offre de produits (lentilles de contact, lunettes pré-montées) et améliorera l’efficacité de la chaîne logistique ;
- Réalisation de l’objectif 2016 d’une croissance organique du chiffre d’affaires autour de 3,5 %, et d’une marge opérationnelle de 18,5 % ;
- Groupe théoriquement opéable mais bien valorisé en Bourse et hostilité à attendre du personnel, premier actionnaire avec 8,3 % du capital et 14,3 % des droits de vote.

Biens de consommation

Les géants du secteur font évoluer leur offre, notamment au niveau des services, pour fidéliser les consommateurs. Ainsi L'Oréal Paris a développé l'application " Makeup Genius ", qui permet aux utilisatrices de tester virtuellement sur leurs smartphones n'importe quel produit de maquillage de la marque. La nouvelle orientation stratégique énoncée par Henkel souligne bien cette tendance. Le géant champion allemand des produits de grande consommation (Le Chat, Fa, Schwarzkopf, Loctite...) a lancé des pressings de la marque Persil en Allemagne. Sur le site Internet de sa colle Loctite, le groupe prodigue des conseils de décoration aux adeptes du " do it yourself ". Il entend grossir par l'innovation et le numérique et investira 3 milliards d'euros contre 2 milliards sur la période 2013-2016. Cette stratégie, plus offensive, a pour objectif de réduire l'écart avec les géants du secteur P&G, Unilever ou L'Oréal. Deux nouveaux centres d'innovation seront créés à Shanghaï et à Düsseldorf, dédiés aux colles et adhésifs, qui génèrent la moitié du chiffre d'affaires. Quant au textile, l'Institut français de la mode (IFM) prévoit que la consommation en habillement en France devrait reculer de 1,8% en 2016 et de 1,4% l'an prochain. Les perspectives ne sont guère plus encourageantes dans les autres pays européens avec des reculs estimés de 0,5% au Royaume-Uni, 1,2% en Allemagne, 1,4% en Italie l'an prochain. L'Espagne s'en tire bien avec une croissance de 1,7% en 2017. Néanmoins des opportunités existent pour les acteurs s'ils parviennent à s'adapter aux changements de comportements des consommateurs, de plus en plus séduits par le numérique, et à se tourner vers l'international. Les exportations françaises d'habillement progressent ainsi de 4,5% par an depuis 2010, selon l'IFM. La Chine devrait devenir vers les années 2020 le premier marché mondial en termes de consommation d'habillement et chaussures. Aujourd'hui les deux premiers marchés sont l'Union européenne et les Etats-Unis.

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