EDF abaisse ses objectifs 2022 en raison du phénomène de corrosion

(AOF) - Jeudi soir, EDF a ajusté à la baisse son estimation de production nucléaire en France pour 2022 en raison de la fermeture de 12 réacteurs pour cause de corrosion sous contrainte et des contrôl...


(AOF) - Jeudi soir, EDF a ajusté à la baisse son estimation de production nucléaire en France pour 2022 en raison de la fermeture de 12 réacteurs pour cause de corrosion sous contrainte et des contrôles effectuées sur le reste de son parc. Pour l'année en cours, le groupe table désormais sur une production comprise entre 280-300 TWh contre 295-315 TWh précédemment. L'estimation de l'impact de la baisse de production nucléaire en France sur l'Ebitda du groupe pour 2022 est réévaluée à environ -18,5 milliards d'euros, contre 14 milliards d‘euros jusque là.

Dans ce cadre, la perspective financière pour le groupe EDF à fin 2023 est ajustée comme suit : EFN/EBITDA environ 3 fois ou légèrement supérieur à 3 fois (contre environ 3 fois) et DEA/EBITDA ajusté environ 5 fois (contre 4,5 fois à 5 fois).

A ce stade, et dans l'attente de la réalisation des contrôles et des réparations, l'estimation de la production nucléaire pour 2023, soit 300-330 TWh, n'est pas modifiée.

EDF poursuit son programme de contrôles et prépare avec la filière nucléaire la réparation des portions de tuyauteries concernées par la corrosion sous contrainte. A ce stade pour 2022, EDF considère qu'il n'est pas nécessaire d'anticiper de nouveaux arrêts de réacteurs.




AOF - EN SAVOIR PLUS



Points clés

- Numéro un mondial de l'énergie bas carbone créé en 1946 avec 38,5 millions de clients dans le monde et 117,3 GW de capacités installées : 60 % dans le nucléaire, 18 % dans l’hydraulique, 8 % dans les énergies renouvelables, 9 % dans le gaz, 3 % dans le fioul et 2 % dans le charbon ;
- Chiffre d’affaires de 84,5Mds€ et capacités installées de 117,3 GW: 60 % dans le nucléaire, 18 % dans l’hydraulique, 8 % dans les énergies renouvelables, 9 % dans le gaz, 3 % dans le fioul et 2 % dans le charbon ;
- Modèle d'activité « Cap 30 » avec 3 axes stratégiques : l’accompagnement des clients vers la neutralité carbone via 10 Mds de revenus dans les services, le rang de 1er producteur mondial d’électricité nette en CO2 et le rôle d’acteur mondial de la transition énergétique ;
- Capital détenu à 83,88 % par l’Etat, Jean-Bernard Lévy étant PDG du conseil d'administration de 18 membres ;
- Bilan assaini en avril avec dette nette (noté A du fait de la garantie de l’Etat) de 42,3 Mds€,  qui sera renforcé entre 2022 et 2024 par le plan de cession de 3 Mds€.


Enjeux

- 4 plans stratégiques : la mobilité électrique – 30 % de parts de marché de la fourniture d’électricité aux véhicules électriques d’ici 2023 en France, Royaume-Uni, Italie et Belgique-, le stockage -10 GW installés dans le monde en 2035-, le solaire – 30 % du marché en France en 2035- et le plan Excell pour la filière nucléaire française ;
- Stratégie d'innovation dédiée à la transformation digitale, aux process de production, aux systèmes électriques futurs et à la décarbonation des usages des clients : budget R&D de 661 Ms€ avec 756 innovations brevetées, fonds et incubateur EDF Pulse Croissance et partenariats de recherche (laboratoire Sinclair, 5g living Lab, informatique quantique…) ;
- Stratégie environnementale incluse dans la raison d’être du groupe : neutralité carbone en 2050 et réduction de 50 %, vs 2017 des émissions en 2030, 99 % des budgets d’exploitation dédiés à la décarbonation et la transition énergétique, 8,755 Mds€ de financements « verts et durables » et 72 % des lignes de crédit indexées sur les indicateurs ESG ;
- Lancement du programme de construction de 6 EPR2 et des études sur 8 autres ;
- Maintien de prix de gros élevés compensant partiellement la limitation par l’Etat de la hausse des prix aux particuliers sur le bénéfice d’exploitation ;
- Opérateur intégré, de la conception et fabrication de réacteurs nucléaires, par le biais de Framatome, détenue à 75 %, aux côtés de Mitsubishi (19,5 %) jusqu’à la distribution.


Défis

- Activité encadrée par la loi NOME (libre concurrence entre tous les acteurs du marché et revente du quart de la production d’électricité nucléaire d’EDF à ses concurrents) et prix de l’électricité administrés en France d’où un coût de maintien du réseau peu inclus dans les tarifs ;
- Résolution des problèmes de corrosion touchant les réacteurs, entraînant une fermeture de près de la moitié des capacités de production; 
- Impact du conflit Russie-Ukraine : volatilité des matières 1ères, tensions dans l’approvisionnement ;
- Neutralisation de l’avantage concurrentiel du nucléaire par l’obligation de vendre l’électricité aux industriels au prix du marché et fermetures ou mise en maintenance de centrales nucléaires, pénalisantes pour la production 2022 ; 
- Spéculations sur un retrait de la cote par l’Etat ;
- Objectif 2023 d’un levier de dette inférieur à 3.



Une gestion des déchets aux forts enjeux

350 millions de tonnes de déchets sont générés annuellement en France. Si 66% sont recyclés, les taux varient selon la nature du déchet. Ainsi seuls 21% des plastiques le sont. Afin de renforcer l'économie circulaire, l'Etat soutient massivement la R&D dans le cadre de la stratégie 3R (« Recyclabilité, Recyclage et Réincorporation des matériaux »). Une enveloppe de 370 millions d'euros va y être consacrée. Concernant les déchets dangereux, cette activité est très rentable. En France, les capacités de stockage et de traitement sont tendues comparées aux besoins annuels. 

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