Clôture de Wall Street: optimisme prudent, un plan de soutien US en vue

Les marchés d'actions américains ont terminé sur une note prudemment optimiste vendredi soir, malgré la chute de plus de 10% de l'action Intel (-10,5%), dans l'attente d'un compromis politique sur nou...

Les marchés d'actions américains ont terminé sur une note prudemment optimiste vendredi soir, malgré la chute de plus de 10% de l'action Intel (-10,5%), dans l'attente d'un compromis politique sur nouveau plan de soutien à l'économie américaine. En fin de séance, Mark Meadows, le chef de cabinet de la Maison Blanche, s'est montré confiant, en affirmant qu'un accord pourrait être conclu dans un jour ou deux... L'envolée de plus de 10% du fabricant de jouets Mattel (+9,5%), après des résultats très supérieurs aux attentes, a aussi soutenu les indices.

A la clôture, l'indice Dow Jones a réduit ses pertes, mais a tout de même cédé 0,10% à 28.335 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 0,35% à 3.465 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a avancé de 0,37% à 11.548 pts.

Sur l'ensemble de la semaine, les trois indices s'affichent cependant en baisse, mettant fin à 3 semaines de hausse consécutive pour le DJIA et le S&P 500, et à une série de 4 semaines positives pour le Nasdaq. Sur les 5 dernières séances, le DJIA a lâché 0,9%, le S&P 500 a perdu 0,5% et le Nasdaq a reculé de 1%, les investisseurs craignant du retard dans l'adoption d'un nouveau plan de relance face au coronavirus, devenu un enjeu électoral majeur à l'approche de l'élection américaine du 3 novembre.

Plan de soutien budgétaire très attendu aux Etats-Unis

Jeudi soir, le débat télévisé entre Donald Trump et son adversaire démocrate Joe Biden n'a pas apporté d'informations utiles aux marchés financiers, qui restent focalisés sur la perspective d'un nouveau plan de relance, à l'approche de l'élection présidentielle du 3 novembre. Un nouveau coup de pouce à l'économie paraît d'autant plus urgent que l'épidémie de coronavirus a repris de la vigueur dans de nombreux Etats américains, menaçant de forcer certaines entreprises à ralentir, voire à cesser leurs activités...

Le débat présidentiel télévisé final entre Donald Trump et Joe Biden n'a pas vraiment fait bouger les lignes. Selon les observateurs les plus impartiaux, les deux candidats se sont bien défendus. Pour l'heure, Biden conserve donc son apparente avance dans les sondages, à quelques jours de l'élection.

Concernant le plan de relance, un accord semble proche depuis 48 heures. Jeudi, la présidente de la Chambre des représentants, la Démocrate Nancy Pelosi, avait ainsi déclaré : "On y est presque". Mme Pelosi mène depuis plusieurs semaines les négociations avec le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, mais celles-ci butent toujours sur certains points cruciaux, comme l'aide aux Etats et aux collectivités locales. A 11 jours des élections, l'administration Trump se refuse toujours à financer des collectivités qu'elle juge mal gérées par des Démocrates...

Même en cas d'accord dans les prochains jours, il semble désormais quasi-impossible, compte-tenu du calendrier électoral, qu'un texte puisse être rédigé et voté avant la tenue du scrutin. En outre, au Sénat (à majorité républicaine), les Républicains rechignent toujours à voter un vaste "package" de soutien à l'économie qui creuserait le déficit, l'orthodoxie budgétaire étant un sujet sensible dans l'électorat de droite.

Les Démocrates ont proposé un plan de 2.200 milliards de dollars, et l'administration Trump semble approcher désormais de ce montant, avec une dernière proposition à 1.900 Mds$, faite mercredi.

La reprise continue aux USA, mais s'essouffle en Europe

Sur le front économique aux Etats-Unis, la reprise économique se poursuit pour l'instant, au vu de derniers indicateurs d'activité. L'indice Markit PMI composite flash a ainsi grimpé à 55,5 en octobre contre un niveau attendu de 54,2, signalant une accélération de l'activité. L'indice flash manufacturier d'octobre est ressorti à 53,3, contre 53,2 de consensus, tandis que l'indicateur des services a nettement progressé à 56 contre 54,6 de consensus de marché.

Dans la zone euro en revanche, l'activité globale est repartie à la baisse en octobre, faisant craindre une rechute du PIB au 4e trimestre : face à la recrudescence des cas de Covid-19, l'indice PMI dans le secteur des services a chuté, éclipsant le renforcement de la croissance dans l'industrie manufacturière.

L'indice flash PMI composite de la zone euro est ainsi ressorti à 49,4 le mois dernier, après 50,4 en septembre, retombant en zone de contraction, sous la barre des 50. Si le PMI flash manufacturier a agréablement surpris, ressortant même au plus haut de 26 mois à 54,4 (consensus FactSet 53,1), celui des services s'est en revanche contracté à 46,2 (consensus 47). Au Royaume-Uni, l'indice PMI s'est établi à 53,3 pour le secteur manufacturier et 52,3 pour les services, ce qui ressort quelque peu décevant par rapport aux attentes.

L'épidémie se propage en Europe, et remonte aussi aux Etats-Unis

Sur le front sanitaire, le bilan de l'épidémie continue de s'alourdir, avec des records de cas quotidiens dans de nombreux pays d'Europe (France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni), ainsi qu'une forte hausse dans certains Etats américains. Le nombre d'hospitalisations pour cause de Covid-19 a ainsi augmenté dans 38 des 50 Etats américains sur la dernière semaine, et le nombre de décès quotidiens sur Covid est repassé mercredi au-dessus de 1.100 outre-Atlantique.

En Europe, face à cette dégradation de la situation sanitaire, l'Irlande et le Pays de Galles s'apprêtent à se reconfiner, tandis qu'en France, le gouvernement a annoncé jeudi soir un couvre-feu à partir de 21h dans 38 départements supplémentaires pour 6 semaines.

Selon l'Université Johns Hopkins ce vendredi, le nombre de cas confirmés du nouveau coronavirus recensés dans le monde depuis le début de l'épidémie ressort à 41,8 millions, dont 8,41 millions aux Etats-Unis, 7,76 millions en Inde et 5,32 millions au Brésil. Le virus a fait officiellement 1,14 million de morts au niveau mondial depuis son apparition, dont 223.087 aux Etats-Unis, 155.900 au Brésil et 117.306 en Inde.

Le pétrole WTI retombe sous les 40$ le baril

Les cours du pétrole ont rechuté vendredi, dans la crainte d'une demande mondiale morose, alors que l'Europe fait face à la résurgence du coronavirus, et que les Etats-Unis pourraient suivre le même chemin. Le contrat de décembre sur le baril de brut léger américain (WTI) a perdu 1,9% à 39,85$ sur le Nymex, retombant sous les 40$ pour la 1e fois en trois semaines... Le contrat sur le Brent pour livraison en décembre a lâché 1,6% à 41,77$. Sur la semaine, le WTI a abandonné 3,1% et le Brent a fléchi de 2,7%.

L'or a de son côté fini stable vendredi (+0,05%) à 1.905,20$ l'once pour le contrat à terme de décembre sur le Comex. Sur le semaine, le métal jaune a marqué le pas (-0,1%), mais il gagne encore environ 25% depuis le début de l'année, profitant des incertitudes économiques liées à la crise sanitaire et des vastes plans de relance monétaire et budgétaire, qui font anticiper un retour de l'inflation à moyen terme.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises) a cédé 0,22% à 92,75 points, tandis que l'euro a repris 0,4% à 1,1863$. Sur le marché obligataire américain, le rendement de l'obligation d'Etat (T-Bond) à 10 ans a cédé 2 points de base, à 0,84%.

VALEURS A SUIVRE

Gilead Sciences (+0,2%). La FDA a accordé hier jeudi une autorisation permanente au traitement antiviral remdesivir pour les patients hospitalisés victimes du Covid-19. Ainsi, remdesivir devient le premier et unique traitement approuvé pour la maladie aux USA. Il s'agit d'un des traitements utilisés par le président américain Donald Trump lors de sa récente hospitalisation. L'approbation est intervenue juste avant le débat final entre Trump et Joe Biden en vue de la présidentielle américaine du 3 novembre. Évidemment, la gestion de la crise sanitaire par l'actuel président a été une fois de plus vivement critiquée par son rival démocrate lors du débat.

Le remdesivir n'aurait toutefois que peu ou aucun effet sur la durée d'hospitalisation des patients atteints du Covid-19 ou sur les chances de survie, selon les résultats d'une étude clinique menée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et récemment dévoilés. En début de mois, des données d'une étude américaine sur le remdesivir de Gilead avaient pourtant montré que le traitement permettait de raccourcir de cinq jours le délai de guérison des patients. Gilead a d'ailleurs qualifié les données de l'OMS d'"inconsistantes" par rapport à celles obtenues à l'issue d'études validant les qualités du remdesivir... L'administration américaine du médicament avait autorisé début mai le recours en urgence au remdesivir aux Etats-Unis.

Intel (-10,5%) a publié des résultats en nette baisse au 3e trimestre. Les ventes de puces pour serveurs de centres de données ont fortement déçu. Le bénéfice net d'Intel a ainsi chuté de 28% au 3e trimestre, pour revenir à 4,3 milliards de dollars contre 5,99 Mds$ un an plus tôt. Le bénéfice par action est revenu à 1,02$ (contre 1,35$ en 2019), et après ajustements, il est ressorti à 1,11$, conforme aux attentes, contre 1,42$ un an plus tôt.

Les revenus trimestriels ont reculé de 4,6% pour revenir à 18,3 milliards de dollars, un peu supérieur aux attentes. Les revenus de la branche puces pour serveurs de centres de données, censée être la plus porteuse, mais qui pâtit d'une forte concurrence d'Advanced Micro Devices (AMD), ont reculé de 7% à 5,9 Mds$, alors que les analystes attendaient des ventes de 6,21 Mds$. Les ventes de puces pour PC ont progressé de 1% à 9,8 Mds$ contre 9,09 Mds$ de consensus, grâce à une hausse de la demande de PC liée à l'essor du télétravail. Pour l'exercice 2020, Intel a revu ses prévisions en légère hausse avec un bpa ajusté désormais attendu à 4,90$ et des ventes de 75,3 Mds$. Au 4e trimestre, le groupe s'attend à un bpa ajusté de 1,1$ pour des revenus de 17,4 Mds$.

Goldman Sachs (-0,2%) a enfin soldé le scandale du fonds malaisien 1MDB. Les rumeurs des derniers jours se sont officialisées jeudi, avec l'annonce par la banque d'affaires américaine d'un accord avec le Département américain de Justice pour mettre un terme à cette affaire. La banque a finalement accepté de plaider coupable (une première dans son histoire ) et de payer une amende de 2,9 milliards de dollars, qui s'ajoutent aux 2,5 Mds$ déjà versés en Malaisie l'été dernier.

Mattel (+9,5% !) grimpe à Wall Street, après des comptes particulièrement solides pour son troisième trimestre, soutenus par la forte demande des consommateurs sur le secteur du jouet, dont ont profité ses produits Barbie et Hot Wheels. Ainsi, sur la période, la firme a réalisé des revenus en progression de 10% à 1,63 milliard de dollars, contre 1,46 milliard de consensus. Le bénéfice ajusté par action a représenté 95 cents, plus du double du consensus, avec également l'effet des mesures de réduction des coûts. Ynon Kreiz, CEO du groupe, anticipe une saison des fêtes plus forte que la normale et juge que Mattel a résolu les questions de stocks. Le groupe avait retiré sa guidance 2020 plus tôt cette année.

American Express (-3,6%) a manqué le consensus de place en termes de profits au troisième trimestre, les revenus du groupe s'étant effondrés de 20% avec la chute des dépenses de voyages. Sur le trimestre clos en septembre, le bénéfice par action est ressorti à 1,3$, en vif déclin de 17% en glissement annuel, contre 1,25$ de consensus de marché. Les revenus ont donc reculé d'un cinquième à 8,8 milliards de dollars, alors que le consensus était de 8,6 milliards. Stephen Squeri, CEO du groupe, reconnaît que l'activité demeure significativement impactée par la pandémie, mais juge la stratégie toujours bonne.

Wells Fargo (+0,13%) pourrait vendre sa branche de gestion d'actifs. Une opération qui pourrait lui rapporter plus de 3 milliards de dollars. Selon les 'traditionnelles' sources proches du dossier de 'Bloomberg', confirmant une information initialement dévoilée par 'Reuters', la banque de San Francisco a commencé à discuter d'un éventuel accord avec d'autres gestionnaires d'actifs et sociétés de capital-investissement le mois dernier.

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