Clôture de Wall Street : prudence, les négociations commerciales traînent

La Bourse de New York a fini jeudi sur une note hésitante, après des informations faisant état d'un report possible de la signature d'un accord commercial sino-américain, au moins jusqu'en avril... Le...

La Bourse de New York a fini jeudi sur une note hésitante, après des informations faisant état d'un report possible de la signature d'un accord commercial sino-américain, au moins jusqu'en avril... Le dollar a repris le chemin de la hausse, tandis que le pétrole restait proche de ses plus hauts depuis 4 mois. Les investisseurs continuent d'observer avec perplexité le dossier du Brexit, après un vote du parlement britannique, jeudi, en faveur d'un report du divorce avec l'UE jusqu'au 30 juin. Du côté des sociétés, les résultats d'Oracle, Adobe, Broadcom ou encore Jabil étaient attendus après la clôture.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,03% à 25.709 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 0,09% à 2.808 pts et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a fléchi de 0,16% à 7.630 pts.

Sur le marché des changes, le dollar est reparti à la hausse, l'indice du dollar progressant de 0,25% à 96,80 points, malgré les récentes critiques de Donald Trump jugeant que ce niveau pénalise la compétitivité des compagnies américaines à l'exportation. L'euro cédait 0,21% à 1,1301$.

La livre sterling a continué de faire du yo-yo au gré des rebondissements concernant le Brexit. La devise britannique cédait 0,88% à 1,3220$ jeudi soir. Le parlement britannique a voté jeudi en faveur d'un report de la sortie de l'union européenne, jusqu'au 30 juin, après avoir refusé un Brexit sans accord, tout en rejetant l'accord conclu entre l'Union européenne et Theresa May... La situation reste donc très confuse sur l'avenir du Royaume-Uni.

Sur le marché obligataire américain, le rendement du T-Bond à 10 ans s'est tendu d'un point de base jeudi à 2,63%. Il reste cependant bien inférieur à son niveau de début mars, à 2,76%, et à celui de novembre 2018, où il avait dépassé les 3%, avant que la Fed n'annonce une pause dans son cycle de hausse des taux.

Pas de rencontre Trump-Xi avant avril ?

Sur le front des négociations commerciales, les marchés commencent à s'inquiéter du manque d'avancées entre les Etats-Unis et la Chine, alors qu'un accord paraissait imminent fin février à l'issue de plusieurs rounds de négociation tenus à Pékin puis à Washington... Selon l'agence 'Bloomberg', aucune rencontre n'est prévue entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping avant le mois d'avril au plus tôt...

La presse avait jusqu'ici fait état d'une rencontre avant la fin mars afin de signer l'accord. Mercredi soir, le président américain a mis un bémol, en indiquant qu'il n'était "pas pressé" de conclure avec Pékin, et que le plus important était d'obtenir de la Chine des garanties sur la protection de la propriété intellectuelle.

Le président américain a toutefois estimé toutefois qu'il y avait "de très bonnes chances" que les deux pays parviennent à un accord. La veille, son négociateur en chef, Robert Lighthizer, représentant américain au Commerce (USTR), avait affirmé devant une commission du Sénat que les pourparlers commerciaux en étaient à leurs "dernières semaines". "Nous ne pouvons prédire le succès à ce stade, mais nous travaillons intensément", avait-il ajouté.

Les restrictions de l'Opep soutiennent le pétrole

Les cours du pétrole ont fini en ordre dispersé, mais restent proches de leurs plus hauts niveaux depuis 4 mois. Le contrat à terme d'avril sur le brut léger américain WTI a progressé de 0,60%, à 58,61$ le baril sur le Nymex, mais l'échéance de mai sur le Brent a reculé de 0,47% à 67,23$ le baril. En début de séance, les cours des deux variétés de brut avaient progressé, mais la prudence est revenue après les doutes sur la date d'un accord commercial entre Pékin et Washington.

Dans son rapport mensuel publié jeudi, l'Opep a baissé sa prévision de demande mondiale pour son pétrole cette année, tout en préparant le terrain à une prolongation de son accord d'encadrement de la production, qui soutient les cours depuis le début de l'année.

Sur le plan macro-économique, l'annonce d'un nouveauralentissement de la production industrielle en Chine en début d'année, a jeté un froid sur les marchés mondiaux. Cette production a ainsi enregistré sa plus faible croissance en 17 ans sur les deux premiers mois de l'année, en hausse de 5,3% en rythme annuel d'après les données du Bureau national de la statistique (BNS).

Aux Etats-Unis, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté de 6.000 la semaine passée, à 229.000, alors que le consensus tablait sur un peu moins, soit 225.000 inscriptions. Par ailleurs, les ventes de logements neufs ont été un peu moins nombreuses que prévu en janvier, à 607.000 contre 612.000 de consensus de place et après 652.000 en décembre (lecture révisée en hausse, après 621.000 en première lecture).

VALEURS A SUIVRE

Boeing (-1%) a repris sa chute sur fond d'inquiétudes sur ses avions B-737 MAX, qui ont été interdits de vol dans la plupart des pays du monde, dont les Etats-Unis, depuis mercredi. Après consultation avec les autorités aéronautiques, Boeing a décidé jeudi la suspension à titre temporaire de l'exploitation de l'ensemble de la flotte de 371 appareils de ce type, en attendant d'en savoir davantage sur le crash d'Ethiopian Airlines dimanche dernier.

Dennis Muilenburg, le PDG de Boeing a adressé jeudi ses condoléances aux familles des victimes, et a assuré que "la sécurité est une valeur fondamentale de Boeing depuis que nous construisons des avions, et elle le sera toujours ( ...) Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour comprendre la cause de ces accidents, en partenariat avec les enquêteurs, apporter des améliorations de sécurité et faire en sorte que ces catastrophes ne se reproduisent plus".

L'action Apple a progressé de 1,1%, après une note de Morgan Stanley estimant que les ventes d'iPhones en Chine montrent les premiers signes d'une stabilisation après leur forte baisse en 2018. L'analyste de la banque d'affaires américaine, Katy Huberty, a confirmé son conseil de "surperformance" avec un objectif de cours de 197$, soit un potentiel de hausse assez limité, de l'ordre de 7%. Elle a ajouté avoir désormais adopté un "biais positif" sur les résultats du deuxième trimestre fiscal d'Apple, qui s'achèvera fin mars.

Facebook a perdu 1,85%, après la panne géante qui a frappé pendant 24 heures les réseaux sociaux gérés par le groupe (Facebook, Instagram, Whatsapp et messenger). Le titre était aussi plombé par de nouvelles révélations du 'New York Times' affirmant qu'une enquête pénale a été ouverte concernant l'usage des données personnelles des utilisateurs du réseau social.

Le réseau social basé à Menlo Park, en Californie, a annoncé jeudi que la panne était désormais résolue. Ironiquement, Facebook a dû communiquer les informations sur ce problème via le réseau de son concurrent Twitter... Par ailleurs, le 'New York Times' a affirmé jeudi qu'une enquête pénale a été ouverte contre Facebook concernant les contrats passés avec des grands groupes technologiques qui ont pu avoir accès aux données personnelles des utilisateurs de Facebook.

General Electric (+2,79%) a fait le point dans un communiqué sur ses prévisions 2019. Le groupe vise des revenus organiques non-GAAP, pour sa branche industrielle, en légère progression sur la période. La marge ajustée de GE Industrial est attendue en hausse de 0 à 100 points de base. Le free cash flows ajusté est, quant à lui, attendu entre -2 Mds$ et 0, mais devrait redevenir positif en 2020 et accélérer en 2021. Enfin, le bénéfice par action non-GAAP 2019 du groupe devrait se situer entre 0,50 et 0,60$.

Jabil (-0,9%) devait publier après la clôture ses résultats du deuxième trimestre fiscal. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action de 0,61$, pour des revenus de 6,1 Mds$. Un an avant, sur la même période, le groupe avait enregistré un bénéfice par action de 0,66$ et des revenus de 5,3 Mds$. Lors de la précédente publication trimestrielle, Jabil avait annoncé viser, sur le T2 fiscal, un bpa compris entre 0,51 et 0,71$, pour des revenus entre 5,8 et 6,4 Mds$.

Adobe (+1,25%) publiait lui aussi ses résultats du premier trimestre fiscal après la clôture. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action de 1,62$, pour des revenus de 2,55 Mds$. Un an avant, sur la même période, le groupe avait enregistré un bénéfice par action de 1,55$, pour des revenus de 2,08$. Lors de la publication trimestrielle précédente, Adobe avait annoncé viser, sur le T1 fiscal, un bpa de 1,60$, pour des revenus de 2,54 Mds$.

Oracle (stable) publie ses résultats du troisième trimestre fiscal après la clôture. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action de 0,84$, pour des revenus de 9,6 Mds$. Un an avant, sur la même période, le groupe avait enregistré un bénéfice par action de 0,83$ et des revenus de 9,77 Mds$.

Broadcom (-1,1%) présenter lui aussi ses résultats du premier trimestre fiscal post-Bourse. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action de 5,23$, pour des revenus de 5,8 Mds$. Un an avant, sur la même période, le groupe avait enregistré un bénéfice par action de 5,12$ et des revenus de 5,33 Mds.

Tesla (+0,3%). Les douanes chinoises ont levé le blocage des importations de la Model 3, décidé la semaine dernière, a déclaré jeudi à Reuters un porte-parole de cette administration. "Nous pouvons confirmer que la mesure concernant Tesla a été annulée", a-t-il dit. L'administration des douanes avait pris cette mesure en invoquant un défaut d'étiquetage. Tesla avait alors déclaré avoir trouvé une solution avec les autorités. Plus de 4.600 voitures étaient bloquées dans les ports chinois, selon la TV locale.

Dollar General (-7,5%) a publié ses comptes du quatrième trimestre. Les bénéfices sont de 483,2 M$ (1,84$ par action), contre 712,2 M$ (2,63$ par action) un an avant. Les ventes montent de 8,5% à 6,65 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bénéfice par action de 1,88$, pour des revenus de 6,6 Mds$. A magasins comparables, les ventes progressent de 4%, contre 2,6% de consensus. Sur 2019, le groupe vise un bpa compris entre 6,30 et 6,50$, pour des ventes en croissance de 7% et de 2,5% à magasins comparables. Le détaillant annonce également la mise en place d'un nouveau programme de rachats d'actions d'une valeur de 1 Md$, et la hausse de 10% de son dividende trimestriel, qui passe à 0,39$ par action.

ResMed (-1,6%), un spécialiste des dispositifs de soins respiratoires et du sommeil connectés dans le cloud, dans plus de 120 pays, a annoncé l'acquisition de HB Healthcare (HBH) "pour aider des millions de Sud-Coréens atteints d'apnée du sommeil, de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) et d'autres affections respiratoires". HBH, une société privée sud-coréenne, qui fournit des équipements médicaux à domicile, propose à ses clients des dispositifs de soins respiratoires et du sommeil.

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