Etats-Unis : l'inflation "temporaire", la Fed surveille, assure Powell

Le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, a répété jeudi qu'il considérait que la hausse de l'inflation attendue à l'occasion de la sortie de la crise du coronavirus serait un phé...

Le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, a répété jeudi qu'il considérait que la hausse de l'inflation attendue à l'occasion de la sortie de la crise du coronavirus serait un phénomène temporaire.

S'exprimant lors d'une visioconférence à l'occasion de la réunion de printemps du FMI, il a aussi réaffirmé que la Fed "surveille très attentivement l'évolution des prix" et a assuré qu'elle disposait des outils nécessaire pour réagir, s'il s'avérait que les prix "évoluent durablement et véritablement au-dessus des niveaux avec lesquels nous sommes à l'aise".

La crise sanitaire continue d'inquiéter la Fed

Il a aussi souligné que les disparités dans les efforts de vaccination selon les pays représentaient un risque pour la reprise de l'économie mondiale.

"Le nombre de cas (de Covid) est en train de remonter ici (aux Etats-Unis), alors j'invite simplement les gens à se faire vacciner et à continuer de respecter la distanciation sociale", a-t-il déclaré. "Nous ne voulons pas d'une nouvelle vague. Même si elle pourrait causer moins de dommages économiques et tuer moins de personnes, elle ralentira la reprise", a ajouté le patron de la Fed.

Alors qu'environ un tiers de la population américaine a reçu au moins une dose de vaccin et que près de 20% a été entièrement vaccinée, les nouveaux variants provoquent une flambée des nouveaux cas, en particulier dans certaines zones du Midwest et du nord-est des Etats-Unis.

L'annonce, jeudi, d'une hausse surprise du nombre de demandes d'indemnisations de chômage (+16.000 à 744.000) pour la 2e semaine consécutive aux Etats-Unis a montré que l'approche toujours prudente de la banque centrale sur la reprise économique semble justifiée.

Détente sur les taux des emprunts d'Etat américains à long terme

Du côté des rendements obligataires, le T-Bond américain à 10 ans a reculé nettement jeudi après les propos de Jerome Powell, revenant à 1,63% (-5 points de base) et le "30 ans" a cédé 2 points de base à 2,33%. L'indice du dollar a cédé 0,42% à 92,07 points face à un panier de devises, tandis que l'euro gagnait 0,4% face au billet vert à 1,1917$. Les inquiétudes concernant l'inflation et une possible hausse des taux de la Fed, a inquiété les marchés ces derniers mois et fait grimper les taux d'intérêts. Fin décembre 2020, le taux US à 10 ans n'était que de 0,9% et celui à 30 ans évoluait autour de 1,64%.

Mercredi, dans les Minutes de sa dernière réunion, la Fed avait déjà rassuré, en répétant qu'elle était "encore loin" d'avoir atteint ses objectifs, ajoutant qu'il faudra attendre encore "quelque temps" avant d'observer des progrès plus importants concernant ces objectifs, à savoir le plein-emploi et une inflation moyenne de 2%. La banque centrale semble donc loin de penser à relever ses taux directeurs, qu'elle a ramenés près de zéro depuis plus d'un an pour faire face à la crise du coronavirus.

Trop tôt pour parler de changement de politique monétaire

De son côté, le président de la Fed de Saint-Louis, James Bullard, a déclaré jeudi que la Fed ne devrait même pas débattre de changements de politique monétaire tant qu'il n'y avait pas la certitude d'avoir surmonté la crise sanitaire, liant étroitement les futures discussions de la Fed au succès d'un programme de vaccination. "Nous devons d'abord mettre la pandémie derrière nous", a-t-il dit. "Il y a encore des risques et les choses pourraient prendre une direction différente", a-t-il ajouté.

Mercredi, le président de la Fed de Dallas, Robert Kaplan, a lui aussi estimé qu'il était encore trop tôt pour réduire le soutien à l'économie américaine. Il faudra attendre le reflux de la pandémie et un rétablissement plus avancé de l'économie, a-t-il déclaré au 'Wall Street Journal'. "Il y a des raisons d'être optimiste quant à l'avenir. Cela dit, je tiens également à souligner que nous ne sommes pas encore sortis d'affaire", a-t-il poursuivi.